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Massif Central : les Massifs français veulent remettre l'élevage au cœur de la PAC 2027

Lors du Sommet de l’élevage, les responsables agricoles des Massifs Français ont présenté leur livre blanc commun, document de référence sur le positionnement des massifs des Pyrénées, de la Corse, des Alpes, du Jura, des Vosges et bien évidemment du Massif Central alors que les contours de la Pac 2027 s'esquissent.

Femme avec vache de race aubrac.
Pour les organisations de Massifs français, l'élevage mérite d'être soutenu dans le cadre de la PAC 2027.
© Sophie Chatenet

Trois intervenants étaient présents autour de la table ronde ce jour-là. Christine Valentin, Présidente de la Chambre d’agriculture de la Lozère et du Sidam (Service interdépartemental des Chambres d'agriculture du Massif central), a souligné l’importance de « travailler ensemble pour rechercher des valeurs ajoutées et rendre les exploitations performantes ». Elle a cité l’exemple de Montlait, marque des producteurs de lait de montagne qui rassemble aujourd'hui1 000 éleveurs dans le Massif central, née en 2010 sous l'impulsion des responsables professionnels. 

Dominique Fayel, éleveur aveyronnais et Président du groupe de travail Bovins Viande au sein du Copa Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l’Union Européenne), a quant à lui partagé son point de vue depuis sa position européenne : « 2027 peut être un vrai virage pour la PAC, et il n’est pas trop tard pour la négocier ! ». Il poursuit : « L’aide à l’hectare et l’intégration de l’Ukraine vont être discutées prochainement. Il va falloir être très vigilants sur la répartition des aides pour éviter qu’elles ne soient captées majoritairement par les pays ayant plus de surfaces agricoles. » Il a ainsi insisté sur l’importance de défendre les intérêts français, en particulier en travaillant sur la notion d'actif agricole. Il a également noté un changement positif dans la perception de l’élevage et son impact climatique.

Enfin, Christophe Léger, éleveur laitier en Haute-Savoie et Président de Suaci Montagn’Alpes, a présenté les projets « DécarbonAlpes » et « Viand’Alp » qui servent de feuilles de route dans la « recherche de valeur ajoutée adaptée à l’économie montagnarde ». Comme ses collègues, il a exprimé des inquiétudes sur le renouvellement des générations en agriculture.

Les revendications du livre blanc des territoires de montagne

Le livre blanc propose des mesures concrètes pour répondre aux revendications des agriculteurs lors du mouvement de ce début d’année. "L’élevage en montagne joue un rôle clé en valorisant les paysages et en soutenant l’attractivité touristique de ces territoires. Dans ces zones, où peu d’autres activités sont possibles, ne pas prendre en compte cette spécificité dans la PAC pourrait entraîner une désertification progressive", a martelé Christine Valentin. On trouve dans ce document des propositions pour soutenir la production : 

  • Maintenir les aides couplées du premier pilier de la PAC au taux maximum,
  • Reconduire l’aide ovine forfaitaire et convertir l’aide bovine en une aide unique à l’UGB dès seize mois,
  • Maintenir l’aide sur les 52 premiers hectares et ne pas plafonner les aides du premier pilier
  • Soutenir la création d’emploi,
  • Compenser les écarts de compétitivité causés par les handicaps naturels de ces zones par notamment la sanctuarisation de l'ICHN (indemnité compensatoire de handicaps naturels)

L’installation doit être au cœur de la mécanique de cette nouvelle PAC, avec la reconduction de la DJA et un soutien renforcé aux investissements. Toujours dans un souci d’équité entre les territoires, le livre blanc déplore la baisse de la valeur des droits à paiement de base (DPB) en montagne et dans les estives collectives.

Risques climatiques et sanitaires : imaginer des outils plus performants

Le livre blanc aborde aussi les risques climatiques et sanitaires, demandant aux pouvoirs publics des outils pour sécuriser les exploitations en tenant compte de leurs spécificités. La solution du « tout assurantiel » n’étant pas forcément la plus adaptée à toutes les productions, il plaide pour un renforcement du FMSE (Fonds national agricole de Mutualisation des risques Climatiques) avec des déclenchements à partir de 20 % de pertes, ainsi que la création d’un dispositif complémentaire pour couvrir les surfaces herbagères et pastorales.

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