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Prédation Loup : la FDSEA et les JA font bouger les lignes

Depuis plusieurs mois, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs (JA) de la Corrèze ne cessent de se mobiliser pour faire entendre la détresse des éleveurs confrontés à la prédation, mais aussi l’urgence de faire évoluer la réglementation pour mieux protéger les troupeaux. Leur travail constant, leur pression sur les pouvoirs publics et leur présence sur le terrain portent aujourd’hui leurs fruits. À compter du 1er avril 2026, la réglementation évolue enfin. 

Préfecture de Corrèze

L’État vient d’annoncer une série de mesures visant à « améliorer la réactivité » face aux attaques de loups. Une avancée que les syndicats saluent, car elle traduit une prise de conscience longtemps attendue. Mais pour la FDSEA et les JA, il ne s’agit que d’une étape : la survie de l’élevage est en jeu.

Des règles assouplies pour répondre à l’urgence

Le loup ne relève désormais plus d’un régime de protection stricte, mais d’un régime de protection plus souple, permettant d’adapter les interventions. Une évolution majeure obtenue grâce à la ténacité syndicale. Concrètement, les procédures sont simplifiées :

  • En cercles 0, 1 et 2, les tirs de défense sont désormais possibles sur simple déclaration pour les éleveurs ovins. Les éleveurs bovins doivent faire une demande d’autorisation.
  • En cercle 3, une autorisation reste nécessaire pour les ovins et les bovins.
  • Les tirs peuvent être réalisés sans obligation préalable de moyens de protection, même s’ils restent encouragés.

Un cadre encore trop contraignant

Malgré ces progrès, le cadre reste strict :

  • Tirs uniquement à proximité des troupeaux
  • Identification obligatoire de la cible, notamment de nuit
  • Interdiction de l’appâtage
  • Tenue obligatoire d’un registre de tir et, en cas de tir réussi, signalement immédiat à l’OFB

De plus, l’utilisation de dispositifs de visée thermique reste interdite aux éleveurs. Une incohérence majeure que dénoncent la FDSEA et les JA, qui continuent d’exiger cette autorisation indispensable pour une protection efficace.

Des moyens renforcés… mais encore insuffisants

En cas de forte prédation, des dispositifs complémentaires peuvent être mobilisés : lieutenants de louveterie, brigades spécialisées, voire tirs de prélèvement. Mais pour Marie-France Forest, Secrétaire générale de la FDSEA, ces mesures restent trop timides

Le caractère exceptionnel doit être considéré comme étant la première attaque ! »


Quant au plafond de destruction, il passe de 19 % à 21 % de la population estimée, soit 227 loups pour 2026. Une évolution en trompe-l’œil qui ne répond en rien à la réalité du terrain ni à l’urgence vécue par les éleveurs. Pour Marie-France Forest, 

il ne faut pas parler de plafond ; la régulation doit être pensée à l’échelle des territoires touchés. »

Indemnisation : des conditions renforcées

En matière d’indemnisation, les règles sont renforcées. Ainsi, au-delà de 2 attaques sans moyen de protection, il n’y aura pas d’indemnisation. Là encore, Marie-France Forest alerte : 

On ne peut pas faire peser sur les éleveurs seuls la responsabilité de se protéger face à un prédateur toujours plus présent. »

Défendre l’élevage, défendre nos territoires

Si la FDSEA et les JA se félicitent de ces premières avancées, elles le disent sans détour : le combat continue

 Le loup doit devenir chassable. C’est la seule solution pour garantir l’avenir de l’élevage en plein air ! » conclut la responsable syndicale de la FDSEA.

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