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Les centres équestres se remettent en selle

Fermés plusieurs mois, les centres équestres reprennent leurs activités, mais demeurent très affectés par les conséquences des mesures sanitaires. La belle saison s’annonce morose. 

Des problématiques similaires chez Jean Madamour à Polminhac ou chez Tristan Gracient, à Maurs, où l’activité reprend... au pas. 
Des problématiques similaires chez Jean Madamour à Polminhac ou chez Tristan Gracient, à Maurs, où l’activité reprend... au pas. 
© RSA ML

À Las Courtines, à Polminhac, Cheval découverte accueille en temps normal 120 adhérents. Depuis le 16 mai, date de la réouverture du centre équestre, seuls 70 % d’entre eux ont fait leur retour. “Certaines personnes n’ont pas souhaité revenir pour le moment pour ne pas prendre le risque d’être contaminés en côtoyant d’autres cavaliers”, indique le directeur, Jean Madamour. À Maurs, le centre de Calsacy, dirigé par Tristan Gracient, a tenu à ce que les informations contradictoires qui circulaient entre décret et préconisations soient éclaircies(1) avant d’ouvrir le centre semi-couvert, début juin.  Dans tous les cas, c’est toute l’organisation des clubs qui a dû être revue pour respecter les mesures sanitaires. À Polminhac, un point d’accueil est tenu, à l’entrée, par un bénévole qui invite les adhérents à se laver les mains et un fléchage a été mis en place pour éviter qu’ils se croisent. “Les cavaliers ont aussi interdiction de pénétrer dans les locaux. Nous avons réquisitionné un manège pour en faire une sellerie, qui nécessite d’être désinfectée après chaque passage. Ce fonctionnement oblige à un battement de 20 minutes entre chaque cours.” De fait, les horaires ont aussi été réaménagées et les cours de baby poney, qui réunissaient une dizaine de petits avec leurs parents, sont quant à eux annulés.

À Polminhac, à Maurs...  “Des parents qui travaillent dans l’Éducation nationale nous ont dit que ce qui était imposé dans les centres équestres s’avère encore plus exigeant qu’à l’école !”, témoigne de son côté Tristan Gracient qui a mis également en place un rythme de cours différent et des mesures strictes : système de drive pour des parents qui déposent les jeunes élèves sans sortir de leur véhicule, sens de circulation unique, un cheval par cavalier, désinfection du matériel et des locaux, etc. Un début de retour à la normale, après avoir fait preuve d’imagination pour garder le contact avec les élèves. Avec son épouse Christelle, Tristan Gracient postait tous les deux jours sur Internet des séquences vidéo pédagogiques et techniques, mais traitées avec humour, en vue de la préparation aux examens. L’idée est si bonne, qu’elle a été reprise par la Fédération française d’équitation. “On a réagi très vite, car dès le début du confinement, nous avions compris que ce serait long et difficile.” En se remémorant l’annonce du Président, le 16 mars, il se souvient aussi de la première mesure prise dans l’urgence : tous les animaux ont été mis au vert. “On a lancé un appel pour des prêts de pâtures pour accueillir des poneys et des chevaux, partout en Châtaigneraie.” La solidarité locale a marché. Il n’y avait plus à Calsacy que les pensions et les chevaux de compétition de haut-niveau.  À ce sujet, on se désole à Las Courtines d’une activité d’élevage de chevaux de compétitions, d’abord mise à mal par l’annulation des concours pendant le confinement, puis par l’impossibilité pour les acheteurs étrangers de se rendre en France. “C’est pour nous une grosse activité, précise Jean Madamour. Tout est bloqué. On se demande jusqu’à quand cela va durer. On s’attend au pire s’il y a un rebond du nombres de cas de contaminations en septembre...”

Un été au ralenti Cette déception n’est cependant rien par rapport à l’inquiétude qui ronge le directeur du centre équestre de Polminhac : “L’été s’annonce catastrophique. Habituellement, durant les vacances, nous organisons des séjours avec hébergement pour les enfants. La plupart d’entre eux ont été annulés, ce qui correspond à une perte de 55 % du chiffre d’affaires.” Trois stages seront néanmoins mis en place, en petits effectifs : une trentaine d’enfants devraient venir, contre 130 à 140 en temps normal. Ce qui n’est pas sans conséquence non plus en termes d’emplois. “Nous aurions dû embaucher trois salariés pour assurer ces séjours, là on se contentera du personnel.” Les randonnées proposées aux cavaliers l’été, quant à elles, n’auront a priori pas la même fréquentation.  Même son de cloche à Maurs où Tristan Gracient s’attend à une perte sèche de l’ordre de 30 000 à 40 000 euros et qui se creusera encore cet été, en raison de l’annulation des groupes, centres de loisirs et autres stages initialement prévus ; sans doute 60 % de chiffre d’affaires annuel perdus(2), malgré le soutien de la Région, de la mairie de Maurs et de la Communauté de communes qui a suspendu les loyers, et la mise en chômage partiel de Christelle. Pour rebondir, l’heure est aux idées neuves (voir en encadré).  À Polminhac, on se concentre dès les prochaines semaines sur des concours internes qui pourraient être mis en place, dans le respect des mesures sanitaires, pour le plaisir des cavaliers. Renaud Saint-André et Mélanie Lelion

(1) Notamment l’ambiguïté relative aux structures qui, comme ici, ne sont pas fermées par quatre murs, mais ne sont pas du pur plein-air... (2) Autre mauvaise nouvell,e la fermeture du lycée Saint-Joseph et sa section équestre.

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