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Les Jeunes Agriculteurs en cuisine avec les restaurateurs du Cantal

Le syndicat jeune a sollicité des restaurateurs invités à poster sur Facebook leurs vidéos de recettes mettant en valeur les produits du terroir cantalien.

Le chef du Cromesquis met une dernière touche à son parmentier de salers au cantal gratiné...
Le chef du Cromesquis met une dernière touche à son parmentier de salers au cantal gratiné...
© UC

Toutes les vérités ne semblent pas bonnes à dire ni à rétablir, surtout quand elles disculpent l’agriculture de maux que certains lobbies n’ont de cesse de lui attribuer. Ainsi, si l’un des rares effets positifs du confinement a été un repli inédit de la pollution atmosphérique et des rejets de gaz à effet de serre, peu d’experts et de médias - si ce n’est aucun - ont relevé que durant cette même période, l’une des rares activités qui ne s’est pas arrêtée est l’agriculture, pourtant accusée d’être un contributeur majeur au réchauffement climatique.

Que n’a-t-on pourtant entendu et lu ces dernières années sur l’élevage bovin tricolore coupable désigné d’émissions massives de méthane, issu du processus digestif des vaches.

#sansagriculturepasdenourriture

Personne ne s’est non plus étonné de l’absence de prolifération des algues vertes sur les plages bretonnes pendant le confinement, une marée verte dont on ne cesse d’expliquer qu’elle résulte des fortes concentrations d’azote liées aux nitrates agricoles et au lisier porcin. “Cela nous a fait réagir : tout le monde a constaté qu’il y avait moins de pollution alors que nous, agriculteurs, n’avons pas baissé de rythme, au contraire, argumente Sandrine Amilhaud, associée avec son frère et ses parents en élevage bovin et avicole sur le Carladès (lire ci-dessous). Il faut qu’on arrête de nous taper dessus et on a souhaité rétablir un peu les choses en commençant par le hashtag #sansagriculturepasdenourriture.”

Un hashtag décliné sur les réseaux sociaux au travers de différents messages “pour faire réagir un peu mais sans aucune agressivité”, précise celle qui a pris la responsabilité du groupe communication aux JA du Cantal : “Aujourd’hui, votre agriculture ne vous abandonne pas, ne l’abandonnez pas demain !”, “Mangez français c’est assurer la durabilité de notre agriculture !”…

Tant pis pour Lignac...

Et c’est envoyant l’Aveyronnais Cyril Lignac décliner quotidiennement auprès des Français confinés des recettes vantant le parmesan, la ricotta et autre mozzarella qu’est d’abord née l’idée de proposer au chef médiatique des recettes à base de fromages AOP d’Auvergne. “On a contacté la production, mais ils nous ont dit que c’était impossible du fait qu’ils étaient en équipe réduite en raison du confinement…”

Pas de quoi démobiliser les JA : “Tant pis pour lui !”, lâche Sandrine qui prend son téléphone et contacte des restaurateurs cantaliens pour soumettre le projet de vidéos autour de recettes mettant en valeur les produits locaux et faciles à faire à la maison. La mayonnaise prend d’autant mieux que leurs établissements sont fermés. Premier à se lancer le 10 juin : La Cure Gourmande à Coren avec ses œufs cocotte à la fourme d’Ambert et mouillettes d’asperges vertes postée sur la page Facebook des JA avec uns séquence tournée au Gaec du Puy de Coujoule qui fournit le restaurant en fourme fermière. Suivront le Cromesquis à Aurillac avec son parmentier de bœuf salers gratiné au cantal ; Didier Vaille et son Bruit de K’sseroles avec son fraisier à la crème de cantal entre-deux ; Chez Geneviève à Saint-Flour (rouleaux de printemps auvergnats) ; et à venir, la pizzeria Le Gaulois. Si le nombre de vues n’atteint pas les sommets de “Tous en cuisine”, les JA comptent sur une mutualisation au sein du réseau JA d’Auvergne-Rhône-Alpes (chaque département étant invité à faire de même) pour toucher un plus large public.

En attendant, l’équipe cantalienne prépare déjà sa participation à la Fête de la montagne, le 26 juillet au Lioran, avec l’organisation d’un petit marché de producteurs, prétexte également à une communication autour des fromages et produits du Cantal, avec quiz, dégustations… L’occasion aussi de faire passer des messages aux touristes et Cantaliens : “On veut vraiment leur expliquer que notre agriculture n’a rien à voir avec l’élevage industriel qu’on cherche à leur montrer, toutes les vaches de mes voisins sont dehors au pré. Il faut que les consommateurs profitent du Cantal et de ses produits”, affiche Sandrine Amilhaud qui veut croire dans une tendance durable vers les circuits courts et le local.

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