Le Stade aurillacois en quête de rachat ?
RUGBY - Christian Millette, président du Stade aurillacois, a tiré le bilan de la saison écoulée et affiché les ambitions pour le prochain exercice. Une chose est sûre : pas question de revivre la saison 2025-2026 !
RUGBY - Christian Millette, président du Stade aurillacois, a tiré le bilan de la saison écoulée et affiché les ambitions pour le prochain exercice. Une chose est sûre : pas question de revivre la saison 2025-2026 !
Une saison "catastrophique"
Le 15 juillet, le Stade aurillacois a convié partenaires et supporters à la présentation du cru 2026-2027. L’occasion également pour le président Christian Millette de faire un point de situation devant la presse, en revenant sur le dernier exercice et en affichant les ambitions pour la suite. Et le président n’a ménagé personne !
Pour moi, la fin de saison a été catastrophique, incompréhensible. Le premier responsable c’est moi. Quelque part, on a mal fait les choses. Je crois que la saison dernière, jusqu’à la 23e journée, j’étais un président heureux avec des Aurillacois et des Cantaliens fiers. On produisait du beau jeu. On était dans les objectifs affichés qui sont de toujours d’aller chercher cette sixième place, même si on savait que ce serait très difficile. Mais on était en course.”
Le tournant "Carcassonne"
À la 23e journée, “on se voit beaux, très beaux d’ailleurs” poursuit le président. La 23e journée, c’est le match de Carcassonne. Ne voulant pas rentrer dans la polémique de l’arbitrage, Christian Millette reste concis. “Ce match-là, qu’on perd, casse tout ! Si on le gagne, on est toujours en course, donc le joueur reste mobilisé. Et quand on le perd, on se voit beaux, très beaux d’ailleurs car on a 53 points je crois à l’époque, mais il restait sept matches. Pas de soucis. On se dit ça y est c’est fini... Le président ne s’en est pas rendu compte. Je pensais qu’on allait pouvoir rebondir, mais comme on n’avait pas fixé d’autres objectifs, au final, on fait vraiment une saison dramatique et catastrophique.”
Tout le monde a lâché "moi le premier"
Son ressenti, Christian Millette l’a fait connaître aux joueurs comme au staff, “car je pense que tout le monde a lâché, moi le premier, les coachs aussi, un peu trop sûrs de nos forces (...) C’est une saison à oublier, mais je l’ai dit ce matin aux joueurs : cette année il ne faut pas faire 23 matches. Il faudra en faire 30 et les 30 mêmes !”
Au-delà de l’aspect sportif, cette fin de saison dernière a aussi eu un coût. “Économiquement, à chaque fois qu’on rétrograde, entre la 8e place et la 14e, ce n’est pas tout à fait les mêmes sommes qui nous arrivent.” Le président avoue avoir été un peu plus souple quant au nombre de Jiff (jeune issu de la formation française) utilisé lors de chaque match avec une moyenne en fin de saison qui rapporte pas mal d’euros. “Le club n’est pas en danger, mais on n’aura pas les mêmes réserves.”
La sixième place
Quant aux objectifs pour la saison à venir, ils sont on ne peut plus clairs d’un point de vue comportement : “aller chercher cette sixième place, même si on sait, et il ne faut pas se voiler la face, que c’est très très difficile, très très compliqué”. Car tous les clubs ont cette ambition-là, celle d’une place qualificative.
Personne ne part en disant “non non je ne veux pas ! On sait qu’on a des clubs beaucoup plus armés avec beaucoup plus de moyens... mais nous, on est le club le plus ancien en Pro D2 et l’équipe la plus présente à ce niveau-là.”
De même, pas question pour lui d’aller sur le volet financier. Les choses sont ce qu’elles sont avec un modèle économique qui fait ses preuves dans le Cantal. Christian Millette estime d’ailleurs que le sujet d’un éventuel salary cap pour la Pro D2 “est une absurdité. Il est légitime que des clubs aient l’ambition de monter. On ne peut pas les contraindre, sinon c’est les tuer pour une accession et surtout une chance de s’y maintenir. Il faut l’accepter. Nous, on est comme ça depuis la nuit des temps et on va continuer d’être comme ça. On essaye d’être ingénieux, de trouver des moyens.”
L'effectif
D’un point de vue effectif, le président estime que “sur les 16 départs, on va dire qu’il y en a sept ou huit qui jouaient, des joueurs clés, importants et qui sont partis. Les autres... ça ne me change rien. Bien sûr que certains, j’aurais aimé les garder”. La perte d’un côté, les arrivées de l’autre : “On espère avoir récupéré de très bons joueurs”, tout comme il attend “beaucoup plus” de ceux qui sont déjà en place, “mais ça c’est une évidence”. Ceci étant, “on risque de durcir un petit peu nos positions à un moment donné sur l’impératif absolu de se bouger” pour être mieux que l’image laissée ces derniers mois.
J’espère qu’il va y avoir une belle et saine émulation. Mais les échos que j’ai depuis la reprise semblent satisfaisants et les coachs semblent satisfaits des joueurs mis à leur disposition.”
Seize départs donc pour autant d’arrivées - le cas Giorgi Kartvelishvili est toujours en discussion - dont celle du coach Hadley Jackson qui remplace Jérémy Wanin pour s’occuper des lignes arrières. “C’est un choix qui est le fruit d’une discussion avec les entraîneurs. Ce sont eux qui m’ont proposé Hadley qui était déjà intervenu ici.” Pour rappel, l’Australien officiait pour l’équipe des Pays-Bas.
Christian Millette attend beaucoup de son groupe sur le terrain et du jeu proposé, “mais d’abord, il faut gagner les matches, insiste-t-il. C’est la priorité pour moi. Quand on fait du beau jeu, c’est encore mieux, mais le beau jeu est lié quelque part aux talents. On en a quelques-uns et j’espère qu’on pourra développer un jeu attractif”.
L'appel devant le CNOSF
Le président Millette est revenu également sur l’appel de la sanction retenue à l’encontre du club, notamment le huis clos face à Dax le 4 septembre. Suite aux incidents du 27 mars dernier à Jean-Alric où un journaliste a été pris à partie par quelques spectateurs lors de la rencontre face à Biarritz, le Stade s’était vu infliger par la commission de discipline de la Ligue nationale de rugby (LNR) une amende de 16 000 euros et une suspension de terrain d’un match avec sursis. Le club avait fait appel de cette sanction devant la commission fédérale de la FFR “car elle n’était pas acceptable pour moi”, tranche le président Millette. Il s’est avéré que la Fédération a fait appel de cet appel et a alourdi la peine passant l’amende à 10 000 €, mais, plus grave, a sanctionné le club d’un match à huis clos cette fois. “On fait donc appel devant le CNOSF (comité national olympique et sportif français). J’ai l’intime conviction que l’on doit pouvoir arriver à convaincre le médiateur et trouver une solution plus satisfaisante pour le club”. En effet, ce match à huis clos pourrait faire perdre “a minima aux environs de 100 000 € jusqu’à 200 000 ou 300 000 € si cela avait été Brive”, avait fait valoir le président avant de savoir que ce match concernerait la réception de Dax. Il prenait notamment en compte la recette match, les boissons, le premier match, l’impact sur les abonnements, les partenariats... “Ce sont des arguments que nous allons développer. Je reste serein. Je veux croire en l’efficacité de la justice et j’espère que l’on va trouver une solution qui permettra d’accueillir le public.”