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Le salariat, un atout pour les exploitations caprines

L’interprofession caprine de Nouvelle-Aquitaine (ANICAP NA) a mis le salariat en lumière lors de son assemblée générale du 7 mai dernier. Éleveurs caprins, structures de l’emploi agricole et étudiants ont souligné son importance lors d’une table ronde sur le sujet.

© PD

Des besoins de main-d’œuvre croissants

La dernière édition du salon Capr’Inov a été l’occasion de questionner les éleveurs caprins sur leurs besoins de main-d’œuvre. La moitié des éleveurs interrogés ont déclaré avoir besoin d’un salarié et rencontrer des difficultés pour recruter. La principale raison évoquée est le manque de candidats qualifiés. À l’échelle nationale, le salariat représente aujourd’hui 22 % des ETP¹ dans l’élevage caprin, beaucoup plus qu’en élevage bovin et ovin (15 % en bovin lait, 11 % en ovin viande) mais moins que dans le maraîchage (76 % en serre) et l’élevage porcin (40 %). Quels sont les leviers qui pourraient aider éleveurs et salariés à bien travailler ensemble ? Autour de la table pour répondre à cette question, l’ANICAP NA avait convié des éleveurs employeurs de salariés, des représentantes de l’ANEFA et du Service de remplacement ainsi que deux étudiantes et le directeur du lycée agricole de l’Oisellerie (16)

Une organisation claire qui laisse de la place pour la vie personnelle

Première étape pour les structures de l’emploi agricole : l’employeur doit bien définir ses besoins. « Les éleveurs savent ce qu’ils veulent mais sans forcément savoir le détailler », explique Khadija Zeghloul, directrice de l’Anefa Poitou-Maritime. Il faut aussi que le salarié soit en accord avec la variabilité des horaires et que l’éleveur tienne compte de ses aspirations. « On ne peut pas gérer la nouvelle génération comme on le faisait avec la précédente », souligne Jérôme Clochard éleveur caprin et employeur de treize salariés. « Il faut être à l’écoute, tenir compte des générations, créer un esprit d’équipe », ajoute David Tireau, éleveur installé depuis 2011 et qui a été salarié lui-même pendant cinq ans. Un changement d’état d’esprit confirmé par les étudiantes présentes et par Thierry Adam, directeur du lycée agricole de l’Oisellerie. « Les ambitions ont évolué, poursuit Roxane Boisson, directrice du service de remplacement de la Vienne. Le but ultime n’est plus un CDI mais la découverte de différentes façons de travailler, d’une organisation différente… » Si tous les métiers comportent des avantages et des inconvénients, pour Thierry Adam, directeur du lycée agricole de l’Oisellerie (16), la tendance à pouvoir préserver une vie personnelle est une tendance de fond qui s’affirme depuis de nombreuses années. Le salariat, c’est aussi une façon de se former. « Cela me permet d’apprendre d’autres choses et mieux définir mon projet d’installation », indique Estelle Vigneron, étudiante en CS caprin en apprentissage à Melle. Pour les employeurs, le plus compliqué reste la gestion administrative des salariés et des ressources humaines.

 

1. ETP : équivalent temps plein

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