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Les éleveurs creusois se mobilisent sur l’A 43

Les éleveurs venus de toutes les régions françaises ont installé des barrages filtrants, le 11 avril dernier au péage de Saint-Quentin-Fallavier sur l’autoroute A 43 pour protester contre la décision italienne de fermer, depuis le 3 mars dernier, ses frontières aux broutards français.

Parmi plus de 1000 éleveurs réunis, une soixantaine d’éleveurs creusois ont participé le 11 avril dernier à cette action syndicale de grande envergure, en Isère sur l’autoroute A 43 reliant l’Italie à la vallée du Rhône, afin de dénoncer le blocus italien de leurs frontières aux animaux français.

Partis dès 2 h du matin de la Souterraine avec deux cars, les éleveurs creusois et hauts viennois ont rejoint les éleveurs d’Auvergne, de Bourgogne, de Franche-Comté, de Rhône-Alpes et même de l’Est de la France, empêchant les camions et plus particulièrement ceux immatriculés en Italie de passer le péage dans le sens Grenoble- Lyon.

Ces perturbations ont occasionnés plus de 10 kilomètres de bouchons. « L’objectif est de montrer la détresse économique des éleveurs dont la trésorerie, déjà difficile, ne peut supporter la décision injuste de l’Italie de fermer ses frontières » a indiqué Philippe Meurs le président national des Jeunes Agriculteurs tout en ajoutant que « cet embargo est inadmissible et anti-communautaire en opposition totale avec les principes de libre circulation des marchandises au sein de l’Europe ».

Cette méthode est scandaleuse puisqu’elle ne s’applique qu’à la France, alors que la Belgique, la Suisse ou l’Allemagne sont également touchés par cette maladie ». Autant pour les Jeunes Agriculteurs que la FNSEA, l’Union Européenne doit reconnaître l’épidémie de la fièvre catarrhale comme une crise sanitaire sans précédent afin de débloquer des indemnisations vitales pour la survie des éleveurs français. Si la réouverture des frontières reste l’une des priorités « les aides annoncées par le premier ministre de maintenir en ferme les animaux doivent être mises en œuvre dans les meilleurs délais, sachant que ces dispositions ne règlent pas pour autant le problème de fond » ont déclarés les présidents de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs de la Creuse.

Le député Jean Auclair, mis en garde par les éleveurs

De retour de la manifestation de Saint-Quentin-Fallavier, et avant que chacun ne regagne son domicile, les éleveurs sont allés à la rencontre du député Jean Auclair, à la mairie de Cressat afin de lui faire part du « ras-le-bol » de la profession agricole. Pour le président de la FDSEA Philippe Monteil, « les 6 millions d’euros débloqués par le gouvernement restent insignifiants, car cela correspond à peine à 25 Euros par animal et par mois, alors que l’augmentation des charges et le surcoût pour maintenir les animaux en fermes reste bien supérieurs ». Si parmi les revendications prioritaires la réouverture des frontières vers l’Italie reste essentielle, le sujet de la vaccination fut à nouveau évoqué, « comment peut-on donner 110 millions d’euros aux vétérinaires, et laisser crever les éleveurs » se sont exclamés plusieurs jeunes agriculteurs. Pour le président des Jeunes Agriculteurs, Christophe Alabergère « le désengagement de l’Etat est total et à tous les niveaux, tant au travers de la gestion de cette crise sanitaire, que pour l’installation des jeunes avec des enveloppes insuffisantes pour les PAM et les PI » alors qu’Olivier Tourand surenchérissait en déclarant « qu’il nous faut des mesures immédiates et que si rien n’est fait d’ici 10 jours ça va brûler ! ». Essayant péniblement d’apporter quelques éléments de réponse, Jean Auclair ne sut convaincre pour autant son auditoire très déterminé et Olivier Tourand ne manquait pas de lui rappeler « qu’il fallait avoir davantage de courage pour défendre les éleveurs et surtout concrétiser les paroles en actes mais que malheureusement la volonté politique n’était pas au rendez-vous ! ».

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