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Pour un élevage durable en Afrique de l’Ouest

Le secteur de l’élevage occupe une place de choix en Afrique de l’Ouest. Si son développement est l’enjeu de demain pour nourrir la population, de nombreux freins ralentissent les éleveurs et les instances décisionnelles.

Thomas Sawadogo secrétaire permanent de la COFENABVI et Issa Sawadogo du Ministère des ressources 
animales et halieutiques au Burkina Faso.
Thomas Sawadogo secrétaire permanent de la COFENABVI et Issa Sawadogo du Ministère des ressources
animales et halieutiques au Burkina Faso.
© HLP

L’Afrique de l’Ouest était l’invitée d’honneur du Sommet de l’Élevage 2019. C’est donc dans le cadre de ce Salon qu’était organisé par la COFENABVI-AO (Confédération des Fédérations Nationales de la filière bétail viande de l'Afrique de l'Ouest) et la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest), un colloque sur les enjeux et perspectives du commerce du bétail pour un élevage durable en Afrique de l’Ouest.
L’économie des pays d’Afrique de l’Ouest repose essentiellement sur le secteur rural qui occupe plus de 80% de la population active. L’agriculture et l’élevage constituent actuellement environ 50% du PIB global de la région.
La filière bétail-viande, de par son importance sociale et économique, (l’élevage contribue en moyenne à hauteur de 15% pour les pays côtiers) occupe une place de choix dans les politiques et stratégies de développement ; la CEDEAO a en effet inscrit l’élevage parmi les cinq filières prioritaires de la région. Notons que l’Afrique de l’Ouest concentre 25% des bovins, 33% des ovins et 40% des caprins. Les systèmes extensifs sont largement majoritaires, mais on note de plus en plus d’ateliers modernes d’embouche dans les périphéries des grandes villes et un développement de l’élevage dans le nord des pays côtiers.
«On peut produire des bovins d’1 tonne…»
Selon les statistiques de la FAO, l’Afrique de l’Ouest comptait en 2017 un effectif de 76 201 330 têtes de bovins dont 38 187 482 (50,11%) pour les pays du Sahel membres de la COFENABVI-AO. Et, photos à l’appui, l’intervenant Thomas Sawadogo secrétaire permanent de la COFENABVI, tenait à préciser qu’en Afrique de l’Ouest, «on peut aussi produire des bovins d’une tonne environ…». Et Sommanogo Koutou le Ministre de l’Élevage de cette région africaine de renchérir sur l’avenir de l’élevage bovins en Afrique de l’Ouest, qui selon lui doit passer par la génétique : «pour faire évoluer notre élevage et obtenir des animaux performants, nous devons travailler sur la génétique mais sans trop nous éloigner des souches traditionnelles et locales».
De nombreux freins
L’objectif de la Confédération aujourd’hui est de «mieux structurer l’élevage pour apporter un revenu et fixer les emplois et les jeunes». Mais le monde de l’élevage dans cette région se heurte à plusieurs difficultés que les instances s’efforcent d’aplanir les unes après les autres.
Ainsi le transport des animaux vivants est rendu très compliqué dans des zones en crise voire au coeur de conflits meurtriers. Les distances entre les zones d’élevage et les marchés peuvent être très longues et semées de “tracasseries“ douanières, comme ils disent, telles des postes de police inopinés à franchir moyennant bakchich, un réglement interdisant le transport mixte (animaux et personnes) alors que des bouviers sont indispensables pour assurer le “bien-être“ des animaux…
Sur la génétique, «nous sommes au début» reconnaît Issa Sawadogo du Ministère des ressources animales et halieutiques au Burkina Faso. «Il y a des actions disparates d’importation de génétique Montbéliarde, Prim’Holstein et autres races amélioratrices». Mais là aussi, souci. Pour mettre en place et suivre un réel programme d’amélioration génétique, il faut commencer par identifier le cheptel. Cette démarche est en route et le Ministère burkinabé s’est rapproché de l’Institut français depuis 2005. Mais, souligne Issa Sawadogo, «en France il a fallu 40 ans pour identifier les bovins…».
Face à ces nombreux freins, mais compte tenu de l’enjeu pour les éleveurs, pour la filière et surtout pour nourrir la population, les instances se mobilisent pour développer l’élevage. «C’est très compliqué pour nous, conclut Thomas Sawadogo, mais si les africains marchent la main dans la main, on pourra avancer».

COFENABVI
Née de la volonté d’acteurs privés de la filière bétail viande, la Confédération des Fédérations Nationales de la Filière Bétail Viande elle a été créée le 27 décembre 2004 à Bamako, au cours de l’Assemblée Générale constitutive sous l’appellation COFENABVI PAM UEMOA. Son objectif essentiel est de promouvoir la Filière Bétail et Viande par la valorisation des ressources animales et une meilleure organisation des circuits commerciaux.
Les membres de cette confédération sont les associations nationales du  Sénégal, de la Guinée-Bissau, de la Guinée, du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Togo, du Bénin, du Niger, du Burkina Faso. L’ouverture à tout l’espace CEDEAO est en cours.

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