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Domagri
« L’engagement durable de la coopérative n’est pas un vain mot »

Le développement durable était au coeur des travaux de l’assemblée générale de la coopérative réunie la semaine dernière.

Le développement durable fait désormais partie du quotidien, y compris de celui des Coopératives agricoles. Domagri a déjà fait ses preuves dans ce domaine : le raisonnement des cultures, la fertilisation azotée, l'intervention phytosanitaire... sont autant d'axes de travail sur lesquels la coopérative auvergnate s'est engagée en réponse aux évolutions des attentes économiques et environnementales formulées par la société. « On ne peut pas accuser l'agriculture de ne rien faire pour le développement durable », s'est exprimé le président Michel Delsuc avant de rappeler que « la vocation première de l'agriculture est de nourrir le monde ». Une équation parfois difficile à résoudre quant il s'agit de produire plus et mieux dans un contexte de plus en plus contraignant...

Société, économie environnement : les trois piliers
Pour Pierre Maillard, chargé de mission à Coop de France le paradoxe est effectivement fort. Invité à s'exprimer sur le thème de « la coopération agricole et le développement durable » il a mis en avant la difficulté de rendre compatible la demande de la société, les attentes environnementales et le besoin de production. « Les coopératives peuvent apporter une réponse à ces trois interpellations en s'engageant dans un système d'évaluation de leur développement durable» explique Pierre Maillard. Coop de France propose un outil de notation et d'auto-évaluation du développement durable comparable à celui de l'industrie. La démarche, qui est aujourd'hui testée sur six coopératives, consiste à mettre en place une grille de notation permettant de mesurer les approches économiques, sociétales et environnementales engagées par la coopérative.

Domagri dans le sillon du développement
Domagri est déjà dans le sillon du développement durable. Les actions de la coopérative sont diverses. Elles portent sur la collecte des EVPP et PPNU, sur la fourniture de variétés adaptées à la région, sur l'incitation à l'autonomie fourragère des exploitations, sur la transformation d'un maximum de céréales sur place, « ce qui permet de maintenir une plus value locale et de préserver des emplois » précise Michel Delsuc. La coopérative de la Limagne joue également la carte de la proximité à travers ses 18 sites répartis sur le département. Dans ses filiales telles que Gamm Vert, elle participe aussi au développement durable en proposant des sacs biodégradables, des papiers recyclés ou des produits responsables.
Pour Alain Tridon, directeur départemental de l'agriculture et de la forêt, « le développement durable c'est l'intersection entre les enjeux sociétaires, les enjeux économiques et les enjeux environnementaux. Les agriculteurs doivent faire savoir les efforts engagés depuis des années dans ce sens. Et l'outil de notation proposé par Coop de France peut contribuer à mieux communiquer en dehors du microcosme agricole. »

La récolte céréalière de 2006 s'est soldée par des baisses de rendement conséquentes (-15 % par rapport à une année normale). L'amélioration des prix a toutefois permis de verser en juin des compléments de prix sur l'ensemble des productions. « Et l'ensemble de la plus value retrouvée sur le marché a été intégralement reversé redonnant un peu de perspective aux producteurs » indique Michel Delsuc. De son côté, la récolte 2007 a connu un net recul en terme de rendement pour les céréales à paille et le colza. Mais l'évènement le plus marquant a été sans aucun doute l'augmentation des prix. «Cette situation nous redonne de véritables perspective et nous encourage à retrouver le chemin de la productivité afin de combler les déficits de trésorerie accumulés ces dernières années sur nos exploitations » explique le président de Domagri. Dans ce contexte embivalent, la coopérative poursuit le développement de ses outils de transformation et de diversification. Elle a adapté le moulin pour améliorer ses capacités d'écrasement. En boulangerie, la coopérative a racheté le Fournil Auvergnat aujourd'hui fusionné avec la filiale la Gerbe d'Or et une nouvelle unité de production est désormais opérationnelle sur le biopôle Clermont-Limagne. La coopérative a également restructuré son activité de loisirs verts par la reprise d'une jardinerie à Cournon portant la surface de vente de 1 500 à 4 900 m2.
Pour Patrick Pithon, directeur de Domagri, « le challenge est de faire évoluer le métier de base de Domagri à travers l'apport de conseils et de services, tout en répondant à la demande de la société. Notre coopérative est engagée dans la démarche du système de conseil agricole visant à obtenir la reconnaissance et la qualité du conseil ».

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