GNR : Les travaux, en mode "économie"
Les prix du GNR flambent. Il est de temps de se mettre en mode "économie" sur l'ensemble des chantiers estivaux et sur votre exploitation agricole. Conseils et marche à suivre.
Les prix du GNR flambent. Il est de temps de se mettre en mode "économie" sur l'ensemble des chantiers estivaux et sur votre exploitation agricole. Conseils et marche à suivre.
Le prix du baril de pétrole en forte hausse
La guerre qui s'est déclenchée au Moyen-Orient et opposant les États-Unis et Israël à l’Iran a une résonance internationale. Les conséquences se font ressentir sur l’ensemble de la planète jusque dans les cours de nos fermes. La fermeture du détroit d'Ormuz a généré d’immenses conséquences, en particulier sur le prix du baril de pétrole, qui a atteint jusqu’à 115 dollars contre 70 avant la guerre. Comme l’ensemble des carburants, le prix du GNR, utilisé au quotidien par les agriculteurs, s’est lui aussi littéralement envolé ces dernières semaines. Des charges supplémentaires que les exploitations agricoles doivent absolument tenter de contenir.
Alors que les travaux des champs vont bon train, il est intéressant de savoir que pour une même activité, il est toujours possible de réduire sa consommation de GNR (jusqu’à -10 % de GNR/an). Voici les clés qui vous permettront de réduire cette consommation.
En premier lieu, il s’agit de s’interroger sur son organisation du travail en visant la réduction des kilomètres inutiles (regroupez vos interventions), le partage du matériel et en prenant soin de bien régler le matériel avant intervention. Mais d’autres leviers peuvent être actionnés.
Adoptez le bon régime moteur
En intervention, au volant de votre tracteur, il est impératif de trouver le bon régime moteur. Les moteurs modernes offrent leur meilleur rendement à un régime intermédiaire, souvent autour de 1 700 tr/min.
- Travailler à ce régime plutôt qu’à plein régime permet d’économiser 2 à 3 L/h sans perte de puissance.
- Sur route, privilégiez les rapports “éco” et évitez les accélérations brusques.
Lestage et pression des pneus
Avant de vous lancer, vérifiez le lestage et la pression des pneus. « Au champ, des pneus moins gonflés améliorent la traction, ce qui permet de réduire la consommation de carburant de l’ordre de 10 %. La bonne pression à appliquer doit aussi tenir compte de la répartition des masses sur l’attelage et du lestage nécessaire » signale Mathias Déroulède, conseiller à la Chambre d'agriculture de Haute-Loire.
Un tracteur mal lesté ou surgonflé consomme davantage. Gardez en tête l’objectif suivant : 8 à 12 % de patinage maximum.
- Pression : 0,8 à 1,2 bar au champ, 1,6 bar sur route.
- Moins de patinage = moins de tours de roue = moins de litres par hectare.
Un entretien régulier
Entretenez régulièrement votre moteur car « un moteur propre consomme moins ».
Passez en revue les filtres à air, filtres à gasoil, injecteurs, huile moteur… et faites les interventions nécessaires.
- Un filtre encrassé ou une vidange retardée, c’est + 5 à 10 % de consommation.
- Un contrôle avant la saison hivernale évite les surconsommations et les pannes.
Ralenti moteur
Limitez au maximum le ralenti moteur car un tracteur au ralenti consomme 1 à 1,5 L/h sans rien produire et pensez à couper le moteur si l’arrêt dépasse cinq minutes. « Éteindre le moteur plutôt que de le laisser tourner au ralenti semble un geste anodin, pourtant, il peut faire économiser jusqu’à 600 € par an sur une exploitation. Les tracteurs passent en effet près de 20 % de leur temps de fonctionnement au ralenti, une habitude qui, en plus de gaspiller du carburant, accélère l’usure du matériel. Contrairement aux idées reçues, redémarrer un tracteur de 150 chevaux ne consomme que 7 grammes de GNR. Dès une minute d’arrêt, il est donc économiquement rentable de couper le moteur » indique Mathias Déroulède.
Regroupez vos interventions par zone pour limiter les trajets inutiles.
Mesure et suivi dans le temps
Évaluez la consommation réelle (L/h ou L/ha) par chantier, via les ordinateurs de bord, les GPS ou les fiches de suivi, et identifiez ainsi les postes énergivores. Relevez les heures "moteur" effectuées et les volumes de GNR consommés par chantier, cela vous permettra d’identifier vos marges de manœuvre et de comparer vos consommations d’une campagne à l’autre.