Un contexte positif pour la production bovin viande ?
Dans une conférence conjointe à la ferme des Bordes, les représentants des Chambres d’agriculture de la Creuse et du Cher, de l’IDELE, d’Interbev, du Crédit Agricole et de Sicarev ont fait le point sur la situation du marché de la viande bovine.
Dans une conférence conjointe à la ferme des Bordes, les représentants des Chambres d’agriculture de la Creuse et du Cher, de l’IDELE, d’Interbev, du Crédit Agricole et de Sicarev ont fait le point sur la situation du marché de la viande bovine.
Le point sur la situation
Premier constat connu de tous, le revenu généré par l’élevage bovin viande s’est envolé ces derniers mois, atteignant des niveaux jamais atteints jusqu’ici. La prudence est cependant de mise, notamment avec les retombées des crises sanitaires. De la même manière, la guerre au Moyen-Orient a dès aujourd’hui des conséquences sur les coûts de production. Si on compare ceux-ci à ceux observés dans d’autres pays, la France apparaît plutôt résiliente. Dans le reste du monde, le changement climatique affecte également les systèmes de feedlots, impactant leurs coûts de production. Malgré un cheptel en net recul (- 6,4 % en trois ans), la France demeure le premier cheptel d’Europe avec une grande diversité de races et une génétique reconnue. Toutefois, d’autres éléments sont à prendre en compte. La hausse des cours, la baisse de la consommation et la surproduction laitière qui entraîne une hausse des abattages rendent l’offre européenne plus forte que la demande. Un prix de marché équilibré doit être trouvé, notamment avec une production au plus près de la demande des consommateurs.
Et la productivité dans tout ça ?
Pour répondre à la demande, aux objectifs de souveraineté alimentaire et être performant, la productivité est un élément central. La maîtriser implique la prise en compte de nombreux paramètres. Une étude sur un système naisseur limousin en 2025 montre qu’une variation de 5 % de production numérique entraîne une variation de plus ou moins 7 250 € sur l’exploitation. À l’échelle de la filière, une augmentation des vêlages de 3 % entraînerait 100 000 naissances et permettrait d’approvisionner les abattoirs. Une autre question se pose : comment encourager la production, l’engraissement, alors que les reprises d’exploitation sont de plus en plus coûteuses ? En réponse à ces interrogations, le Crédit Agricole a présenté plusieurs solutions de financement et de garantie mises en place pour aider à l’installation ou accompagner les activités d’engraissement. Pour conclure, Emmanuel Bernard, président de la section bovine d’Interbev, a rappelé les objectifs du plan de filière d’Interbev. « L’élevage a toujours su s’adapter, a-t-il poursuivi. Notre savoir-faire en matière de bien-être animal est unique au monde. »