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Visite
Le Préfet en direct sur une exploitation aux multiples productions

Le nouveau Préfet Yvan Cordier, en place depuis cette fin d'été, était invité par la FDSEA et les JA, à découvrir l'agriculture altiligérienne, sur l'exploitation du Gaec Crespy à St Arcons de Barges.

Le Préfet Yvan Cordier (à gauche) très à l'aise pour aborder tous les sujets en lien avec l'agriculture.
Le Préfet Yvan Cordier (à gauche) très à l'aise pour aborder tous les sujets en lien avec l'agriculture.
© © HLP

Pour son troisième rendez-vous avec le monde agricole altiligérien depuis son arrivée sur le département, le nouveau Préfet de Haute-Loire, Yvan Cordier s'est rendu ce lundi 2 octobre après-midi, à l'invitation de la FDSEA et des JA, sur l'exploitation du Gaec Crespy à Freycenet sur la commune de St Arcons de Barges. Après sa visite à Chomelix lors de la Finale départementale de labour fin août, puis sa participation à la session de la Chambre d'agriculture vendredi dernier, le représentant de l'État n'a pas caché son plaisir à se retrouver sur le terrain.

Lait, volailles, cultures…
La présentation du Gaec Crespy par le fils David et sa femme Virginie, a permis de mettre en exergue les problématiques de l'agriculture en général, et l'agriculture départementale en particulier, au travers des diverses productions de cette exploitation. Ainsi, on a parlé du lait et de sa valorisation qui n'est pas en adéquation avec les exigences en matière de normes. Exemple, le gaec vend son lait à Coopal, du lait non OGM sans rétribution supplémentaire.
La production de volailles a également été décortiquée avec les difficultés liées à la hausse des charges, à la grippe aviaire, aux exigences des filières et à la fluctuation des marchés, engendrant toujours plus de contraintes pour les éleveurs sans contreparties. "C'est toujours à nous de nous adapter à des normes qui changent souvent, à nous réorganiser en fonction du marché : vides sanitaires plus longs, des dates d'abattage qui varient, du canard ou du chapon à la place des poulets…" explique Virginie. Une visibilité incertaine qui plombe le moral des éleveurs mais aussi leurs trésoreries.
Heureusement que les associés n'ont pas "mis tous leurs oeufs  dans le même panier" avec du lait, de la viande bovine, des volailles, des Lentilles Vertes du Puy… ce qui permet de compenser en fonction des résultats de chaque filière. "Pour l'instant, grâce à nos diverses productions, nous avons réussi à maintenir notre EBE" souligne David.

Tour d'horizon des sujets d'actualité
Au fil des discussions, les associés, les responsables professionnels départementaux ou locaux et les agriculteurs présents ont abordé divers sujets autour de l'agriculture, dressant ainsi un tableau de toutes les difficultés, interrogations, exaspérations et attentes de celles et ceux qui "veulent vivre de ce métier d'agriculteur" qui est avant tout une passion.
Ainsi, expliquant qu'ils ont fait le choix il y a une dizaine d'années d'arrêter d'implanter du maïs en raison des dégâts récurrents causés par les sangliers -même si ce choix se justifie encore plus aujourd'hui avec les problèmes de sécheresse- les associés ont abordé le problème de chasse sur le département. Problématique expliquée au préfet par Philippe Chatain secrétaire général de la FDSEA en charge de ce dossier, qui dénonce aujourd'hui des discussions fermées entre la Fédération départementale des Chasseurs et les agriculteurs, des dégâts de plus en plus importants avec à la clé des problèmes de déclarations de dégâts et d'indemnisation. À la problématique sangliers, Claude Font président de la FDSEA, rajoute un volet sur la prédation avec le loup, les vautours…
Sur le lait, le Gaec Crespy a fait le choix de la Montbéliarde au départ en raison des quotas laitiers, mais aussi pour une meilleure valorisation des veaux et des réformes. Un argument qui aujourd'hui ne tient plus, comme l'a expliqué Lionel Bruchet, maire de St Arcons et agriculteur : "il y a 10 ans, un veau croisé se vendait 4 000 à 5 000 F., aujourd'hui, il part à 250 ou 300 €. cette filière s'est effondrée, et avec elle les marchés locaux comme Costaros ou Langogne". Une réflexion qui en a amené une autre de la part du président du CCJA de Pradelles, Florian Monteil, qui explique aussi la fermeture des marchés aux animaux par un manque de temps et de main d'oeuvre sur les exploitations. Sujet important aussi pour la pérennité des exploitations. Et c'est un argument qui a joué en 2012, quand le Gaec a installé un robot de traite pour diminuer l'astreinte sur l'exploitation. Soulignons que le nouveau Préfet a fort apprécié la visite du robot en action, commentée par Virginie.
Parmi les très nombreux autres dossiers exposés par les responsables professionnels, on notera la problématique de l'eau abordée par M. le Maire, la pérénité de la filière Lentille en raison des rendements aléatoires, la taxe sur le GNR et sa répercussion sur les exploitations abordées par Claude Font, les incohérences administratives notamment sur les dates d'implantation des couverts végétaux ou encore le Plan haies soulignés par Nicolas Merle, le renouvellement des générations par Laurine Rousset présidente des JA… Notons que la commune de St Arcons de Barges qui ne compte que 127 habitants, peut s'enorgueillir de recenser 10 exploitations avec un grand nombre de jeunes agriculteurs.

En direct
Cette rencontre terrain, instaurée depuis longtemps par le syndicalisme avec chaque nouveau préfet, a pour objectifs de présenter l'agriculture du département avec ses atouts et ses contraintes, de mettre en place des relations saines et sereines entre la profession et Monsieur le Préfet et son administration. "Il est aussi très important que ce rendez-vous se déroule sur une exploitation pour support, car ce sont les éleveurs qui parlent le mieux de ce qu'ils vivent au quotidien, de leurs attentes et de leurs craintes…" explique Claude Font. Yvan Cordier a lui insisté sur l'importance d'aller "sur le terrain pour voir la réalité" de l'agriculture. Il a pris note de tous les dossiers qui lui ont été exposés : "vous pouvez compter sur les services de l'État" a-t-il formulé.
"Ça, c'est la vraie vie" : alors que Claude Font insistait sur le témoignage des agriculteurs présents qui ont décrit sans fioritures toutes les tracasseries et problèmes qui ternissent leur métier et les empêchent d'avancer sereinement, le Préfet a répondu : "on est là pour les (les problèmes) résoudre", se reprenant : "pour tenter de les résoudre".
 

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