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Passer du constat à l’action

Après la canicule estivale, l’eau et sa gestion ont été au centre des débats de la rentrée syndicale régionale. La FNSEA et JA Nouvelle-Aquitaine ont également interpellé le président de Région sur la Loi d’urgence agricole, l’opposition au projet de porcherie en Creuse ou encore la tuberculose bovine.

L’eau, toujours au cœur des préoccupations

Le 31 août, la FNSEA et JA Nouvelle-Aquitaine ont convié Alain Rousset sur une exploitation de la Vienne pour la rentrée syndicale 2026. Sans surprise, la canicule et ses conséquences immédiates et à venir sur les exploitations ont été largement évoquées. « Aujourd’hui, les pertes sur les récoltes s’échelonnent de 30 à 100 %, a rappelé Yohann Guédon, président de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine. Il nous faut passer du constat à l’action. L’agriculture subit crise sur crise depuis de nombreuses années et nous avons l’impression que rien n’avance depuis les manifestations de 2024. La récente adoption de la Loi d’Urgence agricole est une bonne chose et la Nouvelle-Aquitaine doit être au rendez-vous pour un véritable plan de reconquête agricole ». Un constat partagé par Jeunes Agriculteurs et la Chambre régionale d’agriculture pour lesquels la canicule 2026 va laisser de nombreuses traces alors que de nombreux freins perdurent. La Loi prévoyant notamment une multiplication par deux de la capacité de stockage d’ici 2035, les représentants syndicaux exhortent la région à la mise en place d’une politique de développement du stockage et de l’irrigation. « Il faut mettre les moyens pour avoir des exploitations productives et viables, a insisté Yohann Guédon. Chaque euro investi doit contribuer à créer de la valeur nous ne pouvons plus continuer à regarder disparaître nos élevages et nos outils ». Rappelant que « la Région ne porte pas sur ses épaules la survie de l’agriculture », le président de Région a tenu à rappeler les mesures prises pour l’irrigation et le stockage de l’eau en Nouvelle-Aquitaine. « Le meilleur stockage possible ce sont les nappes, a souligné Alain Rousset. La question est comment les conserver. Oui, la situation est critique et nous avons pris la mesure du changement climatique depuis longtemps. Nous avons financé une centaine de réserves collinaires dans la région et les crédits irrigation ont été multipliés par 4 en 5 ans. Nous avons aussi financé 700 points d’abreuvements en Creuse. Nous avons tous besoin de sortir des certitudes et de préparer l’avenir ».

Mais aussi d’autres inquiétudes

D’autres sujets d’actualité ont été évoqués durant la rencontre et parmi eux le projet de porcherie à Vassivière dans la Creuse. Après de nombreux rebondissements, celui-ci a été validé au niveau préfectoral et pourtant il suscite toujours l’opposition du public. « Le projet de départ présentait des problèmes par rapport à l’épandage mais il a beaucoup évolué, a précisé le président de Région. L’agriculture est le secteur qui a le plus évolué dans les dernières décennies or la communication sur le sujet est nulle. Il faut mettre en avant les énormes progrès de l’agriculture ».

Sur la PAC à venir, alors que les représentants syndicaux sollicitaient le soutien régional, Alain Rousset a rappelé que la PAC est tout d’abord l’affaire de la Commission européenne et des États membres. La question de la tuberculose bovine et de la biosécurité a été également abordée. À l’instar de ce qui s’est passé pour la grippe aviaire, il semble aujourd’hui impératif de former les éleveurs à la biosécurité. FNSEA et JA NA demandent l’accompagnement régional sur le sujet. En réponse, Jean-Pierre Raynaud a précisé qu’un dispositif expérimental était en place sur le nord de la Dordogne et le sud de la Haute-Vienne d’une part et les Pyrénées-Atlantiques et le sud des Landes d’autre part. Celui-ci arrivant bientôt à son terme, le Conseil régional est ouvert à un travail commun sur le sujet.

Une exploitation caprine accueille la rentrée syndicale

C’est dans la Vienne, chez Damien Bouchet, que s’est déroulée la rentrée syndicale. Installé en 1997 en Gaec avec ses parents, l’exploitant prend les rênes de la ferme en 2012, épaulé par un salarié. Avec une SAU de 280 ha dont 140 ha irrigables, il cultive principalement du blé (90 à 100 ha) mais aussi du maïs, du tournesol, du colza, de la luzerne et de l’orge de printemps. L’irrigation représente 280 000 m³ par an. Le cheptel caprin de Damien produit annuellement 280 000 litres de lait en circuit long. La collecte réalisée par la coopérative Eurial sert majoritairement à la marque Soignon. Damien est autosuffisant à 90 % pour l’alimentation de son cheptel. Il assure le séchage du fourrage de ses chèvres grâce à un séchoir thermo-voltaïque en place depuis 8 ans. Un échangeur capte la chaleur circulant entre les panneaux photovoltaïques et le toit pour le propulser sur le fourrage stocké à plat via un ventilateur. L’installation produit également de l’électricité, en partie revendue, ce qui génère un complément de chiffre d’affaires de 5 à 6 000 €. Soucieux de l’environnement, l’éleveur s’est engagé dans une MAEC bas carbone. Aujourd’hui, 30 % de son chiffre d’affaires est issu du lait de chèvre. S’il a réussi à limiter la température dans sa chèvrerie, durant les périodes de canicule, de nombreuses chèvres ne sont pas pleines et la production de lait a chuté d’environ 10 %. Les conséquences se feront donc ressentir encore longtemps.

 

Rédaction Réussir

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