Aller au contenu principal

Océalia dégage une enveloppe de 37 millions pour aider ses adhérents

Le groupe Océalia a tenu son assemblée générale le 5 décembre en Charente. Les résultats de la coopérative, qui restent à l'équilibre, sont mis à mal par le contexte agricole et le pôle viticole.

portrait de deux hommes
Denis Mathé, président de la coopérative depuis décembre 2023 et Mathieu Staub, directeur général depuis avril 2023.
© Fabienne Lebon

L'exercice 2023-2024 du groupe coopératif Océalia reste à l'équilibre, mais le chiffre d'affaires, en chute de 114 millions d'euros à 933 M€ par rapport à 2022-2023, est à l'image des turbulences que subit l'agriculture de Nouvelle-Aquitaine. Ce sont d'abord les résultats de la coopérative agricole (628 M€ de chiffre d'affaires, en retrait de 120 M€), qui pâtissent d'une baisse des prix des céréales plus importante que la collecte. Celle-ci avait pourtant bien commencé, affichant 1,3 million de tonnes de céréales collectées en 2023, avant que les conditions météorologiques de l'automne suivant et du printemps 2024 ne viennent ternir le tableau. « Nous avons dû reprendre les semences livrées aux agriculteurs, dans l'incapacité de semer », déclare le directeur général d'Océalia. Mathieu Staub chiffre ainsi à 17 000 le nombre d'hectares qui n'ont pu être semés, en raison des pluies qui ont arrosé les huit départements* où la coopérative intervient. « Les années anormales deviennent de plus en plus la norme ! » fait-il remarquer à propos du climat.

Si le groupe Océalia peut dire merci à ses filiales qui contribuent à son excédent brut d'exploitation (18,50 M€ pour une capacité d'autofinancement de 13,20 M€ en 2023-2024), ce n'est pas le cas pour la Maison Ansac, son pôle viticole. Celui-ci est « largement déficitaire » en raison du repli du marché du cognac et a entraîné, en septembre dernier, un plan de licenciements de 16 salariés sur les 46, qui travaillaient sur le site de Saint-Germain-de-Lusignan (17). « Nous avons proposé en parallèle un plan de reprise de 14 postes dans d'autres filiales qui n'ont pas trouvé preneurs » regrette Mathieu Staub.

Huit mesures

Dans ce contexte très fragile, la coopérative a dégagé une enveloppe de 37 millions d'euros pour soutenir ses adhérents. « Les huit mesures concernent des avances de trésorerie et des aides au financement, selon la typologie des adhérents en difficulté. Si vous êtes viticulteur et que vous avez des stocks d'eaux-de-vie à financer chez vous, la coopérative peut apporter 900 euros par hl d'AP, moyennant des coûts inférieurs au marché, sans frais de dossier. Si vous êtes céréalier, vous pouvez bénéficier de 35 euros la tonne livrée pour vous constituer un petit matelas de trésorerie. Si vous êtes éleveur et que vous voulez engraisser vos animaux, la coopérative va financer le broutard qui reste à la ferme », détaille Mathieu Staub. « On travaille aussi de concert avec les banques dans l'accompagnement des agriculteurs » renchérit Denis Mathé, le président deux-sévrien de la coopérative.

Pour être au plus proche de ses adhérents, la coopérative a décidé de transformer ses 6 "conseils de territoire" en 12 "conseils de vie de territoire". L'objectif, « c'est d'être à l'écoute des adhérents et de répondre à des problématiques de proximité », reprend Denis Mathé. Ces réunions, qui auront lieu trois fois par an, seront animées par l'administrateur du territoire et le responsable de région.

Reconstructions

Les responsables de la coopérative sont bien évidemment revenus sur l'incendie, qui, en juillet dernier, a ruiné l'entreprise de pop-corn Sphère Production à Saint-Genis-de-Saintonge (17). Si l'activité a repris tambour battant à Pons grâce à l'achat d'une machine américaine, « on va reconstruire cette usine à l'horizon 2026 » prévoit Mathieu Staub. De même, est envisagée à Mazamet (81) la reconstruction complète de l'usine d'agroalimentaire Menguy's, tandis que la première pierre de l'usine de trituration de graines de soja (20 000 tonnes) a été posée à Pamproux (79).

 

* Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Vienne, Haute-Vienne, Dordogne, Creuse et Corrèze.

Les plus lus

La dose d’engrais azoté à apporter correspond à l’écart entre les besoins totaux et les fournitures du sol. Ici un maïs au stade 4-5 feuilles.
25 à 30 T/ha de fumier de bovins suffisent à couvrir les besoins en phosphore et potasse

Le service productions végétales de la Chambre d'agriculture de Haute-Loire fait le point sur la fertilisation de la culture…

Poulet du Bourbonnais.
Dans les coulisses de la filière avicole dans l'Allier

Première viande consommée en France depuis 2024 après le porc, la volaille s’impose à près de 32 kg par habitant chaque année…

Ludivine Lot sur son exploitation
JA 03 : une nouvelle présidence, un nouveau bureau

À l’issue des élections internes du 8 avril, les Jeunes Agriculteurs de l’Allier ont annoncé l’élection de Ludivine Lot à…

La France des fermes bio de Pauline

À la force des mollets, Pauline Plaçais explore les réalités agricoles françaises et questionne notre rapport à l’alimentation…

Filière châtaigne : le Cantal accélère la structuration de sa châtaigneraie

Créé en 2025, le Syndicat des Producteurs de Châtaignes du Cantal fédère déjà plus de 50 adhérents. Soutenue par plusieurs…

Le producteur Nicolas Vanstraceele dans son laboratoire
Nicolas Vanstraceele, le pari de la pomme de terre transformée à Créchy

À Créchy, dans le Val d’Allier, Nicolas Vanstraceele, producteur de pommes de terre et de carottes de plein champ, s’est…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière