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Nicolas Vanstraceele, le pari de la pomme de terre transformée à Créchy

À Créchy, dans le Val d’Allier, Nicolas Vanstraceele, producteur de pommes de terre et de carottes de plein champ, s’est spécialisé dans les légumes transformés sous vide, prêts à cuire, destinés principalement aux collèges et collectivités de l’Allier et du Puy-de-Dôme.

Un retour réfléchi sur l’exploitation familiale

Avant de reprendre la ferme, Nicolas Vanstraceele a travaillé pendant dix ans comme salarié chez Arrive Auvergne, à Saint-Germain-des-Fossés. 

Titulaire d’un BTS gestion et maîtrise de l’eau, il y occupait un poste polyvalent lié à l’environnement.

Peu attiré par le métier d'agriculteur : « je voyais les difficultés, le mode de vie parental. On voit peu ses parents et il y avait les difficultés physiques et financières », le déclic survient après les problèmes de santé de son père et le souhait de travailler à son compte.

En 2013, il construit deux bâtiments de volailles fermières d’Auvergne Label Rouge en intégration avec Force Centre, avant de revenir à plein temps sur l’exploitation en 2016. 

Son père cultivait auparavant fraises, framboises, endives et choux-fleurs. 

Nicolas construit deux bâtiments de volailles fermières. 

En 2017, il choisit de relancer la pomme de terre, mais avec une différence majeure : la transformation.

 

 

La transformation au cœur de l’activité

Aujourd’hui, l’exploitation couvre 120 hectares, dont sept hectares de pommes de terre et un demi-hectare de carottes

La pomme de terre représente 90 % de l’activité avec environ 300 tonnes produites chaque année. 

« Sur ces 300 tonnes, il y a 94 % qui sont transformées », précise-t-il.

Les pommes de terre sont triées et calibrées selon leur destination : frites, pommes de terre entières, cubes ou lamelles pour gratins. 

L’épluchage est réalisé grâce à des rouleaux recouverts de papier abrasif. 

« Les pommes de terre sont grattées mécaniquement », explique-t-il. 

Pour les frites, il conserve volontairement un peu de peau afin de retrouver « l’aspect des frites maison ».

L’été, les frites alimentent festivals et associations. 

Le reste de l’année, les établissements scolaires et collectivités sont l’essentiel de la clientèle.

À la demande de son client historique STB Savoir et Tradition du Bocage, il ajoute la carotte à sa production. 

« On a essayé avec quelques rangs et on a vu que c’était faisable », raconte le producteur.

 

 

Le bouche à oreille comme meilleure publicité

Grâce à la plateforme Agrilocal du Conseil départemental, Nicolas Vanstraceele fournit aujourd’hui près de 75 % des collèges de l’Allier

« La meilleure pub, c’est le bouche à oreille », estime-t-il. « Les chefs se connaissent et quand ils ont un produit satisfaisant, local et qui fait gagner du temps, ils s’en parlent. »

Son secteur de livraison s’étend de Saint-Amand-Montrond à Clermont-Ferrand. 

L’organisation repose sur deux jours de transformation et trois jours de livraison.

L’exploitation n’est pas en agriculture biologique mais cherche à limiter les intrants et les traitements grâce au choix des variétés et aux rotations culturales

« On essaie de faire le moins de passages possible », souligne-t-il.

Aujourd’hui, Nicolas Vanstraceele est le seul producteur-transformateur de pommes de terre de ce type dans l’Allier et en Auvergne. 

Un modèle local qui lui permet de sécuriser son activité tout en répondant à la demande croissante de produits prêts à cuisiner.

 

Lire aussi : Souveraineté alimentaire : La parole est à vous jusqu'au 31 mai 2026

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