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À Maurs, le foirail le plus contrôlé de tout le Cantal

Pour 412 animaux amenés à la foire aux chevaux de Maurs, ce 24 octobre, quatre vétérinaires étaient désignés, aux côtés de trois agents de l’Institut français du cheval et de quatre de la DSV.

Roger Condamine (à gauche), président du Comité des foires chevalines de Maurs, aux côtés du vétérinaire Jean-Yves Gauchot.
© R. S.-A.

“Manger de la viande de cheval n’est pas un pêché ; s’en abstenir n’est pas une vertu.” Jean-Yves Gauchot, vétérinaire libéral, président de la Fédération des syndicats vétérinaires de France (FSVF) et ancien président de l’Association vétérinaire équine française (Avef), s’inspire d’une formule de l’essayiste Raphaël Enthoven pour commenter un fait de société qui n’a rien d’anodin. Emmener des équidés à l’abattoir est inconcevable pour une partie de la population et des associations de défense de la cause animale. Mais plutôt que de cohabiter avec un autre point de vue, la Fondation Brigitte-Bardot a exercé une pression qui pénalise assez lourdement les foires aux chevaux de Maurs(1). Le président du comité organisateur s’en agace.     

“On fait des doublons partout”

“On nous oblige à un vétérinaire tous les 100 animaux. Ce qui aura forcément un impact financier. Pour la foire de ce jeudi, nous avons fait appel à quatre vétérinaires libéraux venus de Saint-Mamet, de Mauriac, de Latronquière et de Dordogne pour contrôler 412 animaux. Il n’y a qu’à Maurs que l’on voit ça, tout le monde n’est pas soumis aux même règles !”, peste Roger Condamine. “Et, en plus, trois agents de l’IFCE (NDLR : Institut français du cheval et de l’équitation) contrôlent aussi les mêmes puces et carnets. Il y a des doublons partout...” Et comme si cela ne suffisait pas,  Roger Condamine constate que quatre agents de la DSV les ont rejoints, “en observateurs”. 
“On fait tout pour nous démolir”, souffle le président, irrité. Pourtant, les foires chevalines de Maurs, plus que cinquantenaires(2), tiennent un rôle essentiel que le docteur Gauchot tient à rappeler : “Ce sont des événements qu’il faut continuer de faire vivre, pour l’animation des territoires et surtout pour la filière équine.” 
Et ces finalités peuvent être faites dans le respect de l’animal. Au sens large, avec la cohabitation de deux univers - pas forcément évidente à gérer, mais qui en fait aussi un des attraits des rendez-vous maursois - entre éleveurs professionnels de chevaux lourds et éleveurs amateurs de chevaux de selle.  

Bien-être animal

Jean-Yves Gauchot, qui est, entre autres, vice-président de la Ligue française de protection du cheval (LFP 
cheval), président national du Réseau de surveillance en pathologie équine (Respe), ne peut être soupçonné de ne pas être attentif au bien-être animal. Or, il défend l’idée qu’une bête amenée à l’abattoir n’a pas forcément un plus mauvais sort que “celle qui finit en déshérence dans un pré, par ignorance”. “Il y a, à ce sujet, beaucoup d’hypocrisie. On ne peut pas, d’un trait, décréter qu’on ne peut pas amener un cheval à la boucherie. C’est une hérésie, une malhonnêteté intellectuelle. En tout cas nous, vétérinaires, veillons au respect du bien-être animal et de la bien-traitance. Aujourd’hui, ça se passe bien, les acteurs montent en compétence.” Même s’il convient que certains ont encore de petits efforts à fournir, en faisant la comparaison avec un automobiliste flashé à 86 km/h sur un radar calé à 80. “À qui cela n’est pas arrivé ? Ça n’empêche pas de viser l’excellence. Mais aujourd’hui, sur le foirail de Maurs, les quatre vétérinaires viennent prendre acte, sous leur responsabilité, les aspects organisation, sanitaire et bien-être animal. J’ai fait le tour de la foire, on est très bien.” Sur la traçabilité, le docteur Gauchot confie combien la mission est compliquée sur un rassemblement comme celui-ci. “C’est beaucoup de temps passé, à raison d’au moins cinq minutes pleines par animal.” De quoi peut-être questionner sur une admission sur le foirail encore plus matinale. “Peut-être dès 4 h 30”, suggère Roger Condamine. Sur le volet sanitaire, le vétérinaire souhaiterait davantage de vaccination grippe. Il ne veut pas entendre l’argument “il part à la boucherie, ça ne sert à rien de le vacciner”. Il rappelle, en effet, qu’un vaccin sert aussi et surtout à la non-propagation du virus, aux autres. 
“C’est vrai qu’on en demande toujours. Mais c’est le cas pour n’importe quel citoyen.” Et de reprendre une nouvelle métaphore automobilistique : “Quand on était jeune, on ne mettait pas la ceinture. Aujourd’hui, on ne pose plus la question.”  

(1) Cette association milite contre l’hippolophagie et en faveur du bien-être animal.
(2) Née en 1970, à l’initiative de Jean Delmas. 

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