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Le Service de Remplacement du Puy-de-Dôme trace la voie vers plus d’efficacité

Le Service de Remplacement du Puy-de-Dôme a connu en 2025 une baisse de 10,5 % de son activité, avec 10 299 journées de remplacement contre 11 504 en 2024, révélant des tensions structurelles entre offre et demande.

© Réussir

Les congés dominent toujours les motifs de remplacement (49 %, soit 4 995 jours), suivis par la santé (32 %, 3 321 jours) et la maternité-paternité (15 %, 1 516 jours). Les formations (145 jours) et mandats syndicaux (26 jours) restent anecdotiques. Si les congés se stabilisent, la santé et la maternité-paternité, motifs par nature imprévisibles, accentuent la volatilité de l’activité. Le service souligne aussi une baisse globale des adhésions (683 contrats groupe) et une réduction des effectifs de salariés avec 54,29 ETP en 2025 contre 59,40 en 2024.

 

Périodes creuses et turnover : les défis de la fidélisation des agriculteurs et des salariés

Le Service de Remplacement connaît des périodes creuses sur l’année, suivant l’activité de leurs adhérents. Selon Christophe Ferret, président de l’association : « ces baisses d’activité sont la première cause de turnover chez les salariés ».
Ces derniers, très demandés à une période (notamment l’été), le sont bien moins par la suite, générant un salaire fluctuant. La problématique est particulièrement prégnante dans les élevages laitiers, où les salariés du Service de Remplacement sont souvent sollicités uniquement quelques heures pour la traite.
« Ce genre de situations crée un sentiment de rôle de "bouche-trou" pour nos salariés et, sur le long terme, une démotivation croissante ».
Pour y remédier, le Service de Remplacement propose de former les employés pendant ces temps morts, afin d’accroître leur polyvalence et leur expérience. Les administrateurs de l’association misent également sur un renforcement de la communication sur les aides financières pour rendre le remplacement plus accessible.

 

Bientôt une obligation d’usage pour les adhérents ?

Par ailleurs, 60 % des adhérents utilisent peu ou pas le service. Le manque d’habitude, le coût perçu, la réticence à déléguer ou le manque de disponibilité des salariés formés sont pointés du doigt.
« Il faut abattre ces idées reçues », affirme Christophe Ferret, qui ajoute : « les secteurs où le remplacement fonctionne le mieux sont ceux où les agriculteurs emploient les salariés régulièrement dans l’année, en dehors des seuls congés et maladies ».
Le Service de Remplacement prévoit d’organiser des journées portes ouvertes chez des adhérents satisfaits et ayant recours aux salariés de façon régulière pour tenter de convaincre les agriculteurs.

Parmi leurs réflexions, les administrateurs ne s’interdisent pas d’aller plus loin, notamment en intégrant une obligation minimale d’utilisation dans le règlement intérieur de l’association.
« Des départements imposent 1 à 2 journées par an à leurs adhérents. Ce n’est pour l’instant qu’à l’état de réflexion, ce ne sera pas mis en place demain. »

Avoir recours aux salariés du Service de Remplacement de façon régulière est à la fois bénéfique pour pérenniser l’emploi, mais aussi pour l’agriculteur.
Christophe Ferret n’a de cesse de le marteler : « un salarié qui connaît le fonctionnement de l’exploitation parce qu’il y a déjà travaillé, deviendra un agent de remplacement plus efficace en cas de coup dur ».

Enfin, le Service a marqué 2025 par la création d’un groupement d’employeurs à Besse et sa réintégration au réseau Sentinelle de la MSA, dédié à la prévention du mal-être en milieu agricole. Dans les 12 prochains mois, les priorités de l’association restent la satisfaction des adhérents, développer les adhésions, rendre le remplacement plus accessible et créer, professionnaliser et maintenir les emplois.

 

« Un salarié qui connaît le fonctionnement de l’exploitation parce qu’il y a déjà travaillé, deviendra un agent de remplacement plus efficace. »

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