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Capeb
Les artisans du bâtiment abasourdis par une pluie de mauvaises nouvelles

Le secteur du bâtiment est sinistré. Les pertes d’emplois cumulées équivalent à quatre fois les plans de licenciement annoncés chez Peugeot. Les artisans descendent dans la rue.

Si Alain Lacroix se bat, c’est pour ses ressortissants, mais aussi pour ses clients, “qui bientôt ne pourront plus se payer de travaux”. 
Si Alain Lacroix se bat, c’est pour ses ressortissants, mais aussi pour ses clients, “qui bientôt ne pourront plus se payer de travaux”. 
© RSA

“C’est comme si nous étions sous une pluie de grêlons”, image Alain Lacroix. Le président de la Capeb Cantal se plaint d’une succession de mauvaises nouvelles, donc chacune fait un peu plus mal aux artisans du bâtiment. Alors qu’il est bien rare de voir les professionnels de ce secteur dans la rue, ils ont décidé de manifester vendredi à Clermont-Ferrand et espèrent bien se faire entendre du préfet de Région. La deuxième hausse de TVA en trois ans, passée de 5,5 à 7 % et promise à 10 % dès le 1er janvier 2014, aura été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Alain Lacroix s’avoue “abasourdi” par cette nouvelle, rappelant que cette TVA à taux réduit a décidé de nombreux propriétaires (occupants ou bailleurs) à effectuer des travaux satisfaisants aux exigences du Grenelle de l’environnement et limitant le nombre de logements vacants. Et a permis parallèlement de créer de nombreux emplois (40 000 emplois directs en France et jusqu’à 53 000 en comptant les emplois induits).

 

TVA, auto-entreprise...

Quant aux compensations fiscales, c’est de la poudre aux yeux selon le président de la Capeb 15. “Dans une entreprise sur deux, l’artisan est tout seul. Alors que comme pour tout le monde, ses charges augmentent de l’ordre de 8 %, il n’aura pas droit au crédit d’impôt”, tempête Alain Lacroix. “Et parallèlement, on met sur leur chemin des auto-entrepreneurs qui paient moins de cotisations et qui ne sont pas soumis à la TVA, qui n’ont aucune obligation de formation continue, ni les mêmes astreintes en matière d’assurance”, poursuit-il en sortant une calculette. D’après lui, un ouvrier qui touche 1 500 € net coûte 3 300 € à son entreprise ; pour un montant net équivalent, un auto-entrepreneur ne sortirait que 2 200 €... La Capeb dénonce aussi une loi de modernisation qui fragilisera encore davantage les trésoreries. Son président s’insurge aussi contre des mises aux normes inadaptées qui étouffent les petites entreprises. Il cite pêle-mêle : le référent sécurité qui doit être nommé dès qu’on est au moins quatre et sur les épaules duquel risque de peser une très lourde responsabilité, la création d’un fichier individuel de pénibilité, une salle de restauration dans chaque atelier, l’absence de poussière de bois y compris dans un atelier de menuisier... “Autant dire que peu auront l’agrément pour prendre avec eux un apprenti et ce sont nos savoir-faire qui disparaissent”, remarque Alain Lacroix qui souligne combien les artisans du bâtiment contribuent à la vie économique des plus petits villages. Il pointe aussi du doigt des contrôles inappropriés : “Par exemple, faire déjeuner ses ouvriers au restaurant du coin est considéré comme un avantage en nature qui doit être taxé, alors qu’il fait tourner le commerce de proximité, plutôt qu’une prime de panier qui oblige à manger dehors, sur le chantier.” “Il est temps de retrouver du bon sens”, plaide la Capeb qui dénoncera vendredi “des injustices” et formulera de “bonnes résolutions”.

 

 

 

 

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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