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Sécheresse et agriculture
Le préfet mesure l´étendue des dégâts

A l´invitation de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs, le préfet a visité mardi une exploitation de la Margeride pour se rendre compte sur le terrain des conséquences de la sécheresse. Plusieurs mesures sont demandées ou envisagées pour faire face à l´urgence : l´approvisionnement en fourrages.

© AA
Ironie du sort : il venait de pleuvoir et l´air était un peu frisquet mardi à Chaliers, sur le plateau de la Margeride, lorsque le préfet a visité la ferme du Gaec du Breuil avec l´intention de se rendre compte sur le terrain des conséquences concrètes de la sécheresse sur une exploitation. "Des pluies qui ne changent rien au problème de fond", a convenu Philippe Rey, puisque le mal est fait et que les déficits fourragers ne se rattraperont plus, quoi qu´il arrive.Un tiers de la récolte normale"Nous n´avons récolté qu´un tiers de la quantité normale de fourrages", a témoigné Thierry Robert, qui exploite avec son père 60 hectares (dont 7 de céréales) avec 30 vaches laitières montbéliardes et 20 vaches allaitantes. "On a ramassé 180 m3 d´ensilage au lieu de 500, et 160 ballots de foin au lieu de 450", précisait-il.Plus loin, il a montré une parcelle de triticales grillées par le soleil. Le grain n´a pas eu le temps de se former, faute de pluie, et ces céréales devront être moissonnées dès juillet, avec presque un mois d´avance. D´autres ont choisi de les ensiler précocément."Les prairies sont tellement sèches que, depuis 15 jours, nous sommes obligés d´apporter du foin aux bêtes", dit-il.Situation qui a contraint l´agriculteur à acheter 30 tonnes de fourrages et des aliments complémentaires, de quoi tenir deux mois environ. Il estime qu´il devra ainsi en acheter plus de 100 tonnes. A 1 F le kilo, le calcul est vite fait.Plus de stocks pour faire face"J´avais déjà dû acheter 25 tonnes de paille et de foin l´année dernière à cause de la sécheresse que nous avons connue sur la Margeride", poursuit Thierry Robert. "Nous n´avons plus du tout de stock pour faire face", confirme un agriculteur, qui estime ses besoins à 200 tonnes.La sécheresse a aussi des incidences sur la quantité de lait et sa qualité : "Il me manque 150 litres par jour", dit Thierry Robert."Il y a des gens qui vendent des vaches faute de pouvoir acheter du fourrage", reprenait Lucie Rousset, déléguée cantonale de la FDSEA, jugeant que l´urgence est d´aider les agriculteurs, dont les trésoreries sont à sec, à s´approvisionner en fourrages.La préfecture a pris la mesure du problèmeTour à tour, Patrick Escure, président de la FDSEA et Antoine Croutes, président des Jeunes agriculteurs(1), ont listé les mesures qu´ils demandent aux pouvoirs publics de mettre en oeuvre (voir ci-dessous), en expliquant qu´ils ont commencé à recenser les pertes et les besoins en vue d´organiser des opérations d´approvisionnement."C´est vrai qu´on est face à un très gros problème : on se prépare à essayer d´éviter que la situation devienne catastrophique pour l´alimentation humaine et animale, et à la gérer dans le temps puisque les consommations d´eau vont augmenter", répondait le préfet. La cellule de veille se réunit une fois par semaine pour faire le point sur la situation. Une procédure de "calamités agricoles" a été lancée. Un arrêté de restriction des usages de l´eau a été pris, "parfois mal compris, en particulier en milieu urbain où ne se rend pas compte de l´étendue du problème". Parallèlement, les services de l´Etat ont recensé toutes les ressources en eau disponibles, ainsi que tous les plans d´eau qui pourraient servir à l´alimentation animale, comme les moyens de transport de l´eau utilisables, y compris les citernes des pompiers. Le pire, jusqu´au manque d´eau pour l´alimentation humaine, est envisagé."Sur ce point, la situation n´est pas dramatique pour l´instant... Quelques communes commencent toutefois à rencontrer des difficultés", relevait le préfet, en soulignant le très faible débit des sources et cours d´eau.En matière agricole, Philippe Rey s´est félicité du travail constructif mené depuis plusieurs semaines avec la FDSEA, les JA et la Chambre d´agriculture. Il a promis que tout serait mis en oeuvre au niveau du département pour venir en aide à des exploitations dont il a constaté qu´elles étaient "déjà fragilisées". Il a ainsi assuré que "tous les assouplissements nécessaires seraient recherchés au niveau de la réglementation", a soutenu l´idée de demander l´interdiction de broyage des céréales, et a reconnu que l´urgence était de répondre au manque de trésorerie des éleveurs.Pour plus d´informations, consultez L´Union agricole et rurale du 4 juillet 2003.

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