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Les énergies vertes, l’espoir de trois agriculteurs

Au Gaec de Laschamp, les associés croient aux énergies renouvelables à tel point qu’ils ont rejoint une association qui aide les agriculteurs à développer leurs projets.

Au Gaec de Laschamp, les énergies renouvelables sont, selon les associés, une opportunité importante pour la profession agricole.
Au Gaec de Laschamp, les énergies renouvelables sont, selon les associés, une opportunité importante pour la profession agricole.
© M. Comte

Tout commence en 2009 lorsque les deux associés du Gaec de Laschamp, Alexis Vallet et Bertrand Duprat, décident de construire un nouveau bâtiment d’élevage. Sur l’exploitation de 230 ha et 145 vaches allaitantes, située près de Pionsat, l’optimisation est le maître mot. Alors ces travaux sont l’opportunité de restructurer l’exploitation. « L’investissement dans un bâtiment d’élevage est important. Nous avons donc eu l’idée d’installer des panneaux photovoltaïques pour nous aider à amortir le coût de la construction » explique Bertrand Duprat.

 

Un puis trois bâtiments

Du coup, ce n’est pas un mais trois bâtiments qui sont construits. L’un abrite les animaux, le second le fourrage et le matériel et le troisième est encore en cours d’aménagement. Un projet qui n’a pas été sans difficulté. Dans le domaine des énergies renouvelables, les interlocuteurs sont nombreux, il est difficile de trouver ceux orientés davantage dans le domaine agricole. « Très rapidement, nous avons constaté que le développement des énergies renouvelables sur les exploitations agricole était une réelle opportunité pour la profession. Alors plutôt que chaque agriculteur réalise ses projets dans son coin, nous avons créé avec d’autres agriculteurs, l’association Energie 3D. Unis, nous sommes plus forts pour trouver les fournisseurs mais aussi pour débattre et aider à la constitution des projets. »

La force est dans l’union

L’association compte aujourd’hui plus de soixante adhérents répartis entre le Puy-de-Dôme, la Creuse, l’Allier et la Haute-Loire. Depuis sa création en 2009, elle a aidé à équiper plus de 200 agriculteurs selon Bertrand Duprat. « Nous ne vendons rien. Nous aidons seulement les adhérents à se renseigner sur les montages juridiques, les aspects financiers, à avoir une vision globale du projet et ensuite à eux d’insérer l’ensemble des informations dans leur projet personnel. Nous menons simplement une réflexion commune sur le sujet du développement des énergies renouvelables. »

Au Gaec de Laschamp, Bertrand Duprat et ses associés en ont fait leur fer de lance. En 2013, Fabien Duprat rejoint l’exploitation avec un projet de méthanisation. Le jeune agriculteur intègre le groupement sans apporter le moindre hectare. Malheureusement, les banques suivent péniblement car la construction n’est pas subventionnée à ce jour (Conseil régional, Conseil général, ADEME et Union Européenne). Depuis, Bertrand Duprat a la dent dure. « Aujourd’hui, on peut installer un jeune uniquement avec la revente de biogaz. Malgré les discours en faveur du développement des énergies vertes, aucune subvention n’est allouée à ce type de projet. En parallèle, l’état attribue près de 55 milliards d’euros au nucléaire. Oui nous sommes déçus et amers parce que nous avons cru au développement de ces énergies ! Chaque jour, dans notre métier, nous répondons aux contraintes environnementales. Lorsque nous essayons d’aller plus loin parce que nous croyons au développement de la production d’énergie verte sur nos exploitations, nous ne recevons aucun soutien ! On marche sur la tête.»

Un débat politique

Accablé par le manque de soutien de la part du gouvernement, Bertrand Duprat a été jusqu’à écrire une lettre à la ministre de l’écologie Ségolène Royale. Dans celle-ci, il exprime toute son incompréhension. « J’ai fait mes calculs. Avec 55 milliards d’euros, on pourrait construire 135 000 unités de méthanisation agricole, subventionnées à hauteur de 400 000€. Cela créerait près d’un million d’emploi. Presque tous les agriculteurs de France seraient équipés. Cela créerait des emplois sur nos territoires ruraux ainsi que de la richesse. Nous avons entre les mains des projets qui pourraient remotiver les gens mais rien n’est fait. Il n’y a que de beaux discours et je trouve ça dommage. » Pour autant, l’agriculteur n’abandonne pas. Les associés du Gaec de Laschamp espèrent pouvoir construire à l’avenir un séchoir à plaquette et des serres chauffées sur leur exploitation. Des infrastructures qui seraient alimentées uniquement grâce à la chaleur produite par le méthaniseur. Décidément, l’optimisation est de mise.

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