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« L’organisation territoriale décentralisée de la MSA est un atout »

Interview Philippe Panel, président de la MSA Auvergne

Philippe Panel
Philippe Panel
© AA

Le 26 mai dernier, la Cour des comptes a publié un rapport sévère sur les « performances » de gestion de la MSA. Que pensez-vous de ce réquisitoire ?

Il est sévère ! La Cour des comptes porte sur la Mutualité Sociale Agricole un regard principalement comptable. Sa représentation de la protection sociale fondée sur la rationalité économique et en cela diamétralement opposée à celle de la MSA. En effet, nous avons dans le domaine de la protection sociale MSA une singularité dans la gestion, le fonctionnement et la gouvernance. La pluralité des nos activités fait que nous avons un système incomparable, symbolisé par le principe de guichet unique dont la Cour des comptes fait une analyse purement comptable. Elle oublie que nous gérons l’ensemble de la protection dans le milieu rural, avec des charges différentes liées aux contraintes territoriales. A titre d’exemple, un médecin du travail, une assistante sociale sont obligés de se déplacer régulièrement et sur de longues distances, dans des secteurs en pénurie de services ; et cela a forcément un surcoût que nous veillons bien sûr à maîtriser, tout en maintenant les services. La MSA n’est pas figée, elle est en constante évolution pour remplir avec efficacité ses missions au meilleur coût et répondre aux besoins de ses ressortissants.

 

Que pensez-vous de cette idée récurrente de vouloir regrouper la MSA avec le régime général ?

Notre réseau de 35 caisses régionales réparties sur l’ensemble du territoire facilite la proximité dont a cruellement besoin de milieu rural. Je rappelle que le rôle clef de la MSA se situe dans l’accompagnement social des populations rurales : insertion professionnelle, aide au départ en vacances, résidences pour seniors autonomes - MARPA - lutte contre le suicide d’agriculteurs….

Par ailleurs, avec près de 600 collaborateurs et plus de 700 salariés dans l’activité offre de services, la MSA Auvergne participe activement à la dynamique de l’emploi et à l’économie du tissue rural. D’ailleurs, les élus des collectivités locales et territoriales ne s’y trompent pas ! Nos services travaillent étroitement avec eux et ils savent combien cela contribue à l’aménagement des territoires. L’organisation territoriale décentralisée de la MSA est donc un atout que nous défendons avec vigueur notamment dans le cadre du plan stratégique « MSA 2025 » par lequel nous avons entrepris des efforts de gestion. Note intention n’est pas de rejoindre le régime général. Bien au contraire, il nous faut préserver cette gouvernance professionnelle créée par et pour les agriculteurs, et guidée par l’anticipation et l’altruisme. Les valeurs de mutualisme et de coopération qui fondent la MSA ne doivent pas être réduites à une pensée financière.

 

Sur quels points travaille la MSA pour renforcer son ancrage territorial et professionnel ?

Nous travaillons sur l’élargissement de la filiation à la MSA aux filiales agricoles de 5ème degré. Prenons l’exemple de Jacquet, société développée par Limagrain et donc par une gouvernance d’agriculteurs. Elle est aujourd’hui considérée comme une filiale de 5ème degré ; c’est-à-dire qu’elle ne dépend plus du régime agricole mais du général. Nous réclamons donc que ce type de structure créé par et pour les agriculteurs soit du ressort de la Mutualité Sociale Agricole.

Enfin, la MSA ne se contente pas d’être un gestionnaire et distributeur d’allocations, elle va au-delà ! Par sa relation avec les assurés et par sa présence dans le monde rural elle propose une offre de services intégrée à l’économie sociale et solidaire : maintien à domicile, aide à la personne, aide aux handicapés, aux chômeurs, mobilité, réinsertion, protection de l’enfance… sont autant de domaines dans lesquels nous agissons avec différents partenaires. Nous sommes sur le terrain, nous connaissons les gens, sommes à leur écoute, exprimons leurs attentes et agissons. Ce sont là les fondements de la MSA.

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