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Lait de montagne
Objectif : 3000 producteurs engagés dans la marque montagne

L'Association des producteurs de lait montagne veut convaincre les producteurs du Massif-Central d’être acteurs dans la valorisation de leur lait au travers de la marque «Montagne». Elle les invitent donc à se regrouper pour aller chercher la plus-value générée par un produit identifié plébiscité par les consommateurs.

L’image «montagne» plaît aux consommateurs.
L’image «montagne» plaît aux consommateurs.
© HLP

En 2015, c’est la fin des quotas laitiers. On entrera alors dans un système complètement libéral où chaque producteur sera libre de produire autant qu’il le souhaite. Enfin, ça c’est la règle administrative. Mais dans les faits, on sait très bien que dans des régions comme les nôtres, où les coûts de production sont plus élevés et donc les exploitations moins compétitives, le risque de voir disparaître ou tout au moins largement régresser la production laitière est bien réel. Et ce d’autant que les entreprises, elles-aussi soumises au dictat économique, rechignent à collecter dans les zones les moins accessibles ou les moins denses en exploitations laitières.

Valoriser le lait «montagne»
Alors face à ce dilemne, la profession a deux alternatives : laisser faire et seuls les plus performants ou les mieux placés s’en sortiront, ou bien trouver des solutions pour maintenir un maximum de producteurs dans tous les secteurs.
C’est cette seconde alternative que les responsables professionnels du Massif-Central ont choisi de défendre, mieux de mettre en place. C’est comme cela que s’est concrétisée l’idée de valoriser le lait de montagne en déposant une marque qui serait propriété des producteurs eux-mêmes et non plus laissée à la merci et au bon vouloir des entreprises, et en créant une association, l’Association des Producteurs de lait de Montagne (APLM) qui sera propriétaire de cette marque. Le président de cette association est Dominique Barrau de l’Aveyron, son secrétaire Yannick Fialip de Haute-Loire et son trésorier Pascal Servier du Puy de Dôme.
Sur les 10 000 producteurs que compte le Grand massif-Central, 3 000 sont déjà engagés dans des démarches AOP. Sur les 7 000 restant en compétition avec les autres producteurs de France, l’APLM espère que la moitié s’engagera dans la démarche «montagne». «Si 3 000 producteurs s’engagent, c’est gagné» disent les responsables. Pour la Haute-Loire l’objectif est de 500 producteurs ; aujourd’hui, 80 sont déjà engagés sur le département.

15 €/10 000 l de lait
Pour mener à bien cette démarche, il faut de l’argent. L’APLM appelle donc les producteurs à investir dans cette démarche en versant une cotisation volontaire de 15 €/10 000 litres de lait. Par ailleurs, du dernier Bilan de Santé de la PAC, les producteurs laitiers ont obtenu une enveloppe de 20 €/tonne plafonnés à 110 000 litres de lait dans le cadre d’une aide à la collecte. En 2014, il faudra renégocier cette aide. Selon les responsables, si une partie de cette aide est investie dans la filière, pour le développement de la marque «montagne», c’est un argument qui peut porter.
Autre argument, à l’heure actuelle, et suite aux négociations avec les entreprises, SODIAAL est prêt à mette de l’argent si les producteurs en mettent aussi. «C’est un investissement» explique Yannick Fialip, qui précise que «la plus-value retournera aux producteurs engagés à hauteur de leur cotisation initiale».

30 cts d’€ dans la poche des GMS
La démarche a de quoi séduire, d’autant que l’image «montagne» est porteuse et que les consommateurs sont prêts à payer un peu plus cher un produit identifié «montagne». Ils le font déjà, mais les gains ne vont ni aux producteurs, ni aux entreprises laitières. Seules les GMS empochent la plus-value. En réunion à Saugues, mercredi 7 décembre, Yannick a commencé son intervention par un exemple : «Dans un supermarché Carrefour à Issoire, j’ai observé le rayon des produits laitiers. Il y avait une palette de bricks de lait 1er prix à 58 cts et 4 palettes de lait identifié montagne à 88 cts. C’est ce dernier qui partait le plus. La simple identification montagne fait vendre. Mais là où je veux en venir, c’est que les 30 cts d’écart, c’est la grande surface qui les mets dans sa poche…». Ces chiffres parlent d’eux-mêmes et on peut rajouter que l’entreprise laitière qui approvisionne Carrefour ne gagne que 2 cts sur ce lait montagne.
Yannick Fialip explique alors le défi auquel veut s’attaquer l’APLM : «aller chercher ces 30 cts et valoriser ainsi notre production en la rattachant au territoire». Et pour cela, il faut que les producteurs s’organisent, qu’ils soient propriétaires de la marque, avant de signer des contrats. «Si on ne bouge pas», lance Yannick Fialip, «les entreprises vont prendre les devants». C’est d’ailleurs déjà le cas. Certaines entreprises ont déjà proposé à des agriculteurs de signer des contrats pour commercialiser du lait sous appellation montagne, marque entreprise. Les responsables professionnels mettent en garde les producteurs sur ce type de contrats : «C’est nous qui produisons le lait. À nous de nous préoccuper de son devenir et de sa valorisation». La démarche «montagne» dans laquelle l’APLM s’engage est conduite par des producteurs pour les producteurs.

Communiqué de JA Massif central

"Nous avons tout à gagner"

Le lait de montagne pour une meilleure valorisation de notre produit et pour une stabilisation des prix.
Le constat devient récurrent dans la filière lait : les collecteurs de nos zones de montagne peinent à se maintenir. Après l’URCVL, Toury, voilà que le G.L.A.C. est à son tour mis à mal. Depuis cet été, nous constatons que le prix payé aux producteurs par le G.L.A.C. et par Dischamp ne respecte pas la recommandation. Nous pouvons en être mécontents.
Mais au delà de nos réactions sur le prix du lait actuel, il est de notre devoir de nous impliquer pour construire l’avenir de notre filière régionale. Nous devons tout mettre en oeuvre afin d’éviter de nouveaux problèmes similaires dans les années à venir. La démarche lait de montagne, initiée par la FRSEA et les JA, répond à une demande des consommateurs. Elle sera porteuse d’une réelle plus-value de notre production de lait. En partageant cette plus-value, nous pourrons non seulement inciter les entreprises à venir collecter le lait sur nos territoires, mais surtout nous pourrons leur offrir la valorisation économique nécessaire au maintien de leurs outils sur notre territoire.
Nous avons tout à gagner : une collecte assurée à plus long terme, un prix stabilisé et rémunérateur. Producteurs, votre soutien par l’adhésion à l’Association des Producteurs de Lait de Montagne sera garant du bon fonctionnement de la démarche. les Jeunes Agriculteurs du Massif Central font appel à votre bon sens !

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