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Natera : l’Assemblée Générale du pôle ruminants confirme sa résilience et ses ambitions

La coopérative Natera, qui regroupe 9 000 adhérents, a tenu ce vendredi à Brive son Assemblée Générale annuelledédiée au pôle ruminants, qui regroupe les filières ovines, bovines, ainsi que les outils d’abattage et de transformation de viande. Ce pôle, représentant 40 % du chiffre d’affaires du groupe et 20 % de sa marge, s’est confirmé comme un pilier stratégique pour la pérennité et le développement de la coopérative, héritière des structures fondatrices Unicor et Capel.

Christophe Canal, Vice-président de Natera
© UP19

Un modèle économique robuste et équilibré


En 2025, le pôle ruminants de Natera a affiché un chiffre d’affaires de 750 millions d’euros, pour un EBITDA de 17 millions d’euros. La coopérative et ses filiales interviennent principalement sur les départements de l’Aveyron, du Cantal, de la Corrèze, de l’Hérault, du Lot, de la Lozère, du Tarn et du Tarn-et-Garonne. Chaque métier (ovin, bovin, viande) a participé à parts égales au résultat, sans qu’aucun ne doive compenser les faiblesses d’un autre – une première dans l’histoire récente de la coopérative.

Florence Fortès, présidente de l’Organisation de Producteurs (OP) Ovine, a souligné : 

Malgré un contexte de baisse de production, la filière ovine a bénéficié de prix exceptionnellement élevés, notamment pour les agneaux et agnelets, avec des cours moyens autour de 7,50 €/kg, soit une hausse de 20 € par tête par rapport à 2024. »

Cependant, la campagne 2025 a aussi révélé des défis structurels : érosion des bergeries familiales, mortalité accrue en engraissement (liée à l’arrêt des aliments médicamenteux), et une consommation d’agneau en France qui reste faible (moins de 2 kg/habitant/an), cantonnée aux périodes festives.

Côté bovin, Stéphane Bourdarias, directeur de l’OP Bovine, a mis en avant une collecte stable à près de 100 000 têtes, malgré une décapitalisation continue du cheptel national

Les broutards restent le cœur de notre activité, avec une hausse de 3 % des volumes, mais la filière veau sous la mère et les jeunes bovins (JB) reculent, ce qui interroge sur la pérennité des labels et la volatilité des marchés. » 

La repousse et l’engraissement ont été particulièrement porteurs, avec des marges historiques, mais la coopérative a dû créer une caisse de péréquation pour anticiper les risques de retournement de marché.

Stratégie et gouvernance : le rôle clé du Comité d’Orientation Stratégique


Le Comité d’Orientation Stratégique (COS) a permis de poser des diagnostics précis et d’orienter les actions à moyen terme. « Ce comité est essentiel pour aborder en profondeur des enjeux que le conseil d’administration ne peut traiter dans le détail », a expliqué un administrateur. La gouvernance s’appuie également sur les OP ovins et bovins, présidées respectivement par Florence Fortès et Stéphane Bourdarias, qui fédèrent les éleveurs autour des enjeux de marché et de production

Notre force, c’est d’être au plus près des réalités du terrain et de nourrir la réflexion stratégique », a insisté Florence Fortès.

Défis et perspectives : consommation, 
export et résilience des filières


Julien Volpelier, directeur stratégique, a présenté une analyse des tendances de consommation et des impacts potentiels du Mercosur. « Le consommateur est de plus en plus sensible au prix et à la marque, moins au local ou au bien-être animal. La viande rouge (ovin, veau) recule au profit de la volaille et du porc, mais le bœuf résiste grâce à la restauration et à la valorisation du steak haché. » Pour les ovins, l’export reste un levier clé pour réguler le marché, mais la concurrence et la baisse des volumes disponibles pèsent sur les équilibres. 

Il faut continuer à exporter pour éviter les surstocks en février, mais aussi relancer la consommation en France, notamment via les labels et la grande distribution », a souligné Alexandre Blanquet, directeur commercial de l’OP Ovine.

Côté bovin, la repousse et l’engraissement ont permis de capter de la valeur, mais la filière doit anticiper les risques sanitaires (notamment pour l’export vers l’Italie) et la baisse des effectifs. « Nous avons créé une caisse de péréquation pour lisser les risques, mais il faut aussi travailler sur la préparation sanitaire des animaux et la fidélisation des engraisseurs », a précisé Stéphane Bourdarias.

Investissements et enjeux industriels


Natera porte plusieurs outils industriels, dont l’abattoir de Rodez, qui nécessite des investissements constants pour répondre aux normes de bien-être animal et de sécurité sanitaire

Porter un abattoir, c’est un choix stratégique, mais aussi un défi financier : cela nous oblige à être dynamiques, à assurer une production forte et à faire concorder la production avec les besoins de l’aval, avec un seul objectif : saturer nos outils ! », a souligné Nicolas Mouysset, président du pôle ruminants. 

La coopérative a également lancé un projet de construction d’une bergerie d’engraissement pour pallier la disparition des bergeries familiales et sécuriser la filière agneau.

Une année de résultats, mais des vigilances 
à maintenir


Christophe Canal, vice-président de Natera, a salué « une année exceptionnelle pour les prix, mais aussi pour la confiance des éleveurs »

La fusion a permis de créer un acteur majeur, mais il faut rester vigilant sur la pérennité des filières, la transmission des exploitations et la capacité à innover pour répondre aux attentes des consommateurs. » 

Les caisses de péréquation, la diversification des débouchés et l’accompagnement des jeunes agriculteurs restent des priorités pour Natera, qui mise sur la résilience collective pour affronter les défis à venir.

La coopérative poursuivra ses travaux sur la préparation sanitaire des animaux, le développement des labels et l’optimisation de ses outils industriels, tout en renforçant le dialogue avec les éleveurs et les partenaires locaux.

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