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« Nous vivons un moment charnière »

Mercredi 8 janvier, pour lancer la campagne des élections chambres, la FDSEA et les JA, qui présentent une liste commune, ont invité Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA à venir débattre avec les agriculteurs lozériens de leurs problématiques quotidiennes.

Un groupe se tient debout devant des affiches électorales syndicales
Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA, en visite en Lozère
© Marion Ghibaudo

Deux réunions étaient au programme de la journée marathon de Luc Smessaert en Lozère : une première, le matin, au Gaec des Vinoux (la Canourgue) regroupant trois associés de la famille Gal, sur une exploitation en brebis laitière pour Roquefort. L’après-midi, changement de décor : c’est le Gaec Bonnal JB à Monteil (Rieutort-de-Randon) qui l’a reçu. Les associés ont une exploitation en vaches limousines.
Retraites, crise agricole, troubles anormaux de voisinages, LOA… : les différents sujets abordés par le vice-président de la FNSEA et président de la commission fiscale et sociale du syndicat majoritaire, et par ailleurs trésorier du fonds national agricole de mutualisation sanitaire et environnemental, ont balayé un large éventail de préoccupations partagé par tous les agriculteurs. Des problématiques plus locales ont aussi été abordées. Notamment la question du manque d’aide à la filière laitière ovine. « La filière Roquefort est la moins payée, a expliqué l’un des agriculteurs présents. Il manque 40 centimes par litre de lait pour que ce soit plus rémunérateur ». Un sujet sur lequel Luc Smessaert souhaite se pencher. Christine Valentin, actuelle présidente de la chambre d’agriculture et en troisième position sur la liste commune FDSEA-JA, a aussi rappelé que c’est un dossier sur lequel « il va falloir travailler » pour obtenir des avancées notamment fiscales pour la filière ovine. La filière bovine semble, pour sa part, en passe d’obtenir la rétroactivité de cette mesure élevage promise en 2023.
« Nous sommes avant tout des chefs d’entreprise et il faut nous laisser entreprendre » a par ailleurs souligné Luc Smessaert, un mantra utilisé par la FNSEA depuis août 2024 et la présentation de leur projet de loi « Entreprendre en agriculture », à la suite de la crise agricole de début janvier. Cette loi est constituée de « mesures visant à donner une réelle ambition à l’agriculture française et ainsi redonner de la visibilité aux femmes et aux hommes qui font vivre les territoires ».

Un travail d’arrache-pied

Mais pour que la FNSEA et les fédérations départementales puissent continuer leur travail entamé depuis de nombreuses années, les élections chambre sont importantes. « Le travail n’a pas cessé à la FNSEA, même si les temps de concrétisation peuvent parfois être très longs », a détaillé le vice-président de la FNSEA. Pour l’agriculteur du département de l’Oise installé en Gaec avec son fils depuis un an et demi en polyculture-élevage, la crise agricole de 2024 et les élections sont des moments charnières pour l’agriculture française. « À la FNSEA, nous sommes allés présenter 120 mesures à Matignon après les manifestations de janvier 2024. Nous n’avons rien lâché et nous ne lâcherons rien. Nous irons chercher chaque mesure », a promis Luc Smessaert, rappelant les avancées obtenues avant la dissolution et la motion de censure qui ont jalonné 2024 et remis en question les négociations syndicales. Mais il a par ailleurs souligné que « les annonces financières (NDLR notamment l’enveloppe de 450 millions supplémentaires promis pour l’agriculture) sont aujourd’hui dans le marbre et les textes initiaux sont repris par les gouvernements successifs ». 
« Chaque voix compte »
Notant que « c’est la force du réseau » qui donne du poids aux demandes syndicales, Luc Smessaert a encouragé tous les agriculteurs à aller voter. Une demande complétée par Hervé Boudon, président des JA Lozère et tête de liste de la liste FDSEA/JA : « je voulais juste rappeler que toutes les mesures présentées sont montées des départements, après parfois des discussions compliquées, dures entre nous ». Pour ce dernier, il faut oublier « l’image pyramidale d’un syndicat » dont les ordres viendraient seulement de Paris. « Quand chacun pousse, on arrive à obtenir des choses », a pour sa part conclu Jean-François Maurin, président de la FDSEA, en seconde position sur la liste électorale.
 

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