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Le revenu agricole est de plus en plus soumis à la volatilité des prix

Selon les comptes officiels, le revenu agricole se serait nettement redressé en 2010 après avoir touché les abîmes en 2009. Derrière ces moyennes se cachent d'importantes disarités entre les productions. Analyse.

Derrière les chiffres généraux, se cachent d'énormes disparités.
Derrière les chiffres généraux, se cachent d'énormes disparités.
© © Réussir SA / Sophie Bourgeois

Conséquence de la forte volatilité des prix et de l’abandon des mécanismes de gestion de marché, le revenu agricole évolue en dents de scie depuis quelques années. Après une baisse cumulée de 46 % entre 2007 et 2009, le résultat courant par actif non salarié des exploitations agricoles se serait fortement redressé en 2010, selon la Commission des comptes de l’Agriculture. Avec une hausse de 66 %, il atteindrait en moyenne 24 400 euros. Mais il resterait néanmoins inférieur de 11 % à celui de 2007. Et si on examine les moyennes triennales des revenus moyens par actif non salarié, l’évolution 2010 s’inscrit dans le prolongement d’une tendance baissière des cinq dernières années de -5 % par an.
« Beaucoup d’agriculteurs vont tomber de leur chaise quand ils vont voir ces chiffres », a commenté le nouveau président de la FNSEA, Xavier Beulin. « Quand je vois ce qui se passe dans la production porcine, laitière, bovine, les éleveurs vont être désabusés et se demander s’ils ne sont pas sur une autre planète », a-t-il poursuivi. « C’est d’abord un rattrapage parce que les agriculteurs ont connu en 2009 une crise épouvantable », a indiqué le ministre de l’Agriculture, en précisant que « le revenu des agriculteurs restait inférieur de 10 à 15 % au revenu moyen des Français ».
Derrière ces chiffres se cachent de fortes disparités. L’embellie provoquée par la remontée des cours des céréales, des oléagineux et des protéagineux, conjuguée à la baisse du prix des engrais a surtout bénéficié aux producteurs de grandes cultures. Après avoir atteint son niveau historiquement bas en 2009, le revenu des céréaliers retrouve un niveau de revenu moyen. Mais toujours inférieur de 12 % en 2010, en moyenne triennale.

Redistribution des aides
En revanche, la hausse des prix des céréales a une incidence négative sur les coûts de production et le revenu des éleveurs. Et si le revenu des élevages bovins laitiers ou à viande se redresse en 2010, les tendances à court comme à moyen terme restent nettement négatives : - 14 % en moyenne annuelle depuis cinq ans pour les éleveurs de bovins viande et - 6 % pour les producteurs de lait. En 2010, les élevages d’herbivores ont surtout bénéficié du plan d’urgence annoncé par le président de la République, fin octobre 2009 à Poligny dans le Jura,  et de la réorientation des aides prévues par le bilan de santé de la Pac. Quant au revenu des éleveurs ovins, il s’inscrit en progrès grâce à la nouvelle aide couplée issue du bilan de santé. Il n’en reste pas moins que le revenu moyen des élevages ovins, comme celui des bovins viande, demeure sur les trois dernières années inférieur de 40 % à la moyenne des exploitations professionnelles.

Amélioration conjoncturelle
L’augmentation du prix des aliments a surtout frappé les producteurs hors sol, ceux de porcs et de volailles, surtout au deuxième semestre. Mais si leur revenu affiche une hausse de 8 % entre 2009 et 2010, il demeure néanmoins sur une tendance baissière de 11 % par an depuis 2006. Et la tendance est inquiétante pour 2011, surtout pour les producteurs de porcs.
Seul secteur à voir ses revenus baisser : les viticulteurs. Surtout ceux qui produisent des vins d’appellation dont le revenu diminue de 7 %, alors que les producteurs de vins courant voient leur situation se redresser. Quant aux arboriculteurs, leur revenu s’améliore : la faiblesse de la récolte 2010 ayant provoqué une nette amélioration des prix par rapport à 2009. Et malgré ce mieux, l’évolution de moyen terme reste en baisse de 7 % par an sur trois ans.
Du mieux en revanche pour les exploitations maraîchères et horticoles qui  voient leur revenu s’accroître de 7 % par an, en moyenne triennale. Mais cette hausse n’infirme pas la baisse tendancielle observée depuis 2002.

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