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Ovins : Le marché de la laine est au point mort

Des tonnes de laines ne trouvent plus preneurs.

Des ballots de laine de mouton sont stockés dans un bâtiment.
Des centaines de curons de laine attendent de trouver preneur.
© Fabien Reveret

La brebis fournit tout à l’homme. La viande par l’agneau, le lait par ses fromages et la laine par sa toison. La brebis fabrique la laine en fonction de l’alimentation qu’elle reçoit et des températures qui l’entourent.

Sauf que ces dernières années, cette matière noble qu’est la laine reste désespérément stockée dans les fermes, faute de débouchés. On vous explique pourquoi.

« Au cours des années 80, la France a petit à petit laissé tomber l’industrie lainière au profit de celle du coton. Depuis quelques années, la laine est complètement inexploitée, ce qui constitue un réel problème pour les éleveurs. La laine est un produit inépuisable, il va donc falloir trouver des solutions pour tenter de désengorger les stocks », explique Sylvain Ray, le président du Syndicat des éleveurs de moutons de l’Allier (Sema). Des stocks de laine estimés à 2 500 tonnes, qui dorment désespérément dans les fermes du Massif central.

Lire aussi Découverte du micro-lavage à Saugues le 16 septembre | Agriculture Massif central | PAMAC

 

"La laine, un produit qui revient très cher"

Alors comment en est-on arrivé là ? La réglementation européenne ayant classé la laine en sous-produit animal de catégorie 3, les contraintes liées à celle-ci sont nombreuses et surtout coûteuses pour les éleveurs. Il faut donc hygiéniser la laine en la lavant et la traitant avant de pouvoir l’utiliser. Et tout cela a un coût, élevé de surcroît, car la France a, depuis quelques années, perdu son industrie de lavage et de transformation, ce qui signifie qu’il faut exporter ces tâches à l’étranger. Il faut également savoir que tondre ses brebis est une obligation, si bien qu’en France près de six millions d'ovins sont tondus chaque année.

Au final, le calcul est simple, pour un ovin qui produit en moyenne deux kilos de laine par an, le prix de la tonte représente un coût d’environ 3 euros (attrapeur et tondeur). Le cours de la laine se situant entre dix et vingt centimes le kilo, il n’est pas nécessaire d’être un expert en mathématiques pour comprendre la problématique du manque à gagner des éleveurs. « La plupart du temps, la marchandise partait pour la Chine, sauf que depuis le Covid le pays a fermé son marché. Depuis 2020, toute la laine reste donc sur les exploitations, même si certains éleveurs parviennent à s’en débarrasser à des prix dérisoires. Le prix de la vente de la laine ne compense en aucun cas le prix de la tonte » regrette Sylvain Ray.

 

Laine, quelles solutions pour l’avenir ?

À l’heure actuelle, les solutions proposées sont multiples pour tenter de revaloriser la laine. La tendance est à la substitution des fibres synthétiques dans le textile, mais des usages moins « nobles » tels que son utilisation pour confectionner des emballages, le paillage des végétaux ou encore l’usage de la kératine et de la mélanine qui composent la fibre montent également en puissance. La laine peut aussi être utilisée pour l’isolation phonique et thermique.

« Au final, ce qui devrait être une plus-value pour nos exploitations est devenu une charge » conclut Sylvain Ray qui espère une avancée rapide afin de redorer le blason d’une matière qui en a bien besoin.

Lire aussi Agnès Génot, feutrière | Agriculture Massif central | PAMAC

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