L’usage du numérique en élevage ovin
L’évolution toujours plus rapide des technologies numériques a conduit l’Idele à la réalisation d’une étude sur son usage en élevage ovin. Au-delà du constat, l’institut a mis en lumière plusieurs équipements et évalué les perspectives durant un webinaire.
L’évolution toujours plus rapide des technologies numériques a conduit l’Idele à la réalisation d’une étude sur son usage en élevage ovin. Au-delà du constat, l’institut a mis en lumière plusieurs équipements et évalué les perspectives durant un webinaire.
Un vaste champ de technologies
Objets connectés, intelligence artificielle, capteurs, big data, biotechnologies, le numérique rassemble des outils et services très diversifiés. Tellement diversifiés qu’aujourd’hui, une grande partie du monde agricole est équipée d’au moins un outil. C’est le cas de 94 % des éleveurs ovins lait, les plus équipés, et de 82 % des éleveurs ovins viande selon une étude menée par l’Idele en 2023 dans le cadre du projet Sm@rtElevage. « Le numérique est devenu omniprésent dans notre quotidien et nous a semblé intéressant de faire un état des lieux sur la question et de donner des exemples d’utilisation », a rappelé Brigitte Singla, présidente du Comité de filières ovin à l’Idele en ouverture du webinaire. Parmi les équipements les plus fréquents chez les éleveurs ovins, on retrouve les automatismes : porte de tri, distributeur d’aliments,… À l’opposé, les capteurs embarqués sont encore peu répandus. Les éleveurs projettent aussi de s’équiper notamment en colliers GPS pour 23 % d’entre eux et en drones pour 30,6 %.
Les questions à se poser
Pas facile pour les éleveurs qui souhaitent s’équiper de s’y retrouver dans une offre pléthorique. Pour les y aider, l’Idele conseille de suivre plusieurs étapes. En premier lieu, la solution numérique est-elle la seule possible et la mieux adaptée à la situation ? L’éleveur doit aussi prendre en compte les ressources de son exploitation (bâtiments, place, énergie), de son environnement (qualité du réseau) et les impacts attendus (charge de travail, coût…). Tout cela devra permettre d’établir des critères de choix du matériel. À titre d’exemple, 5 technologies testées en zones pastorales ont été présentées : GPS, dispositif de surveillance des clôtures, abreuvoir connecté, caméra de surveillance au pâturage et pistolet drogueur connecté. L’ensemble des équipements s’est révélé fonctionnel et utilisable en zones pastorales mais avec certaines contraintes liées notamment à la couverture réseau et à l’alimentation en énergie. L’Idele a également fait un focus sur l’utilisation du drone avec une question de départ : qu’est ce qui peut être vérifié par un « œil volant » sur une journée ? Une semaine ? Si toutes les visites sur site ne peuvent être remplacées par un survol de drone, plusieurs tâches peuvent toutefois lui être affectées. Les essais menés sur la ferme expérimentale Ferm’Inov de Jalogny (71) ont permis de calculer un gain de temps de travail de 12 % en automne et de 31 % au printemps. L’éleveur peut ainsi économiser environ sept jours de travail pendant la saison de pâturage et qui représente une économie annuelle de 1 633 €. Un calculateur sera bientôt disponible pour que les éleveurs puissent simuler leur propre utilisation.
Quelles perspectives pour demain ?
De nombreuses technologies sont aussi en cours de développement. Parmi elles, on peut citer la RFID ultra haute fréquence qui permet la lecture de plusieurs boucles électroniques à la fois avec des distances de lecture adaptables, ce qui facilite le comptage à l’extérieur. L’imagerie infrarouge pour la détection précoce des lésions podales est également en cours de test, de même que l’intelligence artificielle pour la détection des agnelages.