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L’inventivité au service du collectif

L’assemblée plénière de Centraliment, Volcalis et Éleveurs du pays vert a servi de cadre à une table ronde sur les organisations professionnelles collectives originales.

© RSA

Moins d’exploitations, plus de surfaces, moins de main d’œuvre et toujours plus de volumes de production, tant pour le lait que chez les éleveurs de bovins viande...Pour faire face à ce surcroît de travail, outre des investissements pour moderniser les structures, souvent une organisation collective s’impose.Surtout si on veut faire de son exploitation une entreprise transmissible, viable et vivable.Un sujet qui a inspiré les coopératives du groupe Altitude(1) qui, à l’occasion de leur assemblée générale, jeudi 21 mars, ont organisé une table ronde sur le thème de l’organisation collective.

Assolement commun, Gaec entre tiers...

“Le Gaec est déjà en lui-même une forme d’organisation collective qui a besoin d’autres structures également basées sur le collectif : Cuma, coopératives, etc.”, remarquait l’animateur de ce débat, Christian Jouvente.“Chez nous, dans les Hautes-Pyrénées, les éleveurs sont nés dans la culture des Cuma, en place dès les années 50, et ont très peu de matériel individuel”, précisait Thierry Ségouffin, producteur de lait à Guizerix (65). A contrario, il révèle que dans sa région, les Gaec se sont peu développés: “Après des échecs dans les années 70 et 80, la forme sociétaire a eu très mauvaise presse et depuis, peu de constitution de Gaec…” Ce qui n’empêche pas de pousser très loin l’idée du collectif. Chez Thierry Ségouffin, on assole en commun le foncier, proportionnel à la surface de chacun (350ha à cinq), mais aussi les engrais et tous les intrants. “Au moment de la récolte, on calcule une moyenne de rendements de toute la surface : pour le maïs comme pour le blé, chacun aura le revenu moyen à l’hectare, multiplié par la surface amenée(2)”, révèle l’agriculteur pyrénéen.Jamais en manque d’idées, il songe à créer une société pour la méthanisation.Des premiers contacts sont pris avec une collectivité qui s’y intéresse de près pour constituer un réseau chaleur qui profiterait à une maison de retraite.

... méthanisation, regroupements laitiers

Didier Champset, éleveur allaitant corrézien, vit une toute autre expérience: celle de sociétaires qui se succèdent au sein d’une structure pérenne. “Notre Gaec entre tiers est né de l’entente de deux voisins en 1969; j’ai pris les parts de l’un d’eux qui partait en retraite en 1991.Puis en 2003, l’autre associé a fait valoir à son tour ses droits à la retraite vendant ses parts à un tiers.C’est à dire que deux personnes qui ne se connaissaient pas travaillent aujourd’hui ensemble.” “Comme n’importe quel autre Gaec, on partage ici, les tâches, les investissements et...des revenus, bien sûr”, précise Didier Champset. Dans le Cantal, c’est encore une autre pratique originale qui est rappelée par Roger Grimal de Quézac (canton de Maurs): “Avec un voisin, nous avons choisi le regroupement d’ateliers laitiers”, explique-t-il. “Nous sommes deux exploitants individuels, mais qui profitons en commun d’un bâtiment pour les génisses, d’une stabulation pour les vaches et d’une seule salle de traite performante; mais toujours deux troupeaux et donc deux tanks à lait.Sur le plan de l’organisation du travail, un assure la traite du matin, l’autre celle du soir”.Une solution que le principal intéressé qualifie de “peu contraignante, et qui permet de passer un cap”. Clément Raymond de Ladinhac (canton de Montsalvy) estime carrément “être là grâce au collectif”.Il a intégré un Gaec entre tiers et l’exploitation fonctionne aussi beaucoup grâce à une Cuma. “Sans cela, serions-nous quatre associés?”, se demande-t-il en relevant que le Gaec n’a finalement que peu de matériel.Depuis son installation, il a vu arriver une désileuse automotrice qui apporte une nouvelle dynamique et un autre confort de vie. “Pour y parvenir, il n’y a qu’une condition: ne pas rester chez soi pour s’ouvrir à des idées nouvelles.” Julien Fau, d’Ytrac (canton d’Aurillac2), évoque une idée neuve au sein de sa Cuma qui regroupe 15 adhérents pour un cheptel de 1300vaches: embaucher pour se sentir moins redevable les uns des autres.Encore une réflexion qui suit son chemin...

 

(1) Le groupe Altitude tiendra son assemblée générale le 19 avril à 10 heures à Arpajon-sur-Cère. (2) Le principe est inspiré de celui créé depuis 1992 dans l’Oise, où un groupe de céréaliers a un assolement commun de quelques 1 500ha...

 

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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