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Mobilisation agricole : "Veut-on faire de la France un seul pays de consommation ?"

Eleveur en Haute-Loire, vice-président de la FNSEA, Yannick Fialip revient sur les mobilisations agricoles en cours et invite le Gouvernement à changer de braquet et vite.

Yannick Fialip, éleveur en Haute-Loire lors d'une manifestation agricole organisée en mars 2021 à Clermont-Ferrand.
Yannick Fialip, éleveur en Haute-Loire, vice-président de la FNSEA.
© Sophie Chatenet

En quoi les manifestations agricoles de ces derniers jours sont inédites ?

Yannick Fialip : C’est la première fois que nos actions occupent les médias depuis une semaine. Il y a derrière cela, le constat enfin établi que la société n’a pas fait suffisamment attention à celles et ceux qui la nourrissent. Il y a de grandes déclarations, des intentions qui, aussi louables soient-elles, devront se traduire rapidement dans les faits. 

Justement, pourquoi, selon vous, le Premier Ministre, Gabriel Attal est passé à côté du sujet, lors de son intervention de vendredi dans l’Ariège ?

Y.F. : L’agriculture française a besoin d’un cap clair et cohérent. Le Premier Ministre n’a manifestement pas encore saisi l’enjeu. A ce stade, nous lui demandons d’apporter des réponses sur trois sujets majeurs : Sur les prix avec l’application de loi Egalim et les contrôles qui doivent être renforcés car nous voyons bien que de plus en plus d’acteurs contournent la loi. Sur la liberté d’entreprendre avec un desserrement de l’étau administratif et réglementaire dans lequel on a enfermé les agriculteurs depuis dix ans. En travaillant avec du vivant, les agriculteurs parient sur l’avenir et ne peuvent pas être sans cesse suradministrés, ce n’est pas dans l’ADN de leur métier. Enfin, sur le sujet de la fiscalité, nous attendons aussi des réponses des pouvoirs publics.

Il y a ce que peut et pourra la puissance publique, mais quid du comportement des consommateurs. Comment peuvent-ils être les alliés des agriculteurs français ?

Y.F. : Il est certain que la politique du toujours moins cher détruit de la valeur, et la capacité de la production française. La question de fond que nos gouvernants doivent se poser est très simple : souhaitent-ils faire de la France un seul pays de consommation ou un pays de consommation mais aussi de production. Reste à s’en donner les moyens.

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