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Le président de la République se veut rassurant

Deux jours avant l’ouverture du Salon de l’agriculture, Emmanuel Macron a reçu près de 1000 jeunes agriculteurs à l’Elysée pour leur livrer sa vision de l’agriculture de demain. Indiquant les premiers éléments du grand plan d’investissement, il est également revenu sur les sujets de tension actuels, comme la révision des ZDS ou les négociations de l’accord UE/Mercosur.

© HC

Désireux d’imposer son style, le président de la République a instauré le 22 février un nouveau rendez-vous en amont du Salon de l’agriculture, recevant à l’Elysée près de 1 000 agriculteurs récemment installés, représentants toutes les régions, toutes les productions et toutes les orientations syndicales. Il ne s’agissait « pas de préparer l’ambiance de samedi », a insisté Emmanuel Macron deux jours avant sa visite au Salon, mais de « tenir un discours de vérité » sur l’avenir de l’agriculture. Le président a tenu à rappeler l’investissement de son Gouvernement en faveur du secteur agricole, qui s’est traduit, dès le début de sa mandature, par les États généraux de l’alimentation, tout en réaffirmant sa position sur les sujets d’actualité. Il a donc défendu son action dans le cadre de la révision de la carte des zones défavorisées simples, qui fait entrer 4 900 communes supplémentaires et consacre davantage d’argent à l’ICHN. Néanmoins, pour les sortants, « un vrai travail d’accompagnement va être construit dans les prochaines semaines », a-t-il rappelé, ajoutant par ailleurs que pour les départements qui ont un grand nombre de communes sortantes, notamment les Deux-Sèvres, « il ne faut pas se mentir, il n’y avait plus aucun argument objectif à présenter ».

Des lignes rouges sur le Mercosur
Le sujet de l’accord UE/Mercosur en négociation a également fait l’actualité de la semaine, avec une manifestation généralisée des réseaux FNSEA et Jeunes agriculteurs dans toute la France, le 21 février. En réponse, Emmanuel Macron a rappelé un certain nombre de lignes rouges. « Il n’y aura pas de réduction de nos standards de qualité, sociaux, environnementaux et sanitaires », a-t-il souligné, estimant que la protection des consommateurs européens devait être renforcée, notamment par des contrôles, pour éviter que n’entre sur notre sol des produits non conformes aux normes européennes. Il a par ailleurs rappelé qu’une clause de sauvegarde avait été demandée par la France pour suspendre l’application du traité, si un marché est déstabilisé, à un moment donné, par l’arrivée de produits étrangers. Le président a néanmoins rappelé sa détermination à aboutir à un accord, estimant que certains secteurs de l’agriculture française y ont des intérêts offensifs, et que les secteurs les plus fragiles doivent se renforcer pour être plus compétitifs.

Gestion des risques, foncier, fiscalité
Pour assurer l’avenir de cette nouvelle génération agricole, le président a par ailleurs insisté sur différents leviers : la gestion des risques, qui doit être au cœur de la future PAC, la fiscalité agricole, avec une refonte de la DPA et la mise en place d’une épargne de précaution dès 2019. « Au mois de mai, il faut qu’on ait défini notre stratégie au niveau des instruments financiers que nous défendrons pour la PAC », a-t-il précisé. Sur le foncier, alors qu’il y a quelques mois, le Gouvernement envisageait d’expérimenter la suppression du contrôle des structures, Emmanuel Macron semble avoir revu sa position puisqu’il propose d’accentuer l’attention sur certaines situations, en posant notamment « des verrous réglementaires pour arrêter les rachats de terres par les étrangers ». « Pour moi, les terres agricoles en France sont un investissement stratégique dont dépend notre souveraineté alimentaire », a-t-il insisté. Le chef de l’État propose, en outre, des prêts pour faciliter le départ à la retraite des agriculteurs et la reprise des terres par un jeune, sachant que d’ici 2020, 40 % des agriculteurs actifs partiront à la retraite.

Premiers éléments du grand plan d’investissement
Enfin, si les détails du grand plan d’investissements de 5 milliards d’euros doivent normalement être donnés par le Premier ministre à l’occasion du Salon de l’agriculture, Emmanuel Macron a évoqué quelques pistes pour accompagner la transformation qu’il appelle de ses vœux. Au-delà d’investissements destinés à la modernisation des bâtiments d’élevage et de transformation pour répondre davantage aux attentes des consommateurs, plusieurs leviers ont été annoncés. 1 milliard d’euros sera consacré aux prêts de garantie. Les garanties personnelles demandées aux entreprises personnelles seront fortement réduites pour passer à 20 %, quand elles avoisinent aujourd’hui les 130 %. Un fonds de prêt destiné aux projets de méthanisation sera également mis en place avec la BPI, à hauteur de 100 millions d’euros. Toujours avec la BPI, un nouveau dispositif de fonds propres de 20 millions d’euros sera lancé pour faciliter la prise de participation dans des PME. Le Président a de plus annoncé sa volonté de consacrer au moins 1,4 milliard d’euros de prêts sans garantie au secteur agricole sur la mandature. Des mesures qui restent à préciser au Salon de l’Agriculture, événement qui sera aussi l’occasion, pour le gouvernement, d’annoncer le plan Ambition Bio et le plan Pesticides.

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