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Pascal Lerousseau : « La situation est plus que critique »

Le coordonnateur du berceau des races à viande du grand Massif central s’inquiète de la chute des cours et dénonce l’immobilisme des pouvoirs publics sur le dossier stratégique de l’export.

© SCG

Dans quelles proportions les cours de la viande bovine ont-ils reculé depuis l’été ?

Pascal Lerousseau : Nous sommes face à une situation complètement délirante puisque les cours ont atteint les niveaux de ceux des années de crise de la vache folle.
Si on prend un broutard charolais, durant l’été, son prix oscillait entre 2,60 et 2,74 euros du kilo vif. Aujourd’hui, il est tombé à 2,44 euros. Concrètement, sur un animal de 400 kg, cela représente une perte d’environ 120 euros pour l’éleveur. Sur les taurillons, vendus finis à 18 mois, les cours ont aussi dégringolé, de l’ordre de 40 à 60 centimes d’euros du kilo. Sur des animaux de 400 kilos, le manque à gagner est vite important. On estime la perte à 160 à 200 euros par animal. Il n’est pas rare que certains éleveurs aient fait partir une cinquantaine de bêtes. Au final, c’est donc près de 10 000 euros de recettes en moins. Franchement, avec des revenus ne dépassant pas les 18 000 euros par an, les éleveurs ne peuvent pas se payer le luxe de brader leurs animaux.

Quelles sont les raisons de cette chute des cours ?
P.L. : Nous sommes victimes de l’embargo russe mais pas seulement. Les animaux polonais, allemands ou britanniques qui jusque là partaient en Russie restent désormais sur le marché communautaire et finissent de déstabiliser les cours. Nous sommes convaincus que l’élevage français a une carte sérieuse à jouer pour répondre à la demande mondiale plutôt porteuse.

Qu’attendez-vous des pouvoirs publics ?
P.L. : Nous estimons que des mesures doivent être prises en faveur de l’exportation d’animaux vifs. Les pouvoirs publics doivent se mettre en ordre de marche pour faciliter les échanges vers les pays du pourtour méditerranéen. Il est urgent de trouver des débouchés notamment pour les mâles. Le 5 novembre dernier, les agriculteurs ont démontré leur force de mobilisation. Si la situation devait rester en l’état, ils sauront à nouveau se faire entendre.

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