Placer la violence à distance
La place de rencontre sécurisée du Cantal vient d’être inaugurée mercredi 10 juin devant la gendarmerie de Murat. Une première dans le département.
La place de rencontre sécurisée du Cantal vient d’être inaugurée mercredi 10 juin devant la gendarmerie de Murat. Une première dans le département.
Première dans le Cantal
Mercredi 10 juin à Murat, pour les différents partenaires, il s’agissait de la concrétisation d’une collaboration concrète en faveur de la protection des femmes et des enfants. Dans la cour de la Gendarmerie, une place de rencontre sécurisée était inaugurée. Identifiée au sol, elle est sous surveillance vidéo pour se prémunir autant que possible de tout problème de violence. Les images pourront être analysées dans le cadre d’une plainte en justice. Un gendarme pourra intervenir le cas échéant. Cette place est en libre accès, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Il n’est nullement besoin de réserver ou de prévenir la Gendarmerie même si cela est toujours possible si le besoin se fait sentir. Elle doit permettre l’échange des enfants entre parents dans des conditions de sérénité afin de faire baisser les tensions et prévenir toute violence. Ces rencontres dans le cadre des gardes alternées constituent souvent des occasions d’exprimer rancœurs, haine, pouvant aboutir à des actes de violence verbale ou physique, véritable traumatisme pour les enfants témoins de ce type de scènes.
Lieu favorable à l’apaisement
Ce lieu de rencontre neutre est le premier du Cantal. Il est aussi l’un des tout premiers en France puisque seuls quatre départements en sont équipés. Elle sera complétée à l’avenir d’autres sites pour couvrir au mieux l’ensemble du territoire. Murat n’a pas été choisi parce qu’il y aurait plus de violence qu’ailleurs. La ville est située au centre du Cantal ce qui a valeur de symbole pour cette première innovante. La Gendarmerie se situe aussi en bordure de la route nationale 122, facile ainsi d’accès. La municipalité a accompagné ce projet et financé le marquage au sol. Cette signalisation s’accompagne d’un panneau d’explication dévoilé lors de la cérémonie d’inauguration. “Ce projet répond aux questions d’ordre public et judiciaire en contribuant à lutter contre les violences intra-familiales (physiques, morales, d’emprise) dont les femmes et les enfants sont les principales victimes, rappelait le colonel Forain, commandant du groupement départemental de Gendarmerie du Cantal. C’est un dispositif de plus, complémentaires des autres pour éviter cette violence dont notre département n’est pas épargné et qui est devenue une priorité majeure.” Et, de rappeler : “Ce projet a une portée particulière étant l’aboutissement d’un engagement collectif, visible et durable dans lequel les partenaires sont pro-actifs.”
Engagement collectif
En effet, l’association internationale Soroptimist d’Aurillac a largement participé à la réflexion. Elle a financé la mise en place de la surveillance vidéo. “C’est une nouvelle étape en faveur des femmes après l’ouverture de la Maison de la protection de la famille et des trois espaces de la parole sur chacun des arrondissements d’Aurillac, Saint-Flour et Mauriac, confiait Élisabeth Malafosse, présidente de Soroptimist, venue à Murat avec plusieurs adhérentes de l’association. Il s’agit de communiquer sur les moyens mis en place dont l’objectif consiste à être dissuasif pour les agresseurs et protecteurs pour les femmes et les enfants victimes.”
“Nous sommes dans le maintien légal du droit de visite pour lequel nous devons apporter l’assurance que cela ne soit pas un prétexte à exprimer de la violence”, indiquait Nadège Cornelles, déléguée départementale aux Droits des femmes et à l’égalité.
Chaque situation s’accompagne d’un travail social. Par exemple, à la demande, une tierce personne peut préparer les rencontres et un lieu neutre et sécurisé contribuera à apaiser ces moments sensibles