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Lever l'emprise des auteurs de violences

Le 25 novembre, journée de lutte contre les violences intra-familiales, donne l'occasion de rappeler les dispositifs en place pour protéger les victimes et ceux pour punir les auteurs d'actes.

Dans le cadre de la prévention des risques et des premiers réflexes à adopter, le CIDFF avait organisé un colloque avec des spécialistes.
Dans le cadre de la prévention des risques et des premiers réflexes à adopter, le CIDFF avait organisé un colloque avec des spécialistes.
© R.S.-A.

S uite au travail des enquêteurs, le Cantal vient d'échapper à un nouveau féminicide(1). Laurence Mollaret, présidente du tribunal correctionnel et juge d'application des peines, en est convaincue. La fille aînée d'une famille révèle les coups portés par son père sur sa mère. Entre autres mesures, le tribunal correctionnel a immédiatement suspendu l'autorité parentale d'un personnage inquiétant et d'une rare violence. De quoi illustrer les intentions du préfet en la matière : "prévention, réaction et suivi".
Cette histoire récente est - hélas - loin d'être isolée. La journée de lutte contre les violences faites aux femmes le rappelle cruellement. Ce moment a donné l'occasion aux différents intervenants sociaux et judiciaires d'énumérer les actions qu'ils conduisent toute l'année, face à ce que le préfet qualifie de "sous-jacent explosif". Le nombre de tentatives d'homicides entre partenaires a globalement augmenté de 34 % entre 2015 et 2020. Chaque année, dans le département, autour de 300 cas sont traités. Depuis le 1er janvier,  déjà 251 victimes de violences intra-familiales sont recensées.

Soutien aux victimes
La lutte contre ce fléau nécessite une collaboration entre  les forces de l'ordre, les associations de défense et la justice. "La plupart du temps, les situations nécessitent une prise en charge pluridisciplinaire, formelle et informelle",  résume Paolo Giambiasi, procureur de la République. Un comité local d'aide aux victimes (Clav) en assure la coordination avec un suivi approfondi des situations les plus dramatiques. La prise en charge des victimes est favorisée par un premier contact avec du personnel spécialement formé : les deux tiers des gendarmes, 100 % des policiers et une intervenante sociale en gendarmerie (mais qui n'est pas militaire) qui assure des permanences sur les trois arrondissements. En outre, la victime peut désormais porter plainte directement depuis l'hôpital où elle a été admise pour coups et blessures. À noter que, même si la loi protège la victime en ordonnant à l'auteur de ne pas revenir au domicile, un hébergement d'urgence peut s'avérer nécessaire et deux appartements supplémentaires, dédiés aux femmes victimes, viennent compléter le dispositif de protection.  
Ce qui est promis aux auteurs
En outre, la mise en place du  bracelet anti-rapprochement chez l'auteur est effective depuis octobre dernier. Par ailleurs, le Cantal dispose de douze "téléphones grave danger". Confié à la victime, il lui permet depuis un bouton de signaler aux forces de l'ordre un danger, une récidive, tout en géolocalisant l'appel. Voilà pour ce qui est du registre de la protection. Mais évidemment, l'auteur des faits s'expose à bien d'autres peines. En évoquant la réponse pénale, le procureur souligne l'accroissement des comparutions immédiates (qui s'ajoutent aux comparutions différées) avec incarcération pour les cas les plus graves.
Paolo Giambiasi considère aussi que, dans le Cantal comme dans tous les départements ruraux, le taux d'armes dans les foyers est relativement élevé (chasseurs, héritage familial, etc.). Alors, une perquisition est systématiquement ordonnée. "Si des armes sont découvertes, elles sont appréhendées et jamais restituées." Il est également considéré comme infraction supplémentaire, des actes commis en présence d'enfants. "Même s'ils n'en sont pas victimes, cela peut constituer un trouble du développement", argumente le procureur.

Prise en charge
Si, parallèlement, le département abrite un centre de prise en charge des auteurs de violences, c'est pour lutter plus efficacement contre la récidive. Des séances de responsabilisation ont démarré le 8 novembre, avec prise en charge complète, à la fois psychologique, sociale et sociétale. Car les causes sont souvent multifactorielles. Aucun milieu social n'est épargné. Il est cependant constaté des éléments "facilitant le passage à l'acte" : toute forme d'addiction (alcool, stupéfiants, mais aussi dépendance financière), la désinsertion et l'absence de projet de vie ou encore des raisons psychiques. Les obligations de soins sont régulièrement prescrites.

(1) Le département garde en mémoire le triste fait divers d'une femme abattue par son époux, en instance de divorce, près du collège La Ponétie d'Aurillac, en avril 2018.

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