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Oncogénétique : une filière d’excellence

Les Cantaliens peuvent désormais bénéficier de consultations à Aurillac, grâce au professeur Yves-Jean Bignon.

Yves-Jean Bignon entouré de Claire Laquet, du Dr Catherine Amalric, et du Dr Éric Fondrinier.
Yves-Jean Bignon entouré de Claire Laquet, du Dr Catherine Amalric, et du Dr Éric Fondrinier.
© C.R.

Le professeur Yves-Jean Bignon, directeur du laboratoire de biologie médicale OncoGènAuvergne du centre Jean-Perrin de Clermont-Ferrand, s’est rendu le 3 juin au centre hospitalier Henri- Mondor (CHHM) d’Aurillac afin de présenter son travail et son combat pour le développement de l’oncogénétique, une spécialité médicale visant à la prise en charge des patients à risque héréditaire ou familial de cancers. Il a été accueilli par les docteurs Catherine Amalric, présidente de la CME (Commission médicale d’établissement) de l’hôpital et Éric Fondrinier, chirurgien sénologue. Grâce à l’implication de ce dernier, la première consultation décentralisée du professeur Bignon a eu lieu à Aurillac le 15 octobre 2012. Les quelque 100 000 Auvergnats dont le contexte familial justifie une consultation d’oncogénétique ont donc ainsi à disposition deux pôles de prévention et de dépistage : l’un à Clermont-Ferrand, le second à Aurillac. Cette filière qualifiée “d’excellence” par le docteur Amalric répond aujourd’hui à “une réalité scientifique et médicale dans le Cantal avec un accès à un hyper-spécialiste près de chez soi”.

Le cas Jolie

Il y a quelques semaines, l’actrice américaine Angelina Jolie dévoilait au New-York Times avoir eu recours à une double masectomie(1) préventive, suite à deux cas de cancers dans sa famille. Porteuse du gène BRCA(2), l’actrice présentait de ce fait plus de 80 % de risques de développer un cancer du sein. Grâce à cette prévention oncogénétique, ce risque est maintenant retombé à moins de 5 %. Même si ce type d’opération est encore rare en France (seulement 5 % des femmes ayant un risque héréditaire identifié y ont recours), pour Catherine Amalric, “le cas Jolie est un bel exemple de courage, et grâce au professeur Bignon, l’un des pères de l’oncogénétique au niveau national, les Auvergnates ont accès à la même avancée médicale”. Selon Yves-Jean Bignon, “la médiatisation sur le cas Jolie a réellement permis aux femmes de porter un regard attentif sur le risque de cancer du sein d’une génération à l’autre, et encouragé ces dernières à venir consulter à titre préventif”.

À noter qu’en France, 18 000 personnes sont porteuses du même gène muté que l’actrice.

D’Hollywood à Aurillac

Les cinq consultations annuelles en oncogénétique qui sont proposées à Aurillac accueillent chacune près de deux tiers de nouvelles familles. “Si on dépiste assez tôt le cancer du sein par exemple, on peut le vaincre dans 90 % des cas”, fait valoir le spécialiste. Ces consultations ont pour but de recueillir des informations sur le patient, notamment sur son arbre généalogique, et de définir la prédisposition qu’il a à développer un cancer. Elles permettent également de proposer le test de détection de la mutation du gène héréditaire et un programme personnalisé de suivi oncogénétique, incluant les recommandations de dépistage et les mesures de prévention possibles. 85 % de ces consultations concernent des risques familiaux de cancers mammaires, gynécologiques ou digestifs. Grâce au Plan cancer lancé en 2003 et à l’enveloppe de 12 millions d’euros accordée chaque année aux laboratoires, les Français ont accès à ces tests et consultations gratuitement. Si une soixantaine de personnes ont été à ce jour vues en consultation par le professeur Bignon à Aurillac, ce dernier a insisté sur le fait qu’il existe encore “un manque de communication sur l’oncogénétique et qu’encore trop de personnes à risques négligent leur suivi”. (1) Ablation des deux seins. (2) Acronyme pour Breast Cancer.

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

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