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Les retraités agricoles ciblés et matraqués par le gouvernement

Perte de pouvoir d’achat, des pensions qui ne suivent pas l’inflation, hausse de la CSG en 2018, la section départementale des anciens exploitants de la FDSEA se bat sans relâche pour faire entendre la voix de ses adhérents.

Comme chaque année, la SDAE a fait salle comble à St Paulien le 30 avril.
Comme chaque année, la SDAE a fait salle comble à St Paulien le 30 avril.
© HLP

Plus de 200 anciens exploitants agricoles et adhérents à la section départementale des anciens exploitants de la FDSEA de Haute-Loire, couramment appelée SDAE, étaient réunis à Saint-Paulien le 30 avril dernier pour assister à l’assemblée générale de leur section.
Réputée pour son dynamisme, la section se bat pour défendre les intérêts des retraités non salariés agricoles. Et parmi les problématiques qui les impactent, le faible montant des retraites agricoles et la baisse du pouvoir d’achat arrivent en tête.


Montant des pensions : Intolérable !
Chiffres à l’appui, le président de la SDAE, Jean Beraud a dénoncé cette  état de fait vécu comme une injustice : «Les anciens exploitants ayant validé au moins 150 trimestres au régime non salarié agricole et bénéficiaires de la RCO ont en moyenne une retraite de 872€ brut par mois. Nous rappelons que l’ASPA (ancien minimum vieillesse) est actuellement de 868,20€. À quoi ça sert de travailler et de cotiser, avec seulement 4€ de plus ! Et pour les conjoints, les pensions de retraite se situent autour de 500€ et le plus souvent en dessous, c’est intolérable».
2018 n’a malheureusement pas été une très bonne année pour les anciens exploitants qui après le blocage de la hausse de leur pension de retraite les années précédentes, ont vu l’augmentation de leur pension se décaler du 1er octobre 2018 au 1er janvier 2019. L’autre mauvaise surprise concerne la hausse du taux de la CSG de 15,5% à 17,2% sur les fermages des terres luées.
En 2019, la baisse du pouvoir d’acchat des retraités agricoles s’accentue avec notamment la non indexation des retraites sur l’inflation.
Jean-Claude Chalencon président de la SRAE Auvergne Rhône-Alpes a rappelé l’ensemble des points qui ont contribué à grever la pension de nos retraités ces dernier mois. «En 2018, les +0,6% d’augmentation de la Retraite Complémentaire Obligatoire n’ont à ce  jour pas encore été versés. De plus, je considère que nous avons eu un impôt supplémentaire étant donné que nos pensions de retraite ont augmenté de 0,3% pendant que l’inflation était de 2% ; ceci représente une perte financière définitivement  perdue pour nous».


Forte perte de pouvoir d’achat
En 2018, le gouvernement a appliqué une augmentation de 26% de la CSG en la portant de 6,6% à 8,3%. Face au mécontentement des retraités, la loi du 24 décembre 2018 l’a ramenée à 6,6% pour 2019 sous conditions de revenu. «Or, les quatre  premiers mois de l’année ne nous ont toujours pas été remboursés ! Ajoutons à cela, la hausse de la CSG sur les fermages et la baisse des fermages... Nous demandons aussi depuis 10 ans le rétablissement de la demi-part fiscale supplémentaire pour les personnes seules, les veufs et les veuves et les invalides».
Jean-Claude Chalencon ajoute : «On a été ciblés et  matraqués par le gouvernement. Nous avons subi une perte sérieuse de notre pouvoir d’achat».
La section suit de très près le vaste chantier de la réforme des retraites sur lequel travaille le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye. Sur le principe d’uniformiser les 42 régimes de retraites différents en France, la section approuve. Jean-Claude Chalencon émet toutefois de vives réserves sur l’idée de créer un régime spécial pour les indépendants ; «une idée qui ne va pas dans le sens d’une harmonisation des systèmes de retraite». 
Sur les récentes annonces d’Emmanuel Macron prévoyant d’attribuer une retraite minimum de 1 000 € pour les plus modestes, le président de la SRAE se montre méfiant à l’égard des critères d’éligibilité.
Jean-Claude Chalencon a rappelé les principales revendications portées par la SRAE et communiquées, via la FNSEA, auprès des parlementaires français en janvier 2019 : «indexation des petites retraites sur l’inflation, l’abaissement de la taxe CSG, le demi-part fiscale, les 85% du SMIC et la forfaitisation de la revalorisation annuelle des retraites».
Le président de la FDSEA, Thierry Cubizolles a remercié la section pour le travail accompli et «sa motivation à se bagarrer. Vous avez été notre moteur et si on en est là aujourd’hui, c’est que vous vous êtes battus».


Terres de Jim : la SDAE propose son aide bénévole
Proches des préoccupations des actifs et en particulier des Jeunes Agriculteurs, les anciens exploitants entendent s’impliquer dans la préparation de l’événement agricole de l’année “Les Terres de Jim”. «Je propose aujourd’hui aux jeunes agriculteurs, notre aide bénévole pour la préparation de cette finale» a indiqué Jean Beraud à l’intention de Laurine Rousset, présidente du comité d’organisation de l’évenement, invitée de cette assemblée générale.
En plus des 350 adhérents du réseau JA, le comité d’organisation va avoir besoin de bénévoles, entre 800 à 1000 sur les 3 jours de l’événement, sans compter les préparatifs de l’événement en lui même.
La parole a ensuite été donnée aux OPA partenaires de la section  : Groupama, Mutualia, le Crédit Agricole et la MSA Auvergne (voir dans cette page).

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