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« Oui, l’agriculture a de l’avenir » affirme avec force la présidente de la chambre d’agriculture lozérienne

À l’occasion des 100 ans du réseau des chambres d’agriculture, la locale de l’étape a tenu à souffler son centenaire avec faste, à l’espace Georges Frêche à Mende, jeudi 25 avril, et en présence de Sébastien Windsor, président de Chambres d’agriculture France.
 

« Lozère, misère », clamait un documentaire tourné en 1961 sur l’agriculture lozérienne. Disponible sur le site de l’Ina et publié dans les actualités françaises du 27 septembre 1961, ce reportage montre la pauvreté du département à l’époque, s’évertuant à prouver que vivre en Lozère n’est vraiment pas une tâche facile. Pour terminer, tout de même, sur une note d’espoir avec l’irruption d’une certaine modernité : au commencement d’une décennie mouvementée, l’irrigation arrivait dans le département, permettant l’éclosion de nouvelles cultures, notamment maraîchères, du côté d’Ispagnac, où l’on retrouvait des plantations « de champs de fraises ». En 2024, « l’emploi agricole représente 10 % de l’économie lozérienne, alors que la moyenne nationale s’établit plutôt à 2 % », a noté Christine Valentin dans son discours d’ouverture. Un chiffre réjouissant pour un département hyper-rural.

Accompagner au plus près les agriculteurs
Le regard toujours tourné vers l’avenir et l’amélioration continue pour les agriculteurs : Christine Valentin, actuelle présidente de la chambre d’agriculture, en a fait son credo. « Au fil du temps, la chambre d’agriculture a su adapter ses conseils et services pour une ruralité vivante : représenter l’agriculture, promouvoir l’installation, faciliter les transmissions, favoriser le développement de la production agricole, accompagner les projets de territoire, etc. ». Sans oublier d’évoquer l’avenir et les changements rapides dans lesquels sont plongés le monde agricole : à l’avenir, a souligné, la présidente de la chambre d’agriculture, « l’accompagnement portera plus sur l’adaptation et les transitions, notamment face au changement climatique, aux dépendances énergétiques pour toujours plus d’autonomie des exploitations ». Des questions sur lesquelles la chambre d’agriculture lozérienne se penche depuis plusieurs années, déjà, avec un projet décliné en quatre axes : accompagner l’agriculture dans ses transitions ; tradition et modernité au cœur de l’élevage de demain ; créer plus de valeur sur les exploitations ; être l’acteur incontournable des collectivités et territoires.
« Depuis cent ans, treize présidents de chambres d’agriculture se sont succédé en Lozère, 47 préfets, ce qui prouve que les paysans résistent plutôt bien », s’est amusée la présidente de la chambre dans son discours. « Au fil du temps et de ces cent années déjà passées », a détaillé Christine Valentin, « la chambre d’agriculture a participé au développement territorial de la Lozère », via la reconnaissance des labels de qualité (AOP Roquefort en 1925, 1998 pour la création de la marque De Lozère, par exemple) et création et accompagnement de filières et d’ateliers de transformation(châtaigne, miel, abattoirs, etc.) ; la promotion, à travers des événements, des produits agricoles et agroalimentaires, avec une belle reconnaissance dans de nombreux salons et autant de médaillés ; l’accompagnement des collectivités, etc. « En Lozère, nous avons de nombreux produits reconnus pour leur qualité ». « Transmettre le savoir-faire des agriculteurs est déjà un très bel objectif », a pointé Christine Valentin. Cette dernière a aussi profité de cette matinée pour remercier les nombreux partenaires de la chambre d’agriculture.
Quant aux prochaines années, tous ces sujets resteront portés par la chambre d’agriculture. Même si d’autres dossiers se sont ajoutés, au fil du temps, à la pile des thèmes à traiter par le réseau des chambres d’agriculture.
Et pour évoquer les problématiques auxquelles le monde paysan fait aujourd’hui face, quoi de mieux que deux tables rondes, avec de multiples invités (commissaire du massif central, vice-président de la région, député de Lozère, présidente du département, sénatrice de la Lozère, préfet, etc.) et acteurs de la filière. La première table ronde s’est intitulée : « Les chambres d’agriculture, actrices des territoires et des transitions », et la seconde « Souveraineté alimentaire et agriculture de demain : comment la Lozère relèvera le défi ? ».
Deux tables rondes qui ont permis de balayer de nombreux sujets de préoccupation pour les agriculteurs d’aujourd’hui et de demain : transition écologique, transmission des fermes, économie, revenus et lois Égalim, etc.

Une agriculture inventive et incarnée
« Quand on n’a pas de pétrole, on a des idées, et quand on n’a pas d’atouts, on a des idées », a salué Sébastien Windsor dans son discours, qui a souligné combien l’agriculture lozérienne a été et est inventive. « Je pense que les agriculteurs et les citoyens ne le réalisent pas, mais c’est un territoire qui s’est remonté les manches, pour garder une dynamique agricole forte ». 
Un président pour qui le réseau des chambres d’agricultures fait « d’autant plus sens aujourd’hui », que « les attentes du monde agricole sont renouvelées ». « L’agriculture est devenue un monde entrepreneurial et économique, et aujourd’hui, on voit bien que de nouveaux challenges viennent bousculer l’agriculture. Donc on a besoin de retrouver cette dynamique de développement agricole, et faire en sorte qu’on accompagne à nouveau des projets chez les agriculteurs, des projets porteurs de revenus, des projets qui vont les aider à affronter le changement climatique et les mouvements agricoles ont aussi été autour de ça. Il faut libérer les énergies, arrêter d’accompagner l’agriculture par la norme et retrouver une capacité d’accompagner dans le monde agricole, et c’est ce que les chambres doivent faire, et pour ça, on a besoin que les politiques agricoles nous aident », a détaillé Sébastien Windsor.
« L’agriculteur est sans cesse en mode projet - c’est aussi le rôle de la chambre d’agriculture de l’accompagner, nourrir ses réflexions, ses orientations, ses décisions. Ce métier de conseil ne s’improvise pas, et les agents de la chambre sont aussi régulièrement sollicités pour amener une réflexion objective basée sur des références robustes », a pour sa part insisté Christine Valentin, rendant par là hommage au travail quotidien des techniciens sur le terrain. « Les agents se déplacent régulièrement dans les fermes pour mieux connaître les pratiques, ils sont aux côtés des agriculteurs pour réfléchir avec eux à des orientations, pour que l’agriculteur puisse plus dignement exercer son métier », a rappelé la présidente de la chambre d’agriculture. C’est une relation de confiance qui s’établit entre l’agriculteur et son conseiller et nous sommes très attachés à ce volet humain qui ne doit pas disparaître de nos campagnes ».
Pour tous les invités présents à cet anniversaire, le réseau des chambres d’agriculture a été solidement bâti, a su construire des liens solides comme interface du monde agricole et de la société, et ce rôle devrait continuer à animer le réseau pour les prochaines années.
« La chambre d’agriculture de la Lozère a toujours été engagée pour accompagner les agriculteurs dans leurs évolutions, de l’installation à la transmission. La chambre d’agriculture est le représentant du monde agricole, et au sens plus large, de la ruralité. La chambre d’agriculture est aussi le garant que les orientations prises permettent de toujours produire et permettent une bonne valorisation des produits afin que toutes les activités du territoire enrichissent un peu plus la Lozère et fassent que tous et toutes, nous ayons plaisir à y exercer notre métier et à vivre dans ce magnifique département » a conclu Christine Valentin.
 

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