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Plus de 30 ans de carrière dans l'agriculture en Haute-Loire

Georges Assezat ancien responsable administratif à la Chambre d'Agriculture, à la FDSEA et à La Haute-Loire Paysanne, a pris sa retraite le 1er juillet 2008. Ayant "roulé sa bosse" sur tout le département, il nous emmène jeter un oeil sur plus de 30 ans d'évolution de notre agriculture. En découpant sa carrière en 3 étapes, de 1975 à 1987, de 1987 à 2006 et après 2006, ils revient sur une période marquée par un très important progrès technique, une évolution du métier, une adaptation à la politique agricole européenne, et le passage de plusieurs crises…

Georges Assezat, Directeur de la FDSEA et de La Haute-Loire Paysanne de 1977 à 1997, puis Directeur adjoint de la Chambre d'Agriculture de 1998 à 2008.
Georges Assezat, Directeur de la FDSEA et de La Haute-Loire Paysanne de 1977 à 1997, puis Directeur adjoint de la Chambre d'Agriculture de 1998 à 2008.
© HLP

Georges Assézat, personnalité connue de tous dans le monde agricole de Hte-Loire, a pris sa retraite en juiller dernier. A travers le récit des grandes étapes de sa carrière de salarié agricole qui a démarré en 1974, Georges Assézat nous invite à parcourir 30 années de l’histoire de notre agriculture ; une période caractérisée par le progrès technique, l’évolution spectaculaire du métier et par les crises agricoles.
Georges Assézat découpe sa carrière en trois grandes étapes : de 1975 à 1987, de 1987 à 2006 et après 2006.

1975-1987 : développer la production

De 1975 à 1987, l’agriculture devait développer sa production en faisant appel au progrès technique. Après ses études d’ingénieur agronome et machinisme et une année passée au sein de la société Limagrain à Chartres et à Copadôme dans le Puy-de-Dôme, Georges Assézat intègre la Chambre d’Agriculture de Haute-Loire comme technicien sur le canton de Saugues ; «A l’époque, ma mission était d’aider les agriculteurs à augmenter la production laitière en développant l’ensilage et en augmentant la fertilisation des prairies (voir encadré ci-dessous). Il fallait aussi accroître la surface en herbe dans ce secteur envahi par les genêts. Pour les détuire, les éleveurs ont investi dans des girobroyeurs et  ont appliqué de l’ammonitrate pour éviter leur repousse et doper la pousse de l’herbe.
Notre objectif était d’accroître les volumes de production des exploitations (en lait, vaches allaitantes, ovins). A l’époque où j’occupais les fonctions de directeur FDSEA et du journal «La Haute-Loire Paysanne», je me souviens avoit diffuser de nombreux articles sur les moyens d’accroître la prodution !»
A cette époque, l’agriculture altiligérienne traversait déjà des périodes de crises. Les sécheresses de 1976, 1982 et 1985 ont coûté cher aux exploitations forcées d’acheter du fourrage. Toutefois, pour Georges Assézat ces crises n’ont pas été totalement négatives : «elles ont accéléré le progrès technique, car les éleveurs ont cherché à anticiper les futures sécheresses (en faisant pousser l’herbe plus tôt, en fertilisant plus tôt…).
L’agriculture essuyait chaque année une bonne crise sur les prix des produits agricoles. Les prix indicatifs et d’intervention, fixés au niveau européen, faisaient régulièrement l’objet de vives revendications de la part du syndicalisme FDSEA-JA.
Le monde agricole s’est également beaucoup mobilisé lors de la mise en place de la politique montagne et au moment de la mise en place des quotas laitiers ; «10 000 personnes  ont manifesté dans les rues du Puy pour dire «Non» au quotas en zone de montagne ; cétait la plus grosse manifestation que j’ai jamais vue ici» explique-t-il.

1987-2006 : productions contingentées

De 1987 à 2006, pour Georges Assézat, une autre page de l’histoire de l’agriculture départementale s’ouvre. Durant ces années, toutes les productions sont contingentées (lait, viande, céréales). Dans ce contexte de politique «restrictive», la profession s’est tournée vers la diversification (fruits rouges, veaux des Monts du Velay, Agro-tourisme…) afin d’offrir aux agriculteurs d’autres perspectives de développement.
«Durant cette période, le monde agricole s’est soulevé à plusieurs reprises, pour obtenir des rallonges de quotas lait, pour obtenir que la Montbéliarde soit classée race mixte et permette ainsi d’obtenir davantage de PMTVA.

Depuis 2006…

Depuis 2006, on observe une tendance à la baisse des primes et au relâchement des contingents de production. «Nous sommes revenus dans une phase où il va falloir développer techniquement la production pour augmenter les volumes tout en contenant les prix de revient. A présent, les agriculteurs se battent de nouveau sur les prix. On revient donc un peu dans la situation de la première période ; la seule différence c’est que de nos jours, les agriculteurs n’ont plus droit à l’erreur, l’inflation n’est plus là pour les corriger !  Les exploitations n’ont plus de marge de manoeuvre ; il faut être très pointu sur le plan technique».

Faire preuve d’optimisme pour l’avenir

«L’agriculture a traversé beaucoup de crises et il y en aura d’autres ! Lorsqu’elle est là, il faut savoir regarder la crise en face et l’analyser pour agir opportunément. Il est par ailleurs important de rester optimiste car cette attitude permet de garder la dynamique mentale qui permet de repartir».
Georges Assézat est convaincu que l’agriculture de Haute-Loire a un avenir ; il pose toutefois un certain nombre de conditions. «Les agriculteurs doivent se concentrer sur la recherche de valeur ajoutée plutôt que sur l’agrandissement (en optant pour le travail en commun, en diminuant les coûts de production, ou bien en tranformant leurs produits…) ; les agriculteurs doivent aussi s’investir dans la commercialisation de leur produit, participer à la vie de leur coopérative ou entreprise de l’aval, sans oublier de dialoguer avec le consommateur.
Nous sommes entrés dans une ère de fluctuation des prix, il est donc indispensable de savoir gérer sa trésorerie en tenant compte de cette fluctuation.
Pour ma part, je leur conseillerais de jouer la carte des stratégies de groupes (formule sociétaire, conduire des réflexions en  groupes). Beaucoup d’idées nouvelles sont venues d’agriculteurs !». Georges Assézat a tenu à souligner que des marges de progrès importantes existent «que ce soit au niveau de la consommation d’énergie, de la production d’herbe (en terme de rendement)».

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