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À Naussac : une retenue à demi-pleine, des inquiétudes loin d'être évaporées

Vidé au trois-quart en décembre dernier, la retenue de Naussac a fini par atteindre en début d'été le seuil de 50 % de remplissage, bien loin du niveau de l'année 2022. Une situation qui appelle à la vigilance pour les saisons futures alors que le soutien des débits de l'Allier a débuté.

Vidé au trois-quart en décembre dernier, la retenue de Naussac a fini par atteindre en début d'été le seuil de 50 % de remplissage, bien loin du niveau de l'année 2022. Une situation qui appelle à la vigilance pour les saisons futures alors que le soutien des débits de l'Allier a débuté.
Vidé au trois-quart en décembre dernier, la retenue de Naussac a fini par atteindre en début d'été le seuil de 50 % de remplissage, bien loin du niveau de l'année 2022. Une situation qui appelle à la vigilance pour les saisons futures alors que le soutien des débits de l'Allier a débuté.
© Mélodie Comte/Illustration

43 millions de mètres cubes : c'est la quantité totale d'eau qui a pu être stockée cet hiver à Naussac, la plus grande retenue d'eau de Lozère, qui soutient les besoins en eau en aval sur l'Allier et participe indirectement à ceux de la Loire. Vidée aux trois quarts de ses 190 millions de mètres cubes en décembre 2022 après un été et un automne remarquablement secs, la retenue avait atteint un niveau bas de 27 % de remplissage, un record depuis trente ans - hors années de vidange. À la faveur d'une fin de printemps relativement humide, la retenue a timidement passé le cap des 95 millions de mètres cubes stockés fin juin, juste avant que ne débute la saison des lâchers. « Nous avons débuté le 6 juillet le soutien d'étiage de l'Allier, soit un moment pas spécialement précoce, après une fin de printemps plutôt favorable » explique Benoît Rossignol, directeur de la ressource en eau à l'établissement public Loire, chargé de la gestion de la retenue. Alors, quel est le problème ? Si sur la Loire, en aval, la retenue de Villerest, près de Roanne, est toujours quasiment pleine, à Naussac le stock reste très bas, et même « le plus faible que nous ayons eu à cette date depuis quarante ans d'existence de la retenue » constate Benoît Rossignol. Rempli à 47 % ce 21 juillet, un mois après le début de l'été, le barrage était en comparaison plein à 67 % l'an dernier, à la même date.
En fait, explique Benoît Rossignol, « notre gestion est pluriannuelle, il n'est pas possible de remplir la retenue en une saison, même pluvieuse ». Le problème est mathématique : en 2022, année de crise sécheresse longue, elle s'est vidée de 95 millions de mètres cubes. Or, en une année « normale », elle ne regagne que 60 millions de mètres cubes. Certes, « il est possible d'envisager un remplissage plus important » souligne Benoît Rossignol. Mais pour cela, encore faut-il avoir de la pluie en hiver, et en début de printemps, là où la recharge est efficace, or c'est l'inverse que l'on observe depuis deux ans : l'hiver 2021-22 n'avait même apporté que 14 millions de mètres cubes, un autre record selon Benoît Rossignol : « Certains acteurs croyaient qu'on avait eu un problème technique. Mais non, il n'a juste vraiment pas plu ». Et même si la saison de remplissage qui s'est achevée fin juin a été moins calamiteuse, avec 43 millions de mètres cubes stockés, 2023 ne peut être pour l'heure qualifiée d'année pluvieuse, avec un mois de février extrêmement sec.

Incendies : une marge avant d'avoir le feu au lac


Avec la multiplication des incendies, les grandes retenues d'eau s'avèrent une ressource essentielle face au feu. Depuis des années, Naussac peut servir au ravitaillement des canadairs lorsqu'ils sont à proximité. « Un vieil arrêté autorisait bien de l'utiliser dans la limite d'une certaine cote » explique le colonel Alain Guesdon, responsable du Sdis de Lozère. Une cote pour l'heure pas encore atteinte selon le responsable des pompiers : « il reste de la marge, même si ce n'est pas aussi confortable que si Naussac était plein ». Les besoins en eau pour les pompiers ne sont pas inclus dans les obligations de fourniture pour l'établissement public Loire-Bretagne, sa gestion étant avant tout tournée vers les besoins en aval. D'où l'enjeu pour le Sdis de multiplier les options en Lozère. Le 11 juillet justement, deux canadairs ont testé la possibilité de récupérer de l'eau sur le lac de Charpal. Ce test réussi, l'autorisation pour écoper à Charpal semble en bonne voie, avec un arrêté préfectoral qui devrait intervenir dans les prochains mois.

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