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Portrait Léo Nicolas
Léo Nicolas, un éleveur dans l’âme

éleveur laitier aux Ollières sur la commune d’Yssingeaux, Léo Nicolas conduit un troupeau de 55 vaches laitières. Son objectif, atteindre l’autonomie fourragère  et produire 7 000 litres de lait par vache et par an.

Léo Nicolas, jeune éleveur à Yssingeaux, dans sa stabulation laitière.
Léo Nicolas élève 55 laitières sur une exploitation de 68 ha.
© HLP

C’est avec le sourire que Léo Nicolas nous a reçu sur son exploitation située à quelques kilomètres d’Yssingeaux au pied du suc des Ollières dans un petit village du même nom, où il a repris au 1er janvier 2018 la ferme de son oncle Jean-Claude Nicolas. Un sourire qui en dit long sur la passion qui anime ce jeune éleveur.
Si ses parents ne sont pas agriculteurs, Léo avait pour terrain de jeu la ferme de son oncle sur laquelle il a pu faire ses premières armes. Puis, c’est chez un voisin jean-Luc Margerit éleveur laitier lui-aussi avec en plus un atelier de transformation du lait, que le jeune a fait son apprentissage dans le cadre d’une formation BTS ACSE suivie à l’ISVT au Puy. Son examen en poche, il souhaitait poursuivre sur une licence pro qui a malheureusement été fermée cette année-là faute de candidats. Il est alors devenu salarié dans un groupement d’employeurs, et partageait son temps entre la ferme de M. Margerit et celle de Jean-Claude. «J’ai appris beaucoup au contact de ces deux éleveurs, de bons éleveurs».

Il a choisi la production laitière

Sans pression, il a préparé sa future installation progressivement. Au 1er janvier 2018, il saute le pas et remplace son oncle qui faisait valoir ses droits à la retraite. Ce dernier avait un cheptel de 45 laitières multi-races, et élevait une quarantaine de veaux gras par an qu’il vendait en circuit court directement à un boucher local.
Léo, lui, a souhaité se concentrer sur la production laitière. Il a augmenté le troupeau, par renouvellement interne, pour atteindre 55 vaches de races montbéliarde et abondance. Il n’a pas de préférence pour l’une ou l’autre : «je vise 2/3 de montbéliardes et 1/3 d’abondances. Je veux produire du lait de qualité et à moindre coût. Je choisis aussi la rusticité». Il a dû investir pour agrandir la stabulation à logettes et l’espace de stockage des fourrages, et construire des silos couloir.
Dès son installation, Léo Nicolas a fait le choix d’adhérer à Haute-Loire Conseil Élevage. «Ça m’a été conseillé lors de mon installation. J’ai bien voulu m’engager».
S’il a repris un bon troupeau, comme le confirme Vincent Brunel technicien, le jeune éleveur manquait pourtant de connaître les performances de chacune de ses vaches. Le Contrôle laitier est pour lui un outil qui lui permet de «connaître le potentiel de chaque vache pour me guider sur la sélection. C’est aussi un suivi technique du troupeau avec des conseils en nutrition, sur l’état de santé des animaux…».
Et cet outil, Léo l’utilise beaucoup pour mesurer l’évolution de son troupeau. Et de donner ses chiffres : 280 000 l produits en 2018 avec 44 de TB, 34 de TP et 161 000 cellules ; et en 2020 environ 373 000 l produits, 43 en TB, 35 en TP et idem en cellules. Des chiffres très bons que Vincent Brunel complète, avec un IVV (Intervalle vélage/vélage) de 392 jours, 1,5 IA/vache et 61% de vaches remplies du premier coup. Le technicien souligne : «Même si Léo est parti avec un troupeau déjà bon, il continue à améliorer les performances de ses vaches».

Viser plus d’autonomie

Pour cela, le jeune éleveur travaille notamment sur la ration et en particulier sur le fourrage. Il a introduit le maïs ensilage dans sa ration. Avec l’appui de CEL43, il essaye d’optimiser la date des ensilages, fait pâturer plus tôt, et surveille bien ses animaux pour réagir au plus tôt en cas de problème. Avec ses 58 ha de surface utile dont 46 d’herbe, il est un peu juste et doit chaque année acheter du fourrage et de la paille pour environ 8 000 euros. «Pour l’avenir, je souhaite arriver à être autonome sur mon exploitation, et pour cela je vais ajuster mon troupeau à la surface dont je dispose». Et là, le jeune homme souligne un aléa qui vient contrarier ses plans : «Sur le secteur, nous sommes confrontés à de nombreux dégâts sur nos parcelles, dus aux campagnols terrestres et aux sangliers. Une situation qui devient très problématique…».
Léo Nicolas est confronté sur ce secteur à une forte pression foncière. Il ne pourra donc certainement pas s’agrandir, peut-être aller jusqu’à 70 ha et augmenter un peu les terres labourables. Alors, il envisage de progresser en production laitière par vache et ainsi diminuer l’effectif pour arriver à 50 laitières à 7 000 litres. Il n’affiche pas d’ambition démesurée. Lui, ce qu’il veut c’est «optimiser ce que j’ai et tirer une rentabilité de mon système».  Plus tard, il pourrait investir pour gagner un peu de temps.

«Une installation réussie»

Le conseiller CEL43, Vincent Brunel met en avant le côté «raisonné» de l’élevage de Léo. C’est «une installation réussie» dit-Il. Et Léo ajoute «j’étais bien préparé, je ne me lançais pas dans l’inconnue». Son apprentissage et son expérience de salarié l’ont effectivement aidé dans la conduite de son troupeau, et l’appui technique dont il bénéficie aujourd’hui lui permet d’aller encore plus loin dans la maîtrise de ses charges et dans l’évolution des performances de son troupeau.
«Quand on voit qu’on évolue, que ça marche, ça encourage» résume Léo qui reste toutefois vigilant face aux investissements qu’il devra prévoir et à l’évolution des prix des intrants et du prix du lait, qui peuvent influer sur le résultat de l’exploitation.
Passionné, volontaire, réaliste, le jeune éleveur est fier de son métier.

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