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Plaquettes de bois comme paillage sur ovins, à l’essai à Fédatest

La station expérimentale ovine Fédatest s’apprête à tester l’intérêt économique et zootechnique du paillage de plaquettes bois dans une bergerie.

Kévin Chile devant les plaquettes stockées à l’extérieur en vue de leur séchage. Par la suite, le tas sera recouvert d’une bâche.
Kévin Chile devant les plaquettes stockées à l’extérieur en vue de leur séchage. Par la suite, le tas sera recouvert d’une bâche.
© HLP

Dans quelques semaines, la station expérimentale ovine Fedatest, installée à Mazeyrat d’Allier en Haute-Loire, remplacera le paillage à base de paille par des plaquettes de bois issues de l’exploitation qui s’étend sur 190 ha. Ce nouveau type de litière, encore très peu utilisé à ce jour dans les élevages ovins, sera bientôt à l’essai sur un lot de 40 brebis en bergerie d’agnelage et sur un lot de 70 agneaux en bergerie d’engraissement.

4 sites d’expérimentation
Portée par le CIIRPO (Centre Inter régional d'Information et de Recherche en Production Ovine),  cette expérimentation, dénommée “Clima Grof” financée par les Régions Limousin et Aura, est conduite sur 4 sites : Fédatest, les lycées agricoles de Moulin et St Flour, l’Inra de Theix (site de Laqueille).
Kévin Chile, qui assure l’animation du comité scientifique de Fedatest, a présenté les grandes étapes de ce programme scientifique démarré en janvier 2017. Dès cette date, des enquêtes ont été conduites chez des éleveurs utilisateurs des ressources en bois de l’exploitation comme litière, pour le chauffage ou la production de plaquettes... La deuxième étape consistait à réaliser un diagnostic des sites d’expérimentation en vue de mettre en place une méthode pour mesurer le potentiel agro-forestier de chaque exploitation et ainsi déboucher sur un plan de gestion durable de la ressource bois ; ce travail a été réalisé par la Mission Haie Auvergne et les chambres d’agriculture de Corrèze et de Haute-Vienne.
La troisième étape vise à expérimenter la litière plaquettes bois selon différentes modalités :
1 : une sous-couche plaquettes bois associée à un paillage paille ; 2 : une couche unique de litière plaquettes.
C’est cette dernière modalité qui sera mise en place à Fédatest, dès mi-décembre.

Rentabilité économique et performance zootechnique
Ce programme de recherche cherchera à évaluer la rentabilité du procédé en comparaison avec le paillage paille «sachant que plusieurs paramètres sont à prendre en compte dans le calcul comme le prix de la paille, la coupe des bois, le coût du broyage, le temps passé pour pailler et pour le curage. Il s’agira aussi de juger de la valorisation agronomique de la litière bois en compost au même titre que le fumier. Nous analyserons également la performance zootechnique des animaux (croissance des agneaux, mortalité...) et leur bien-être (boîteries, comportement des brebis...) sur ce nouveau type de paillage» explique Kévin Chile.
Ce test permettra aussi d’analyser l’impact des essences de bois sur de nombreux paramètres et de vérifier un certain nombre d’hypothèses comme celle concernant les mouches : «la température de la litière bois étant plus basse, l’atmosphère est plus saine et les mouches moins présentes» avance l’ingénieur. Ce travail de recherche devrait déboucher en 2019 sur la mise en place d’outils d’aide à la décision dont pourront bénéficier tous les éleveurs ovins.

 

Dans notre dossier de la semaine sur La Haute-Loire Paysanne,
d'autres exemples de valorisation du bois.

Les haies présentes sur les exploitations agricoles sont une ressource actuellement sous exploitée alors que différentes pistes de valorisation existent. Elles permettent de produire des plaquettes pouvant se substituer partiellement à la paille en litière, ou être utilisées en combustible dans des chaudières automatiques. Coûts et temps  d’exploitation sont ainsi allégés.

Clima Grof
Le projet de recherche “Clima Grof. L’agroforesterie : une solution pour lutter contre le changement climatique” vise à utiliser la ressource bois des exploitations (dans les haies, bois, arbres isolés), à la transformer en bois litière en vue de réduire les achats extérieurs comme la paille.
Notons que pour les exploitations agricoles, le recours à ce procédé implique de disposer d’une ressource forestière suffisante.

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