Aller au contenu principal

Engraissement
Le projet « Engraisser demain en Haute‑Vienne » s’exporte

Désormais en place, le plan d’action pour l’engraissement initié en Haute-Vienne intéresse les départements voisins y compris hors Limousin. Le 15 mai, Opalim avait convié Régis Desbordes, élu de la Chambre d’agriculture 87 et cheville ouvrière du projet, à le présenter à l’occasion de son assemblée générale.

Régis Desbordes (chambre d’agriculture de la Haute-Vienne) est venu présenter le projet lors de l’assemblée générale d’Opalim.
Régis Desbordes (chambre d’agriculture de la Haute-Vienne) est venu présenter le projet lors de l’assemblée générale d’Opalim.
© P. Dumont

On le sait, les exploitants agricoles limousins vieillissent et les candidats à la reprise ne sont pas assez nombreux. Dans les dix années à venir, près de 1 500 d’entre eux partiront à la retraite. En parallèle, la région perdrait plus de 16 000 vaches allaitantes. Autres constats : la productivité du cheptel allaitant chute et les éleveurs limousins ont les revenus agricoles parmi les plus faibles en France. Dernier fait marquant, l’exportation de près de 90 % du maigre produit vers l’Italie s’essoufle. Tous ces éléments ont conduit les Jeunes Agriculteurs et la Chambre d’Agriculture de Haute-Vienne à réagir. En septembre 2013, un colloque réunissait éleveurs, organisations de producteurs et abatteurs autour d’une question : faut-il engraisser nos bovins ? Les abatteurs présents étant preneurs d’animaux supplémentaires, un plan d’action a été construit avec l’objectif d’engraisser 10 % du maigre produit en Limousin par an, soit environ 1000 animaux. Le projet « Engraisser demain » est aujourd’hui finalisé. Après des contacts dans l’Indre ou la Vienne, c’est en Creuse, à l’assemblée générale d’Opalim, que Régis Desbordes, en charge du dossier pour la Chambre d’agriculture, est venu présenter l’accompagnement proposé aux porteurs de projets. Structuré en trois phases, il débute par une étude technico-économique (gratuite) permettant de définir des objectifs de production, d’estimer les besoins en surface, les frais d’élevage. Au travers de l’étude est aussi calculé un prix objectif intégrant une rémunération d’1,5 Smic. Côté financement, des solutions spécifiques ont été développées par le Crédit agricole Centre-Ouest. La principale difficulté étant le financement de la trésorerie, une ligne OCC Cap’engraissement a été mise en place pour l’achat et l’engraissement des bovins en plus du Cap’appro destiné aux cultures. Autre élément, et pas des moindres, si l’éleveur doit remplir son bâtiment, à l’autre bout de la chaîne, l’abatteur doit également s’engager. Un suivi technique et technico-économique sera ensuite assuré.

De nombreuses questions
Avant même la présentation détaillée du projet, beaucoup de questions et une certaine défiance sont apparues dans la salle. Par le passé, des projets d’engraissement sont restés sans suite, pourquoi celui-ci fonctionnerait-il ? Les risques seront-ils partagés ? Les abattoirs peuvent-ils supporter plus d’animaux alors qu’ils en refusent actuellement ? Un prix rémunérateur sera-t-il garanti ? Les abatteurs s’engageront-ils réellement alors qu’ils ne l’ont jamais fait ? À chaque interrogation, une réponse de la chambre d’agriculture. « On sait que tout le monde ne s’y retrouvera pas, mais nous offrons la possibilité aux éleveurs volontaires de s’engager dans la démarche, a rappelé Régis Desbordes. OP, abatteurs, banque, tous ont répondu présents et se sont engagés. Nous devions agir pour maintenir la production et sécuriser les revenus, sans ça nous aurions perdu des marchés. Pour ça, nous devons être en mesure de fournir les produits et les volumes demandés. La contractualisation avec les abatteurs permettra aussi de conquérir de nouveaux marchés ». Benoît Ferrand de Somafer a pour sa part répondu aux questions des éleveurs sur l’engagement des abatteurs. « Somafer contractualise déjà depuis de nombreuses années sur certaines catégories d’animaux mais hors région. Au moment où nous avons voulu contractualiser, personne en Limousin n’a pu répondre à notre demande », a-t-il précisé.
À l’heure actuelle, une dizaine d’éleveurs haut-viennois ont contacté la chambre d’agriculture pour l’étude d’un projet d’engraissement.

Rédaction Réussir

Les plus lus

En 2010 et 2015, les éleveurs avaient déjà bloqué les sites du groupe Bigard.
Les éleveurs de viande bovine vont bloquer les abattoirs du groupe Bigard

Trop c'est trop. Face à la baisse continue des cours en viande bovine, les éleveurs ont décidé de passer à l'action. Ils…

Portrait Mickaël Clarissou : l’éleveur limousin qui sculpte l’avenir de son troupeau

Éleveur passionné au GAEC Clarissou situé à la Croix du Don près de Saint-Paul, Mickaël perpétue avec son frère Jérôme un…

fromages saint-nectaire
La filière AOP saint-nectaire progresse, mais l’idée d’une régulation des volumes reste d’actualité

Rejeté au printemps par les producteurs, le projet de maîtrise des volumes de l'AOP saint-nectaire reste indispensable pour…

Plus de 80 % des Cuma ont une activité récolte.
Agriculture : comment bénéficier du crédit d'impôt CUMA ?

Le dispositif s'adresse directement aux agriculteurs et agricultrices membres d'une CUMA. Le calcul se base sur le montant des…

Les cultures de maïs consommation et semence ont souffert davantage des fortes chaleurs que du manque d'eau avec une grosse problématique de fécondation.
La production de maïs semoulier en chute libre en Auvergne, Limagrain contraint aux importations

La filière maïs en Limagne est face à un défi historique. Pour Limagrain, 2026 s'annonce d'ores et déjà comme une année noire,…

Les démarches administratives et réglementaires autour des concours équins se renforcent.
Chevaux de trait : les concours 2026 changent de règles

Entre migration numérique, nouvelles règles sanitaires et formation de la relève, l’Association des Éleveurs de Chevaux de…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière