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Porc 2015
Les dix commandements de la filière

Pour retrouver de la compétitivité et relancer la production, l’interprofession porcine, Inaporc, s’est prononcée, le 29 juin à Paris, en faveur d’un programme d’actions en dix points.

Chaque partenaire de la filière s’est engagé à se mobiliser.
Chaque partenaire de la filière s’est engagé à se mobiliser.
© D.R.

Depuis une dizaine d’années, la production porcine française a du mal à se maintenir. La filière française perd pied, notamment par rapport à l’Allemagne qui a vu sa production augmenter de 50 % en dix ans. L’Interprofession Inaporc qui a tenu son assemblée générale le 29 juin, à Paris, n’entend pas accompagner ce déclin, mais au contraire réagir et se positionner « en challenger » dans l’Union européenne ainsi que l’a rappelé Guillaume Roué, le président. C’est l’objet du plan stratégique Porc 2015, le plan en dix points sur lequel s’est prononcé Inaporc pour « redonner de la compétitivité et de la performance » à la filière française.

 

Le diagnostic établi par le cabinet Ernst et Young après six mois de travail est clair. Même si la filière dispose de quelques atouts, la technicité des éleveurs et des leaders incontestés en matière d’abattage-découpe, elle souffre de graves faiblesses. Surtout un endettement excessif et des contraintes réglementaires fortes qui compromettent ses capacités d’investissement et de modernisation. Sans parler d’une image dégradée de la viande par rapport aux autres sources de protéines. Une fois ce diagnostic partagé, chaque partenaire de la filière, de l’aliment du bétail jusqu’à la distribution, en passant par la production, l’abattage et la charcuterie salaison, s’est engagé à se mobiliser. Si une cinquantaine d’actions ont été retenues, une dizaine fait l’objet d’un programme prioritaire pour les cinq années qui viennent. Toutes visent à restaurer la compétitivité, améliorer l’organisation de la production et de la filière, réduire les distorsions de concurrence avec nos partenaires et améliorer l’image du porc auprès de consommateur au travers de VPF.

 

Un plan de 2,8 milliards d’euros

Pour concrétiser ce plan, la filière s’est prononcée en faveur de la mise en place d’un fonds de modernisation et de développement doté de 2,8 milliards. En partenariat avec les filières végétales, il permettrait de relancer les investissements à la production, notamment pour ce qui est de la mise aux normes des bâtiments d’élevage et du bien-être animal et accompagner la restructuration des outils d’abattage. La filière compte bien entendu sur le soutien des pouvoirs publics, mais elle aimerait surtout que celui-ci soit plus appuyé notamment au regard d’un assouplissement des contraintes administratives et réglementaires. Mais à l’heure actuelle, après l’apaisement sur le contentieux « nitrates » et celui des algues vertes, le Gouvernement n’entend pas réveiller une nouvelle bataille entre écologistes et éleveurs par des dispositions qui seraient considérées comme trop favorables. Le directeur de cabinet de Bruno Le Maire l’a clairement indiqué à l’Assemblée générale (cf encadré).

Installations classées : la balle est dans le camp du Parlement

 

« C’est le Parlement qui aura le dernier mot », a déclaré Pascal Viné, le directeur de cabinet de Bruno Le Maire à propos de l’amendement Le Fur. Mais le Gouvernement ne soutiendra pas cet amendement qui vise à porter à 2 000 porcs, contre 450 actuellement, le seuil à partir duquel une autorisation doit être obtenue pour un élevage. Pourquoi ? Parce que « le Gouvernement n’entend pas réveiller la bataille entre écologistes et éleveurs en Bretagne » a-t-il indiqué. Il a avancé un autre argument de nature plus juridique : la proposition de Marc Le Fur ne serait pas compatible avec la réglementation européenne. Certes la législation communautaire prévoit une autorisation obligatoire au-delà de 2 000 porcs. Mais la procédure d’enregistrement en deça n’exclut pas un refus au cas pas cas des installations. « On ne peut s’affranchir des règles communautaires, sinon on risque de perdre en cas de contentieux », a-t-il indiqué. En revanche, le ministre de l’agriculture est favorable à un amendement qui permettrait d’assouplir le dispositif actuel, en cas de regroupement ou de modernisation d’élevage, « dans la mesure où l’enquête publique et l’étude d’impact ont déjà été réalisées ». Comme il est également favorable à la réduction des délais d’instruction de l’administration qui peuvent atteindre plus de deux ans.

 

Sur la mise aux normes « bien être » qui a pris du retard, le ministre de l’agriculture est prêt à accorder une aide plus importante aux éleveurs qui ne sont pas aux normes pour le porc et la volaille dans le cadre du plan de développement filière que le Gouvernement est en train de préparer. Selon la réglementation communautaire, tous les élevages doivent être aux normes « bien être » au 1er janvier 2013. La Fédération nationale porcine et Coop de France Bétail et Viande soutiennent l’amendement Le Fur qui ne vise ni plus ni moins qu’à harmoniser les seuils nationaux et les seuils européens. « L’harmonisation des seuils vise à alléger le fardeau de procédures administratives lors de la création ou de la modernisation d’un élevage » et de gagner en compétitivité soulignent les deux organisations. « En aucun cas les amendements votés par la commission des Affaires économiques ne faciliteront les implantations incontrôlées d’élevage » insistent-elles.

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