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Mathieu Lescure et Maxime Petitjean, le Stade comme terre d’entraînement

Figures marquantes du Stade aurillacois ces dernières années, Mathieu Lescure et Maxime Petitjean sont passés de joueurs à entraîneurs. Retour sur ce parcours d’ovalie.

Mathieu Lescure et Maxime Petitjean, juste avant le match face à Béziers.
Mathieu Lescure et Maxime Petitjean, juste avant le match face à Béziers.
© J.-M. A.

À eux deux, ils cumulent près de 600 matches en Pro D2 et 27 ans de carrière en rouge et bleu. Mathieu Lescure (290 matches, 15 ans) et Maxime Petitjean (plus de 300 matches, 12 ans(1)) ont peut-être raccroché les crampons en 2018, mais les ont troqués contre un sifflet et un chrono. Par vocation ou bien par manque d’ovalie, ils sont passés de l’autre côté de la barrière. Portrait croisé de deux hommes qui disent merci au rugby et au Stade aurillacois.

C’était écrit par avance que vous deviendriez entraîneur ?
Maxime Petitjean : "Pour ma part, c’était réfléchi depuis longtemps. Cela m’a toujours intéressé de devenir entraîneur. J’ai eu la chance sur mes dernières années de joueur que Thierry (Peuchlestrade, NDLR) me laisse animer des séances. J’ai passé mes diplômes sur mes deux dernières saisons de joueur."
Mathieu Lescure : "Alors moi, pas du tout ! C’est vraiment la frustration de ma dernière année, où j’ai été blessé et j’ai eu du mal à l’accepter. Pour compenser cela, j’ai passé mon DE(2) car le terrain me manquait et je suis parti avec les U14 du Stade. Ce sentiment de ne pas avoir terminé ma carrière de joueur comme j’aurai voulu m’a amené beaucoup plus vite que je le pensais à l’entraînement."
Quels enseignements vous tirez sur ces deux années et demi en Pro D2 ?
M. L. : "Qu’il n’y a aucune vérité en rugby. C’est une éternelle remise en question. La vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain. On a vécu des moments plutôt difficiles avec des changements de staff. Moi surtout, avec cette querelle avec André (Bester, NDLR), en étant au milieu et une session pas facile à gérer entre le boulot, le côté humain... Si je dois retenir quelque chose, c’est le travail. Je pense qu’on se retrouve avec Max là-dessus : on n’est peut-être pas bons, mais on est des travailleurs, des bosseurs."
M. P. : "C’est tout à fait ça ! Un début de carrière assez compliqué car un problème de staff sur les années Bester. Cela n’a pas été évident de se retrouver au milieu de ça. Je me suis rendu compte, en passant de l’autre côté de la barrière, de choses dont on n’a pas conscience quand on est joueur : de tout le travail qu’il y a, les préparations d’entraînements, les séances vidéo... c’est énormément de boulot, mais je prends beaucoup de plaisir dans ce que je fais, même si cela prend du temps. On souhaite juste que le travail que l’on fournit se voit plus sur le terrain."

Quand on bascule de l’autre côté, a-t-on assez de recul vis-à-vis des anciens partenaires ?
M. L. : "Facile ? Non. Les premières semaines sont un peu bizarres. Après, on essaye d’être le plus objectif possible. Pour ma part, cela ne me dérange pas du tout de ne pas faire jouer un copain. Ce qui reste le plus important à mes yeux : c’est l’institution. Elle, elle reste tout le temps. On travaille pour le club et ce qu’il représente et on essaye de mettre l’équipe la plus compétitive, à notre sens, tous les week-ends. Le relationnel et le personnel ne prendront jamais le pas sur l’institution et l’équipe."
M. P. : "C’est notre troisième saison comme entraîneurs, donc on a plus de recul. J’avoue qu’au début, cela n’a pas été évident. Deux mois avant, tu évolues avec eux et puis derrière, tu fais partie du staff. Non ce n’est pas facile. Après, j’ai eu la chance, on a eu la chance, de tomber sur pas mal de mecs intelligents dans l’équipe et qui ont su faire la part des choses. Quand les choses ne vont pas sur le terrain, il faut les dire. On a tout de même gardé de bons rapports avec plusieurs des joueurs. Après, au bout de deux ans et demi, quand les compositions sortent, il n’y a pas d’état d’âme à avoir. Notre objectif, c’est d’aligner la meilleure équipe pour le club et pour gagner le week-end."
Le Stade vous a aidé à passer vos diplômes ?
M. L. : "Je n’ai pas eu le même ressenti sur les deux phases. Au départ, c’est plus une démarche perso en rapport avec ma fin de carrière. Le club n’attendait rien de moi, ne m’a jamais fait comprendre qu’il voulait que j’entraîne ou quoi que ce soit. Une fois mon DE obtenu, j’ai entraîné les U 14, j’étais intervenu sur le centre de formation... De fil en aiguille, c’est là que le club m’a proposé d’intégrer le staff de l’équipe première. Pour le DES(2), là oui, clairement, le club m’a aidé. Il y avait un besoin au sein de la structure, besoin d’un DES de plus pour la structure professionnelle. Là, c’est une vraie démarche club. Ce n’était pas le cas la première fois."
M. P. : "Pour moi, tout le monde savait que je voulais entraîner. Le club m’a donné cette chance dès la fin de ma carrière en me proposant tout de suite de rentrer dans le staff avec Thierry (Peuchlestrade, NDLR), pour apprendre le métier."
L’avenir pour vous, c’est quoi ?
M. P. : "Mon but, c’est d’évoluer le plus possible. Pas d’être manager car c’est trop tôt pour moi et je n’en ai pas les compétences et les formations, contrairement à ce qu’est en train de passer Mathieu. Mon but, c’est d’intégrer une grosse structure, devenir entraîneur principal des trois-quarts ou autre. C’est comme une carrière de joueur : essayer d’aller le plus haut possible. Je suis quelqu’un de très ambitieux et je ne m’en suis jamais caché. On verra donc par la suite."
M. L. : "Moi, j’ai une forte attache identitaire au club, au département. Je n’ai pas envie de bouger. Mon avenir dans l’entraînement sera à Aurillac... ou pas. On ne sait jamais de quoi demain est fait ! Ce que je sais, c’est que cet instant, mon avenir est à Aurillac avec les pros ou pas, cela peut être une place d’analyste, j’en sais rien. Là où il y aura de la place. Ce que je sais, c’est que je veux rendre service à mon club et apporter ma modeste contribution pour maintenir Aurillac au plus haut niveau."
Être pluriactif ne pose pas de problème ?
M. L. : "Le boulot, c’est primordial. Entraîneur est un métier trop fragile selon moi. Travailler à côté, c’est un vrai équilibre. Quand ça m’arrive d’en avoir marre du rugby et bien j’ai le boulot (il est conseiller chez un mutualiste, NDLR) et inversement. C’est d’ailleurs un message que j’essaye de porter au niveau des jeunes du centre de formation. On leur demande aujourd’hui d’avoir un double projet. Je pense que l’on ne va pas encore assez loin. Oui quand on a 20 ans on rêve d’être rugbyman pro, mais il y en a beaucoup pour qui ça s’arrête très vite. Alors c’est bien d’avoir quelque chose derrière."
M. P. : "Moi, je suis à fond rugby et je vais continuer à me former dans ce sens. Je sais que je dois beaucoup à Aurillac, mais s’il faut bouger, je bougerai."
Un modèle d’entraîneur ?
M. P. : "Je ne le connais pas personnellement, mais je pense que Christophe Urios (Union Bordeaux-Bègles, NDLR) fait du très bon boulot comme manager. Ceci étant, je n’ai pas spécialement envie de copier quelqu’un. J’ai envie d’amener mes trucs à moi."
M. L. : "Je n’ai pas réellement de vrai modèle car le rugby se complexifie dans son fonctionnement avec des managers, des directeurs sportifs, des coaches spécifiques... On a du mal à savoir de qui on parle. J’ai eu des entraîneurs. J’ai essayé de me construire par rapport à cela. Aujourd’hui, si on doit parler de management pur et dur, j’ai un très bon ami qui s’appelle Sébastien Piqueronies (double champion du monde avec les U20) et qui est très fort dans ce qu’il fait."

(1) En deux temps, de 2001 à 2005 puis de 2010 à 2018.
(2) DEJEPS : diplôme d’État de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport. DESJEPS : diplôme supérieur d’État de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport.

 

leg : Mathieu Lescure et Maxime Petitjean, juste avant le match face à Béziers.

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