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Planter du colza : des atouts en zone de montagne

La culture du colza présente plusieurs avantages et en particulier en zones de montagnes où il est moins sujet aux parasites. 

un groupe de personne regarde un plant de colza
Le colza, un bon moyen de valoriser ses sols et avec une bonne rémunération
© b.parret

Une demande en zone de montagne

C’était une demande des adhérents pour cette année. Le GVA de Ruynes-Saint-Flour-Nord proposait, le 20 mars, un temps d’échanges sur la culture du colza. Rendez-vous était donné au Gaec de La Chevade sur la commune de Talizat. Xavier et Benoît Bonnet sont à la tête d’un double troupeau bovin lait de 
65 vaches (moyenne de 7 000 litres) et ovin de 400 brebis (trois agnelages en deux ans) sur 189 hectares de SAU. Historiquement, l’exploitation produit ses céréales sur une quarantaine d’hectares pour assurer son autosuffisance. Elle est autonome en céréales, fourrages, paille, énergie, mais pas en protéines. 
 

Assurer l’assolement


Sans possibilité sur place d’en extraire l’huile pour fournir le tourteau dans la ration alimentaire des animaux, le choix de sa culture est autre pour les deux associés. “Nos terres sont situées en zone Natura 2000 et en zones sensibles ce qui fait que nous sommes au maximum des surfaces de rotation”, expliquait Xavier Bonnet au groupe de participants réunis par Andréa Guillet, animatrice du GVA. 
Il y a deux ans, les deux éleveurs s’étaient lancés dans le colza pour la diversification des assolements, une bonne couverture des sols en hiver, l’absorption d’azote et pour bénéficier d’un bon retour 
financier. Le colza, classé parmi les oléagineux, se négocie à 450 euros par quintaux contre
170 €pour les céréales. À 1 000 m d’altitude, les rendements peuvent atteindre les 40-50 quintaux/
hectare. “Le prix est un argument incitatif pour les exploitations, ce qui fait que sa culture se développe actuellement”, précisait Serge Gaydier, technicien de la chambre d’agriculture du Cantal
Xavier Bonnet précisait : “Nous semons derrière les céréales pour profiter dans les trois premières semaines d’août (plus tôt qu’en plaine) d’un sol “tendre” au lieu de retourner une prairie.”    
 

Bien préparer le sol 


Il faut bien préparer le sol (labour suivi d’un passage de déchaumeuse) pour semer ces petites graines à raison de 2 kg par hectare. Il ne faut pas trop densifier pour une pousse rapide. Elle permettra de limiter les attaques de parasites principalement altises et limaces qu’il sera nécessaire de surveiller et de
traiter en cas de colonisations. La fertilisation reste mesurée. L’idéal est de le semer derrière une prairie et avant du blé ce qui assure à cette culture d’obtenir un gain de rendement de 5 à 10 quintaux par hectare et une rupture du cycle des maladies (piétin et septoriose). On poursuivra par de l’orge avant de revenir à la prairie. S’il craint le gel, le colza peut s’imposer en moyenne montagne, région moins exposée aux 
parasites. Les deux points, gel et parasites, évoluent presque inversement avec le changement climatique. Concernant la fertilisation, le colza valorise très bien l’azote dont le besoin est de 150 à 220 unités/ha avec un apport à l’automne et deux au printemps. Il a aussi besoin de souffre avec 30 à 50 unités SO3 indispensables. Enfin, un complément de phosphore et potasse n’est pas à négliger (P : 40-60 
unités ; K : 80-120 unités). 
Pour l’aspect comptable, lors de la rencontre avec une visite de parcelle, quelques chiffres ont été indiqués : un produit brut de 13 500 € par hectare (30 quintaux/hectare) déduits de 80 à 120 € de semences ; 200 € d’engrais, 120 à 200 € de produits phyto-sanitaires. 

À savoir

Code Pac : COL ou équivalent selon télépac, terres arables (TA), comptabilisé dans la rotation / dans la diversification des cultures. 
Écorégime / BCAE, le colza peut contribuer de manière très intéressante à la diversification des cultures (BCAE 7) et à la couverture des sols (BCAE 6). 

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