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Les flux commerciaux actifs malgré le sérotype 4

L’arrivée du sérotype 4de la FCOa été confirmée la semaine dernière en France continentale.Quelles en sont les conséquences ?

© AA

Le ministère de l’Agriculture a confirmé le 6 novembre l’arrivée du sérotype 4 de la FCO (fièvre catarrhale ovine) en France continentale dans un élevage de Haute-Savoie d’où provenait un veau détecté positif dans l’Allier. Les éleveurs ont encore tous en tête le dernier épisode FCO qui a paralysé le commerce et dont les conséquences ont été lourdes pour eux sur la durée. Faut-il craindre un semblable scenario ?

Bruno Dufayet, président de la FNB (Fédération nationale bovine) : “Il n’y a pas matière à s’inquiéter ni à faire de catastrophisme. L’arrivée d’un nouveau sérotype, on l’a déjà vécue, on sait s’adapter, les mesures à prendre. La priorité, c’est de contenir et maîtriser ce virus dans la zone où il a fait surface, c’est-à-dire en Haute-Savoie où un périmètre interdit a été instauré. La vaccination d’urgence a été lancée dans la foulée grâce à des stocks disponibles avec 18 000 doses acheminées en Haute-Savoie. Pour le coup, contrairement à 2015, les services sanitaires ont été réactifs.”

Quid des conséquences sur le commerce et les exportations ?

B. D. : “Il y a toujours deux pays prioritaires à gérer parce qu’ils constituent les plus gros contingents d’importations d’animaux maigres français : l’Italie et l’Espagne. Là encore, les services du ministère ont fait preuve d’une très bonne réactivité pour permettre la poursuite des flux commerciaux vers ces deux débouchés majeurs sachant que le sérotype 4 est déjà présent dans ces deux pays. D’ailleurs les ateliers d’engraissement italiens se situent majoritairement en zone réglementée sérotype 4. Hormis le périmètre interdit, la France va donc pouvoir continuer à échanger avec l’Italie et l’Espagne sur la base des protocoles sanitaires existants et d’une désinsectisation des veaux venant de la zone réglementée 4.”

Le veau ayant été détecté dans l’Allier, les départements du Massif central sont-ils concernés par la zone de surveillance ?

B. D. : “Au-delà du périmètre interdit, le périmètre de protection s’étend vers le Rhône, l’Ain..., la zone de surveillance va jusqu’en Bourgogne, en Saône-et-Loire et Côte-d’Or, on était donc vraiment inquiet car il y a encore énormément d’animaux prêts à partir dans ces deux départements. L’Allier, pour l’instant, n’est concerné par aucun périmètre.”

Et les marchés pays tiers ?

B. D. : “L’urgence à traiter, c’est l’Algérie. À chaque fois, quand un sérotype arrive chez nous, le pays ferme ses frontières et on doit repartir à zéro avec un nouveau protocole sanitaire. Quant à la Turquie, le travail pour la réouverture de ce marché avait bien avancé et on l’annonçait imminente. On espère que ce cas de sérotype 4 ne la retardera que de quelques jours (1).”

Faut-il craindre une baisse des prix du broutard liée à cet épisode sanitaire ?

B. D. : “Clairement non ! Il n’y a aucun argument justifiant une baisse des cours liée aux marchés italien et espagnol. Reste la question de l’Algérie. Mais à chaque fois que ce pays rouvre, les opérateurs nous disent qu’au vu des faibles contingents importés, cela n’a pas d’impact sur les prix. La logique veut que l’inverse soit aussi vrai... Nous ne sommes donc pas inquiets sur l’évolution des cours à condition que les opérateurs de l’aval se montrent sages et responsables...”

(1)  Le ministère a annoncé, le 13 novembre, l’ouverture du marché turc aux bovins français.

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