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Les Producteurs de la Marche font leur première assemblée générale

Toute neuve mais riche d'expérience, la coopérative LPM a tenu sa première assemblée générale à Le Grand-Bourg, le 20 juin.

Ce vendredi 20 juin a eu lieu la toute première assemblée générale de la coopérative LPM (Les Producteurs de la Marche), née du mariage en fin d'année 2024 de la coopérative Celmar, basée à La Souterraine, et de la coopérative CCBE, basée à Parsac. Les adhérents sont venus nombreux à Le Grand-Bourg pour saisir l'occasion de mieux connaître leurs nouveaux collègues et les orientations prises par leur nouvelle coopérative.

Le président de la coopérative, Jean-François Aucouturier, a introduit cette assemblée en rappelant les tensions sociétales auxquelles est soumise la filière viande : « Nous sommes bien dans une injonction contradictoire qui nous impose l'adaptation à toutes ces demandes tout en préservant le pouvoir d'achat du compte de nos concitoyens. Et si nous ne répondons pas à l'obligation de chacun de se nourrir, d'autres pays, eux, y arriveront et avec d'autres moyens ». La résilience est devenue un leitmotiv général et la compétitivité un objectif essentiel de la coopérative.

Un bilan inhabituel

Les anciennes coopératives ont été dissoutes et n'avaient donc pas de comptes à présenter. Quant à la nouvelle coopérative, elle n'avait que quelques jours d'existence sur 2024 et donc peu de choses à montrer en dehors de frais de gestion liés à sa création. Les responsables de LPM ont donc choisi de présenter une comptabilité fusionnée des deux anciennes structures afin de donner aux adhérents une bonne idée de l'activité réelle globale.

Dans l'ensemble, la jeune coopérative part sur de bonnes bases, les comptes sont dans le vert et la conjoncture favorable. Que ce soit en bovins ou en ovins, en gras ou en maigre, les cours ont poursuivi en 2024 la hausse amorcée dans les années précédentes. Cette situation fait plaisir à voir, avec un niveau des cours qui n'a même jamais été vu pour certaines filières. Le vice-président bovin de la coopérative, Jean-Christophe Dufour, incite tout de même à la modération de l'enthousiasme : certes les cours montent, mais on sent un essoufflement dans cette croissance : « il est de plus en plus difficile de rajouter des centimes », explique-t-il.

Cette belle conjoncture s'est tout de même poursuivie sur 2025, avec des cours qui atteignent, voire dépassent, le coût de production. Si le plafond semble s'approcher, il s'agira de ne pas redescendre.

Les bovins se portent bien

L'activité principale du duo concerne les bovins, avec une nette domination de la race limousine sur la charolaise. Côté animaux de boucherie, la coopérative a vendu 34 000 animaux toutes catégories confondues. Les labels (Label rouge, biologique et Beter Leven) apportent une forte valeur ajoutée et sont donc l'axe prioritaire de développement. Le client principal de cette filière grasse est T'Rhea (Viandes de la Marche, Viandes du Périgord, Covilim, etc.), avec qui un partenariat a été signé en début d'année.

Côté maigre, 39 000 animaux ont été mis en place. 62 % sont partis à l'export vers l'Italie et l'Espagne, 14 % ont été mis en place chez des adhérents engraisseurs et 24 % chez d'autres engraisseurs en France. Le développement de l'engraissement en interne fait partie des ambitions affichées.

Du côté des reproducteurs, enfin, l'activité se porte bien. Cette section "vitrine" a commercialisé plus de 3 200 animaux en 2024, essentiellement limousins. Il a été rappelé que l’utilisation de ce service par les adhérents est essentielle pour le maintien du niveau génétique du cheptel.

Une belle activité ovine

Sur le plan sanitaire, FCO et MHE sont une source d'inquiétude qui apporte beaucoup de contraintes. En ovins tout particulièrement, certains troupeaux ont été durement touchés, avec des pertes dans le cheptel souche, qu'il va falloir renouveler, et des impacts sur la trésorerie du fait des pertes d'agneaux.

Autre source d'inquiétude chez les éleveurs ovins, le loup, qui recommence à faire des dégâts sur le plateau de Millevaches, et contre lequel les solutions comme le patou semblent inadaptées. Il y a urgence car les jeunes qui souhaitent s'installer préfèrent logiquement se détourner des zones où le loup est présent : « Les jeunes ne sont pas fous, ils préféreront planter des sapins plutôt que s'installer en élevage », déplore Pascal Picaud, vice-président ovin de LPM. Ce constat provoque chez lui une forte inquiétude sur l'entretien des paysages et les risques d'incendies dans un contexte de réchauffement climatique et de multiplication des sécheresses, alors que le mouton a démontré son intérêt, comme dans la vallée d'Anzême.

Toujours en ovins, une cinquantaine d'éleveurs issus de Sicaba ont intégré la coopérative. Cette intégration est significative puisqu'elle représente environ 10 000 brebis sur un secteur, l'Allier, où Les Producteurs de la Marche étaient peu présents. Ils vont pouvoir bénéficier de l’expérience et des services de longue date de la Celmar puis de LPM, notamment de la location de matériel.

On notera que la nouvelle coopérative a désormais l'agrément pour commercialiser des caprins. Cette filière va désormais pouvoir bénéficier d'une meilleure valorisation.

Un éclairage spécifique a été apporté sur le partenariat avec T'Rhea, principal débouché de la viande bovine produite en label.

Ce partenariat s'est concrétisé en début d'année par la signature d’un contrat, après trois années de travail.

Avant un déjeuner convivial, la matinée s'est conclue par une séquence émotion, avec la remise d'une plaque à Michel Ringuet, pilier de la Celmar depuis plus de 40 ans.

 

 

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