Matignon face à la vérité du terrain : l’élevage ou le loup !
Il n’aura suffi que de 24 heures – et surtout de l’annonce de notre « battue syndicale » – pour que Paris se décide enfin à écouter la détresse du monde rural. Preuve que lorsque la FDSEA et les JA haussent le ton, l’État est contraint de réagir.
Il n’aura suffi que de 24 heures – et surtout de l’annonce de notre « battue syndicale » – pour que Paris se décide enfin à écouter la détresse du monde rural. Preuve que lorsque la FDSEA et les JA haussent le ton, l’État est contraint de réagir.
Ce vendredi 3 octobre, une délégation de la FDSEA et des JA de la Corrèze, accompagnée de Hélène Rome, vice-présidente du Conseil départemental, a été reçue en urgence à Matignon par Michel Stoumboff, conseiller agricole du Premier ministre. À ses côtés : le Préfet Celet, référent national du plan loup, le Préfet de la Corrèze, ainsi que des représentants des cabinets de la Ministre de l’Agriculture, du Premier ministre et du Ministère de la Transition écologique.
La réalité du terrain : un bilan accablant
Les responsables syndicaux ont dressé un constat sans appel : en Corrèze, la prédation explose.
En 2025, ce sont déjà 45 constats de dommages imputés au loup, avec 208 ovins et 6 bovins tués ou blessés quand on recensait 153 animaux prédatés en 2024 !
Malgré la mise en place massive de moyens de protection – clôtures électrifiées, plus de 90 chiens de protection déployés, surveillance accrue des troupeaux – les attaques continuent, presque quotidiennement. Preuve irréfutable que les « solutions » proposées jusqu’ici ne fonctionnent pas et ne protègent ni les brebis ni les veaux.
Au-delà des chiffres, les témoignages poignants de Justin Hayma et de Marie-France Forest ont marqué les esprits. Leur vécu, leur colère et leur détresse ont permis de faire comprendre, de façon concrète, la gravité de la situation dramatique que vivent les éleveurs du plateau de Millevaches.
Des revendications claires et incontournables
Face à une situation devenue intenable, la FDSEA et les JA de la Corrèze ont posé des exigences précises, sans lesquelles aucune amélioration n’est possible :
‐ Un relèvement significatif du taux de prélèvement, aujourd’hui figé à 19 %, un chiffre totalement déconnecté de la réalité du terrain.
‐ Une révision des critères d’évaluation, afin que la pression réelle de prédation vécue par les éleveurs soit enfin reconnue.
‐ La mise en place immédiate de tirs de prélèvement sur le plateau, seule solution réellement efficace pour enrayer l’explosion des attaques.
‐ Le déploiement systématique de la louveterie à chaque signalement.
‐ La possibilité pour les éleveurs de disposer des mêmes équipements de tir que les lieutenants de louveterie (et notamment les lunettes de tir à visée thermique).
‐ La reconnaissance des risques économiques et humains : derrière les chiffres froids, il y a des vies, des familles et des exploitations en péril. Les responsables syndicaux ont rappelé un fait incontournable : le seuil de viabilité démographique du loup a été fixé par l’État lui-même à 500 individus. Or, la population dépasse aujourd’hui les 1 000 loups.
Comme l’a martelé Marie-France Forest, Secrétaire générale de la FDSEA :
Il faut une régulation immédiate et efficace pour ramener la population à ce seuil. Les individus excédentaires doivent être prélevés. »
Enfin, la FDSEA et les JA ont fermement dénoncé les intrusions répétées de militants pro-loups sur les exploitations
– installation sauvage de caméras, survols de drones, dispositifs répulsifs
– qui constituent des atteintes graves au droit de propriété.
Ils exigent que l’État mette un terme immédiat à ces pratiques et engage des sanctions exemplaires contre leurs auteurs. Quelques avancées, mais très insuffisantes Sous la pression syndicale, le Groupe national Loup a acté une évolution : possibilité de tir de défense simple sur simple déclaration, sans autorisation préalable.
La FDSEA et les JA s’en félicitent, mais exigent des précisions et une application rapide.
D’autres pistes ont été évoquées comme la fin de la distinction entre bovins et ovins, la vigilance renforcée dans les zones de colonisation, et surtout, grâce au combat acharné mené par la FDSEA et les JA de la Corrèze, la création d’un indicateur de vulnérabilité pour reconnaître les territoires où les moyens de protection sont inadaptés – à commencer par le Plateau de Millevaches.
Mais pour les responsables syndicaux, ces mesures restent très loin du compte. Comme l’a résumé Emmanuel Lissajoux, président de la FDSEA de la Corrèze :
Ces annonces montrent que la mobilisation paie. Mais elles restent très en deçà des besoins du terrain. Nos éleveurs ne peuvent plus attendre : il faut des actes forts, et maintenant. »
Pas de promesses : des actes !
Le message porté par la FDSEA et les JA 19 ne souffre d’aucune ambiguïté : il y a urgence, la survie du pastoralisme est en jeu.
Nos éleveurs ne peuvent plus se contenter d’annonces creuses ou de demi-mesures », martèle Daniel Couderc, vice-président de la FDSEA. « Nous exigeons désormais des actes concrets, des mesures fortes et des résultats visibles. »
La détermination reste intacte : la FDSEA et les JA de la Corrèze poursuivront la mobilisation tant que des avancées réelles n’auront pas été obtenues pour les éleveurs.
C’est le loup ou l’élevage »,
avertit Justin Hayma, représentant des JA 19. Avant de rappeler la parole présidentielle :
Le Président de la République doit enfin appliquer ses propres engagements pris à Roquefort-sur-Soulzon : empêcher l’implantation du loup dans les zones de pastoralisme et augmenter les prélèvements. »