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Limoges célèbre les Arts décoratifs

Il y a tout juste cent ans, l’exposition internationale des arts décoratifs, industriels et modernes de Paris marquait le début de la période Art déco. Pour célébrer ce centenaire, la ville de Limoges propose une exposition jusqu'au 9 mars 2026. « Faire moderne » ! 1925, Limoges Art déco, rend hommage à la participation de la capitale des arts du feu à l’exposition de 1925 et aux Arts décoratifs.

De l’Art nouveau à l’Art déco

En 1900, le succès de l’exposition universelle de Paris et ses millions de visiteurs donne assez vite l’idée d’une nouvelle exposition consacrée aux Arts décoratifs. Décalée pour cause de première guerre mondiale, elle aura finalement lieu en 1925. Elle sera consacrée, non pas aux Beaux-Arts, mais bien aux Arts décoratifs et industriels. Elle rassemblera à Paris vingt pays sur 23 hectares, du Grand Palais au pont Alexandre III, en passant par l’esplanade des Invalides. Elle s’étend à tous les arts décoratifs appliqués à l’architecture, au mobilier, au jardin, … La 7e région économique française d’alors, regroupant le Limousin, les Charentes, la Dordogne et l’Angoumois, y participe au sein du Pavillon dit « de Limoges ». Un bâtiment de 150 m², au milieu d’un jardin de même taille, rassemble les créations de la région en matière de porcelaine, d’émaux et de tapisserie notamment. Le mot d’ordre de l’époque est le suivant : « Faire moderne » et donc rompre avec l’esthétisme d’alors. Si la notion de modernité diffère selon les arts et les créateurs, des grandes lignes se dégagent cependant. Exit les courbes, le style figuratif avec ces fleurs et ses femmes nues, bienvenue aux couleurs vives et aux décors stylisés. Avec l’exposition de 2025 naît aussi une idée de l’élégance et du raffinement à la française, idée qui s’exportera à l’international.

Limoges, capitale de la modernité dans les années folles

C’est à une reconstitution du pavillon « de Limoges » que la ville s’est livrée dans son exposition, « Faire moderne ! » ! 1925, Limoges Art déco. Le Musée des Beaux-Arts de Limoges mais aussi la Galerie des Hospices, ou encore le pavillon du Verdurier, bâtiment Art déco emblématique de Limoges, ont accueilli près de 400 œuvres issues de collections privées et publiques rassemblées pour l’occasion. Porcelaine, émail, vitrail, tapisserie, ganterie, reliure et mobilier, aucun art n’a été oublié. Rescapé du Pavillon de Limoges détruit après l’exposition de 1925, « La Tapisserie », vitrail cubiste du grand maître verrier limougeaud Francis Chigot, était au cœur de l’exposition. Les amateurs peuvent aussi retrouver les vitraux de l’artiste à la Gare des Bénédictins ou à l’ancienne chambre de commerce et d’industrie de Limoges. De nombreux artistes émailleurs, décorateurs, porcelainiers étaient aussi du voyage. Parmi eux, René Crevel, décorateur, Camille Fauré, figure emblématique de la porcelaine émaillée, Henriette Marty, émailleuse, François Faureau, tapissier, les manufactures Haviland et Cie et Théodore Haviland… Les porcelaines de Limoges notamment, présentes lors de l’exposition de 1925 et présentées de nouveau en 2025, synthèse entre tradition et innovation, incarnent alors le luxe, la modernité et la créativité de l’époque.

Des ateliers, des visites de la ville pour célébrer l’Art déco et la vitalité des Arts du feu

Les réseaux Email, métal et feu et Réfractaires se sont également associés à l’exposition avec un événement Savoir-faire moderne mettant en valeur la vitalité actuelle des arts du feu (céramique, émail, vitrail). « Ce centenaire met en lumière la vitalité artistique du Limousin au début du XXe siècle et l’importance durable de l’Art déco dans l’histoire culturelle de Limoges », indique la ville de Limoges. Durant cinq mois, de nombreuses animations se sont succédé : parcours thématiques dans les quartiers (Maison du peuple, rue Jean Jaurès, pavillon du Verdurier, gare des Bénédictins), ateliers et visites autour des arts du feu, démonstrations (émail, vitrail, mosaïque, céramique), conférences (les femmes artistes en 1925, la rue Jean Jaurès : de l’art déco au modernisme, gants et gantiers de Saint-Junien)…

De l’Art nouveau à l’Art déco
L’entre-deux-guerres est une période de foisonnement artistique sans précédent. Après quatre années d’un conflit terrible, le monde se tourne vers l’avenir et pour cela, il faut « Faire moderne ». La reprise économique, l’électrification, l’arrivée du béton armé contribuent à l’essor d’un nouveau mouvement artistique. L’Art Nouveau, célébrant la nature, les courbes et l’asymétrie, cède progressivement la place à l’Art Déco, aux formes géométriques épurées et aux couleurs vives. La dénomination Art Déco ne verra pourtant le jour que dans les années 1960. Entre-temps, on lui préférera d’autres termes : Style 1925, Style moderne, Style Paquebot. Le style Art déco touche des disciplines et métiers très variés : l’architecture (Le Corbusier, Tony Garnier…), la verrerie (Lalique, Sabino…), la mode (Coco Chanel, Paul Poiret…), le graphisme (Cassandre), le design et la décoration (Gaston Suisse, Eugène Printz…).

 

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