Pari réussi, le SANA au cœur de la foire de Bordeaux
Du 23 au 28 mai, les visiteurs se sont succédé sur le Salon de l’agriculture de Nouvelle-Aquitaine au cœur de la Foire de Bordeaux. À côté des concours et des animations, la Chambre régionale d’agriculture en a profité pour faire un point d’étape de l’agriculture néo-aquitaine sous un soleil de plomb.
Du 23 au 28 mai, les visiteurs se sont succédé sur le Salon de l’agriculture de Nouvelle-Aquitaine au cœur de la Foire de Bordeaux. À côté des concours et des animations, la Chambre régionale d’agriculture en a profité pour faire un point d’étape de l’agriculture néo-aquitaine sous un soleil de plomb.
Des retrouvailles avec un public au rendez-vous
C’est accompagné de Jean-Pierre Raynaud, vice-président en charge de l’agriculture au Conseil régional que Bernard Layre, président de la chambre régionale d’agriculture, a fait le point sur la situation agricole au SANA. « Après un salon de l’agriculture frustrant, nous sommes heureux de retrouver les bovins, a-t-il souligné. Il y avait un vrai besoin de se retrouver. Ce besoin de convivialité a été bien ressenti lors du repas des éleveurs qui a rassemblé 400 personnes dont près de 300 jeunes ». Pour autant ces retrouvailles n’ont pas fait oublier les dossiers chauds de l’agriculture. « Nous sommes dans une situation où nous manquons de visibilité, a poursuivi Bernard Layre. Il nous faut retrouver des capacités de production et recapter la valeur ajoutée sur le territoire ».
Redresser la barre
En 10 ans la Nouvelle-Aquitaine a perdu près de 14 % de son volume de production agricole. Entre changement climatique et recul du nombre de producteurs (5 fois moins de producteurs de lait en 20 ans par exemple), il y a urgence. Une des difficultés réside dans l’acceptation sociale de certains projets. « Ce qui est importé aujourd’hui est majoritairement industriel alors que notre modèle est familial, explique le président de la chambre d’agriculture régionale. Il faut que tout le monde l’entende. » Ainsi, la porcherie portée par deux éleveurs à Vassivière actuellement contestée est un projet modeste de 800 places contre 2 000 en moyenne, avec un plan d’épandage trois fois supérieur à la norme. Pour recapter la valeur ajoutée, une des volontés régionales est également de développer la volaille pour fournir la RHD. Jean-Pierre Raynaud a d’ailleurs rappelé qu’un appel à projet pour la filière volailles avait été monté en 2025 et qu’un fonds d’engraissement pour les jeunes bovins venait d’être mis en place par la Région « Changer le sens de la pente est difficile, continue Bernard Layre, mais nous devons redevenir exportateurs. Pour cela, la chambre régionale se doit de fédérer les acteurs avec la région ». Des groupes de travail pour déterminer les facteurs limitants et les pistes d’amélioration rassemblent actuellement tous les acteurs de l’agriculture pour un rendu en juillet. Le besoin de cohérence notamment au sein des politiques publiques se fait ressentir également concernant le dossier eau. Aujourd’hui, 60 milliards de mètres cubes tombent annuellement en Nouvelle-Aquitaine. En février dernier, en trois jours, l’équivalent annuel de l’irrigation annuelle française est tombé dans la Garonne. On ne manque donc pas d’eau. En revanche la carte des masses d’eau et les schémas directeurs d’aménagement et de gestion de l’eau rendent les choses compliquées. Le président de la chambre régionale d’agriculture a également évoqué la DNC et la nécessité de la stratégie collective mise en place. Sur la question de la tuberculose, il a rappelé que deux départements étaient particulièrement sous pression aujourd’hui et qu’il était nécessaire d’agir. Sur certaines zones, la population de blaireaux, principal vecteur de la maladie, a été multiplié par 2 à 3 et 50 % d’entre eux sont porteurs. « Il est possible de faire de l’agriculture, de l’élevage partout en Nouvelle-Aquitaine mais nous avons besoin de politiques publiques adaptées », a conclu Bernard Layre.