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Marché de jeunes génisses attend producteurs

Les Éleveurs du pays vert et le groupe Casino veulent développer une filière de génisses croisées légères.

Bruno Serieys (debout) et Martial Benoît d’Estivaud ont mis en avant les atouts pour l’éleveur.
Bruno Serieys (debout) et Martial Benoît d’Estivaud ont mis en avant les atouts pour l’éleveur.
© P.Olivieri
C’est presque une commande servie sur un plateau qui attend les adhérents des Éleveurs du pays vert (EPV, groupe Altitude) : “Aujourd’hui on fournit une dizaine de génisses par semaine, mais si demain on en sort 30 voire 40, ça ne sera pas un souci pour Casino. On peut y aller à condition que ça soit régulier”. Un appel clair formulé par Félix Puéchal, directeur de l’outil d’abattage Covial, vendredi dernier lors d’une réunion d’information organisée par le groupement chez Bruno Serieys - à Lasbros de Labesserette - un des éleveurs engagé dans cette production. Car le temps presse : la filière de génisses croisées légères lancée en 2011 a fait ses preuves tant du côté des consommateurs qui apprécient cette viande tendre et persillée que des magasins du groupe Casino dont cinq commercialisent ce produit également adapté en termes de taille de muscles au format des barquettes actuelles. Un produit destiné à remplacer la viande de JB (jeune bovin) voire de vache, des animaux qui font cruellement défaut aujourd’hui sur le marché hexagonal et au-delà. Justement, 80 % des rayons boucherie du groupe de distribution sont alimentés en JB, en viande de laitières ou de charolaises, les 20 % restant en VDQS essentiellement du racial, comme l’a précisé Félix Puéchal.

L’avantage des croisées

Et pour le coup les jeunes génisses charolaises croisées salers ont montré leurs avantages concurrentiels : la demande étant à la fois d’obtenir des petits morceaux tendres et, parallèlement, des avants valorisables en steak haché. Un cahier des charges que ne pouvait honorer la charolaise : abattue vers 15 mois, ses avants donnent des steaks hachés... blancs. Les jeunes génisses concernées sont conduites jusqu’à 15, 16 voire 18 mois à 300 kg (+/- 20 kg mais pas plus), classées R, si possible en lot de cinq. Rien à voir donc avec les génisses “U” type italien, ni avec une génisse type EPV ou Boeuf du Cantal. Et en aucun cas avec des petites génisses un peu à la traîne. “Ce sont des génisses intermédiaires mais qui disposent d’un haut niveau génétique pour pouvoir pousser”, a souligné le directeur de Covial. Reste donc à attirer de nouveaux éleveurs pour une production jugée relativement facile par Bernard Lafon de Bovins croissance, à condition de respecter les règles standard de l’engraissement.

Garantie sur les volumes et les prix

Sachant que EPV et Casino ont contractualisé notamment sur le volet planification des apports et garanties de prix : un prix entrée abattoir qui tient compte des coûts de production (indice aliments) et du prix moyen des génisses du groupement sur les six derniers mois. Un dispositif permet par ailleurs de tamponner à la hausse ou à la baisse le décalage avec le prix du marché national défini pour une génisse R . Ainsi si le prix sortie abattoir est de 3,60 €, celui du marché de 3,7 €, le prix Casino sera de 3,65 €. Au 23 mars, le prix de reprise garanti était de 3,58 €/kg carcasse. “On est ouvert à toute proposition, on peut vous vendre les animaux, faire des ventes à terme, des mises en pensions...”, a également indiqué Félix Puéchal visiblement impatient de convaincre de nouvelles recrues pour honorer ce débouché. D’autant que dans 15 jours, le responsable achats de Casino viendra de nouveau dans le Cantal pour “valider définitivement notre capacité à faire”, a annoncé Martial Benoit d’Estivaud (EPV).

 

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

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